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30/05/2014

«JE VEUX LA VÉRITÉ ET LA JUSTICE»

LG 10367797_633874893355329_501490392647747073_n.jpgLa vérité, rien que la vérité. Telle est l’attente de Laurent Gbagbo. Arrêté le 11 avril 2011 et remis le 30 novembre de la même année à la Cour pénale internationale (CPI), le président déchu ivoirien séjourne à la prison de Scheveningen, à La Haye. Le 5 décembre 2011, à l’audience dite de comparution initiale, Laurent Gbagbo disait : «Maintenant que je suis là, on va aller jusqu’au bout». « Je vais voir quels sont les éléments de l’accusation, et les confronter à ma vérité».

Le 13 juin 2014, Laurent Gbagbo sera face aux juges de la CPI pour l’audience de confirmation ou non des charges. Selon le mandat d’arrêt émis à son encontre, le pensionnaire de La Haye aurait engagé sa responsabilité pénale individuelle, en tant que coauteur indirect, pour quatre chefs de crimes contre l’humanité : a) de meurtres, b) de viols et d’autres violences sexuelles, c) d’actes de persécution et d) d’autres actes inhumains, qui auraient été perpétrés dans le contexte des violences postélectorales survenues sur le territoire de la Côte d’Ivoire entre le 16 décembre 2010 et le 12 avril 2011.

Laurent Gbagbo a donc cosigné, avec le journaliste français François Mattei, un livre intitulé: «Je veux la vérité et la justice» mais qui sortira le 19 juin, en France, aux Éditions du moment.

Ferro Bally, journaliste indépendant

20:04 | Lien permanent | Commentaires (4) | |  Facebook | |  Imprimer | |

08/03/2014

A mon amie et à ma maman Simone Ehivet Gbagbo

images?q=tbn:ANd9GcQbS4BKJ16rrxQenxkLRjOq8FttgGXCwjOBLX0wAWdPTFSXV-nZSi en cette journée du 8 mars, l’humanité a décidé de célébrer la Femme à travers une journée internationale qui lui est dédiée, c’est bien pour nous arrêter un instant sur les inégalités et les injustices faites à nos mères, sœurs, filles, épouses et amies.

C’est sans doute pour donner à chacun l’occasion de faire son introspection et prendre conscience des souffrances diverses qui leur sont faites au nom d’un ordre social dans lequel le mâle est dominateur, quelle que soit la latitude, quel que soit le fuseau horaire.

À juste titre et pour encourager l’exemple, cette commémoration  se veut aussi la célébration de celles d’entre les femmes qui ont, soit donné l’exemple de la brisure des œillets du regard, soit fait avancer la cause de la Femme. Il en est ainsi de deux Simone : Simone Veil et Simone Ehivet Gbagbo.

images?q=tbn:ANd9GcR6JvtRCVK6twUw6Qm545KxcIN7tPJ5-KJB2zcij45fCekNHIUlMaintenir cette dernière dans les liens de la détention, après tant d'humiliations affrontées avec dignité, au seul motif qu’elle a osé sortir du rôle que nos sociétés masculinisées veulent réserver aux femmes, est une véritable aberration et un déni de célébration du 8 mars. C’est vouloir une chose et sanctionner ceux qui vous offrent cette chose. Toute femme, qui, pour des considérations politiciennes, ne réclame pas la libération de Simone Gbagbo tout en disant se battre pour les droits des femmes est une illusionniste manipulée qui sert une cause de salon et livre un spectacle pour le plaisir des appareils et des machos.

 

Simone gbagbo images.jpg

 

Courage à l’amie de combat, à la mère affectueuse, à l’épouse loyale de Laurent Gbagbo, à la Servante dévouée du Seigneur !

 

 

Le ministre Eric KAHE
Président de l'AIRD
Porte parole du CNRD

20:58 Publié dans Bonnes Causes, Coups de Coeur, Crises Ivoiriennes | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | |

20/02/2014

LA CÔTE D'IVOIRE SANS PILOTE AU MILIEU DU TROU D'AIR

Y a-t-il un pilote à bord de notre Airbus380? Parti en catastrophe en France, le 2 février dernier, le n°1 ivoirien, Alassane Dramane Ouattara, a subi «avec succès», le 8 février, une intervention chirurgicale.

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04/02/2014

RELAXE DE 10 OFFICIERS OU LA "LÉGITIMITÉ" DE L'ADMINISTRATION GBAGBO DURANT LA GUERRE POST-ÉLECTORALE

Sous Ouattara, la justice ivoirienne admet la "légitimité" de l'administration Gbagbo durant la guerre post-électorale lors du procès ayant conduit à la relaxe de 10 officiers pro-Gbagbo

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11:01 Publié dans Analyses politiques, Lu avec intérêts | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | |

31/01/2014

RETOUR DES EXILÉS, LA CAROTTE ET LE BÂTON (Par Ferro Bi Bally)

À l'accueil de Marcel Gossio, ex-directeur général du Port autonome d'Abidjan, des ministres dont Anne Oulotto et des élus du RHDP (alliance politique formée du Pdci, du Rdr, de l'Udpci et du Mfa) de la région du Cavally, sa région d'origine. C'est incontestablement le retour de l'enfant prodigue que le chef de l’État avait souhaité. À cet effet, il sera reçu même par le ministre d’État, ministre de l'Intérieur et de la Sécurité, Hamed Bakayoko, où, en signe d'allégeance, il fera son mea culpa.

Retour, en revanche, relativement plus discret pour Alain Dogou, dernier ministre de la Défense de Laurent Gbagbo. À sa descente d'avion, des membres de sa famille biologique et Gervais Coulibaly-Délinpelna, porte-parole de Laurent Gbagbo jusqu'à sa chute. Ce dernier, depuis qu'il est rentré d'exil du Ghana, est en deal avec l’État pour obtenir le retour au pays de tous les exilés.

Ces différents retours, qui ont commencé avec ceux de Gbamnan Djidjan, ancien maire de la commune de Yopougon, et d'autres anonymes, ont, de l'avis du député Soro Alphonse, un père: Alassane Dramane Ouattara. Car le pouvoir est à l'abordage pour transformer l'échec de son offensive diplomatique en victoire politique.

Dès sa prise du pouvoir au lendemain du 11 avril 2011, Alassane Dramane Ouattara n'a pas fait dans la dentelle pour réduire à néant les poches de résistance et neutraliser le danger représenté par le FPI. Aux arrestations massives et à l'emporte-pièces des pro-Gbagbo, ont correspondu des mandats d'arrêt internationaux lancés contre tous les pontes du régime déchu qui ont trouvé leur salut dans l'exil au Ghana et au Togo particulièrement.

Les résultats n'ont pas crevé les yeux. C'est vrai que deux gros poissons sont tombés dans la nasse de l’État: Moïse Lida Kouassi, ex-sécurocrate du régime déchu, a été arrêté le 6 juin 2012 à Lomé, en violation de toutes les règles internationales, et extradé le même jour en Côte d'Ivoire. "Il avait en sa possession des documents qui le compromettent dans des projets de déstabilisation de la Côte d'Ivoire. Les autorités togolaises nous ont transmis ces documents fort utiles qui seront exploités par nos services", expliquait Alassane Dramane Ouattara.

Mais contre toute attente, ce dangereux déstabilisateur placé sous mandat de dépôt pour "atteinte à la sûreté de l'État" et livré à la vindicte populaire par Hamed Bakayoko sur les antennes de la RTI1, sera mis, le 5 août 2013, en liberté provisoire avec treize autres personnalités du FPI dont Affi N'Guessan, président du parti, et Abou Drahamane Sangaré, vice-président.

Charles Blé Goudé, ex-leader de la galaxie patriotique, n'a pas été logé à la même enseigne. Arrêté, lui aussi, chez lui à Téma, dans la banlieue d'Accra au Ghana, le 17 janvier 2013 et extradé manu militari le même jour à Abidjan, il est toujours en détention dans une "résidence protégée". Il est placé sous mandat d'arrêt de la CPI qui demande son transfèrement aux autorités.

Mais le pouvoir Ouattara, vu toute la mobilisation diplomatique, a perdu dans ce qui apparaissait comme sa plus grosse prise: Justin Koné Katinan, ministre du Budget dans le dernier gouvernement Gbagbo. Accusé d'avoir détourné 300 milliards de nos francs aux dépens de l’État ivoirien, il est sorti vainqueur du procès en extradition que l’État a intenté contre lui au Ghana.

Tout comme le pouvoir ivoirien est en train de laisser des plumes, en Europe, dans le cadre d'une procédure pénale instruite contre des pro-Gbagbo pour blanchiment d'argent sur saisine du procureur de la république près le tribunal de 1ère instance d'Abidjan. Les autorités helvétiques viennent de lever l'ordonnance de séquestre des avoirs de quatre pro-Gbagbo parce que l'origine criminelle des avoirs, plus particulièrement le lien entre les fonds détenus en Suisse et les activités ministérielles ou professionnelles en Côte d'Ivoire des mis en cause, n'a pas été établi. Échec et mat.

Ces différents camouflets ont fait comprendre au pouvoir ivoirien qu'il faut changer son fusil d'épaule, au risque de se ridiculiser dans toutes les actions engagées, tambour battant. Non seulement les États voisins, en l'absence de tout accord en matière d'extradition, ne se montrent pas coopératifs, mais les hommes forts du régime ivoirien se sont, enfin, rendus compte que l'on n'attire pas les mouches avec du vinaigre. D'où toutes les opérations de séduction et de débauchage des exilés. Ceux-ci, à la différence des pro-Gbagbo détenus au pays et provisoirement libérés à dose homéopathique, sont désormais assurés de la vanité des mandats d'arrêt internationaux lancés contre eux, s'ils acceptent de rentrer.

Quelques poissons ont mordu à l'hameçon, mais ce n'est pas encore le raz-de-marée. Car la quasi-totalité des exilés (civils et militaires), auxquels une cour assidue est faite, ont un et un seul préalable: la libération de leur mentor Laurent Gbagbo. Et voici le régime à la case départ.

Maurice Ferro Bi Bally, Journaliste indépendant (ex Fraternité Matin)

 

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24/01/2014

« À TOUS LES DÉMOCRATES IVOIRIENS...UNION & ENCORE UNION »

Notre priorité, chaque jour réaffirmée, reste l'union de nos forces. Une obsession raisonnée et patiente pour que l’union fasse la force.

Non pas parce que nous nous sentons petits ou faibles (beaucoup seront surpris des résultats de notre travail d'abeilles de l'opération "la RUCHE" qui se fait sans tapage) mais parce que c'est la seule issue dans le contexte actuel. Et nous avons illustré cela par l'image ci-dessous depuis belle lurette. Même quand beaucoup ont quitté le CNRD, nous y sommes restés, car un membre fondateur ne quitte pas le navire à la moindre secousse.

Nous ne pourrons jamais empêcher certains de distiller des rumeurs pour tenter de réduire l'impact de notre engagement qui est sans complaisance ni compromission. Mais notre conscience est d'autant plus à l'aise que rien de ce qu'ils annoncent depuis avril 2011 ne s'est produit. Ils peuvent continuer de l'annoncer si cela peut leur permettre d'exister. Quant à notre formation politique l'Alliance, sa direction et ses militants, gardent le cap de leurs convictions.

Le Ministre Eric KAHE,

Président de l'AIRD

 

 

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« CÔTE D'IVOIRE : DISCUSSIONS AVEC LE POUVOIR. L’OPPOSITION VEUT PARLER D’UNE SEULE VOIX »

Aird, Eric Kahé, Réconciliation, Laurent GbagboLe pouvoir en place va bientôt avoir un interlocuteur unique pour les discussions. Onze (11) partis politiques issus de l’opposition ont décidé de se mettre ensemble dans la perspective du processus de réconciliation nationale.

Le jeudi 23 janvier 2014 est une date mémorable pour la Côte d’Ivoire. C’est ce jour-là qu’à l’initiative du Front populaire ivoirien (Fpi), l’opposition ivoirienne a arrêté le principe de mettre sur pied un rassemblement unique en vue de participer au retour à la paix dans le pays. Onze partis, dont le FPI, le PIT, L’UDCY, le RPP et l’AIRD ont discuté toute la matinée hier, au siège du Fpi sis à Cocody Attoban, de la création d’un cadre commun de discussions, différent du Cadre permanent de dialogue (CPD) et de celui du dialogue direct. À l’issue de la rencontre voulue par le président du Fpi, Pascal Affi N’Guessan, les différents partis politiques, membres du prochain rassemblement, ont mis en place un comité de 5 personnes chargé de finaliser le projet. Cette structure de pilotage, présidée par le Rassemblement pour le Partage, la Paix et le Progrès (Rpp), dont la délégation était conduite par son Secrétaire général, Ouattara Gnonzié, a jusqu’au jeudi prochain (date de la prochaine rencontre), pour rendre ses conclusions. «C’est une préoccupation commune que nous partageons depuis longtemps, à savoir qu’il doit exister un véritable rassemblement pour opposer un front commun face au gouvernement », a indiqué Mme Danielle Boni Clavérie, présidente de l’Union pour la République et la Démocratie (Urd) au sortir de la réunion.

Dr. Aka Ahizi, président du Parti ivoirien des Travailleurs (Pit), a aussi réagi : «Nous constituons une force pour avoir une position cohérente pour aller à la paix… Il était donc important qu’on se retrouve, et nous nous félicitons de cette initiative prise par le Fpi».

Pour Mel Eg Théodore, président de l’Union pour la Démocratie citoyenne (Udcy), «le plus important, c’est un rassemblement pour d’abord la réconciliation des Ivoiriens, avant de penser aux élections…».

La rencontre a-t-elle permis à l’opposition ivoirienne d’harmoniser ses visions concernant la réconciliation ? Ouattara Gnonzié, Secrétaire général du Rpp pense qu’«on va y arriver… Mais, ce qui est certain, pour réconcilier, il faut d’abord se rassembler».

La rencontre a commencé par un mot introductif du président du Fpi, Pascal Affi N’Guessan, qui a formulé des voeux de réussite et de progrès pour ses camarades de l’opposition. Il a souhaité que 2014 soit une année de réconciliation pour toutes les forces politiques qui ont les mêmes visions.

Situant le cadre de la rencontre, le président du Fpi a rappelé que les forces politiques présentes avaient déjà lutté ensemble par le passé. Allusion faite à l’ex-majorité présidentielle (LMP). Et que, dispersées du fait de la crise, elles devraient pouvoir se mettre ensemble pour parler d’une seule voix dans l’œuvre de la réconciliation.

Avant les travaux à proprement parler, Pascal Affi N’Guessan, initiateur de la rencontre, a proposé un ordre du jour en 3 points.

D’abord, chaque camp, le Cpd et le Fpi, a fait le point des négociations avec le gouvernement.

Ensuite, les participants ont discuté de la possibilité de mettre en place un rassemblement unique de l’opposition et, enfin, ils ont défini un cadre de discussions.

La rencontre s’est déroulée dans une ambiance de cordialité.

 

Source Notre Voie; Armand Bohui  bohuiarmand@yahoo.fr

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23/12/2013

DE L’APPLICATION DE LA JUSTICE TRANSITIONNELLE EN CÔTE D'IVOIRE

eric kahé,justice transitionnelle,crise postélectorale,aird,laurent gbagboLe débat politique ivoirien s’anime ces derniers temps d’un nouveau concept : la justice transitionnelle. Que renferme la notion de justice transitionnelle et que peut-elle apporter à la réconciliation en Côte d'Ivoire ? Serait-ce une "astuce" de l’opposition ivoirienne pour se soustraire à la justice ?

La justice transitionnelle vue par l’Onu

Selon le Rapport du Secrétaire général des Nations Unies au Conseil de sécurité sur «le Rétablissement de l’État de droit et l’administration de la justice pendant la période de transition dans les sociétés en proie à un conflit ou sortant d’un conflit » la justice transitionnelle s’entend par «les divers processus et mécanismes mis en œuvre par une société pour tenter de faire face à des exactions massives commises dans le passé, en vue d’établir les responsabilités, de rendre la justice et de permettre la réconciliation.
Peuvent figurer au nombre de ces processus des mécanismes tant judiciaires que non judiciaires, avec (le cas échéant) une intervention plus ou moins importante de la communauté internationale, des mesures pénales contre des individus, des indemnisations, des enquêtes visant à établir la vérité, une réforme des institutions, des mesures d’épuration, ou une combinaison de ces mesures» (S/2004/616 23.8.2004 )

Le constat a d’ailleurs été fait que, dans des exemples de justice transitionnelle réussie, les mécanismes judiciaires peuvent s’adosser à la justice traditionnelle propre aux communautés nationales, et qui dans l’ensemble s’appuient sur le pardon et la reconnaissance du tort fait à autrui. Ce qui n’est possible qu’avec un pouvoir impartial et au-dessus des clans pour impulser la recherche de la vérité. Cette vérité est un catalyseur du pardon, primordial dans la justice transitionnelle. 

Généralement, les aspects non judiciaires, au sens où ils ne sont pas directement pris en charge par la justice classique nationale et/ou internationale, sont gérés par le canal d’une commission qui, par son nom même, indique déjà ses objectifs et affiche ses ambitions. La plus célèbre d’entre ces commissions a été la «Commission Vérité et Réconciliation» d’Afrique du Sud.

Justice transitionnelle et amnistie

À l’inverse de l’amnistie générale accordée à la rébellion de 2002,  la justice transitionnelle ne se confond pas avec une prime à l’impunité. Sa qualification  de «transitionnelle» ne fait pas forcément du pouvoir qui la met en œuvre un régime de transition politique, voire illégitime. Elle permet une transition entre une situation donnée et une autre, plus conforme aux exigences de démocratie et de justice. Elle combine la volonté de réconciliation avec les exigences de justice et d’un état de droit tout en accordant aux victimes par des actes tant judiciaires que non judiciaires, les réparations nécessaires, surtout morales et si possible matérielles. D’ailleurs,  elle peut, par un consensus national, décider de quels types de  crimes doivent faire l’objet de traitements particuliers, voire sévères. 

Outre l’Afrique du Sud, certains pays ont expérimenté avec succès de telles commissions, notamment le Ghana, le Nigéria, le Libéria, la Sierra Leone, et même hors d’Afrique le Pérou, la Yougoslavie, le Guatemala, etc.

Les grandes différences dans les situations vécues par les pays cités plus haut, dans leur histoire récente, montrent bien que la justice transitionnelle intervient  soit pour passer d’une situation de guerre à la paix soit pour passer d’un régime autoritaire ou dictatorial à la démocratie.

 

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Justice transitionnelle : la Côte d'Ivoire et sa CDVR

En Côte d'Ivoire, l’équivalente de la «Commission Vérité et Réconciliation» de l’Afrique du Sud créée au lendemain de l’arrivée au pouvoir du nouveau régime s’est donnée pour nom «Commission Dialogue, Vérité et Réconciliation». Paradoxalement, la dimension "dialogue" de cette commission a été plombée, tant les acteurs politiques, plus particulièrement ceux du camp des vainqueurs, affichaient du mépris pour leurs adversaires. Les autorités qui devaient susciter et encourager ce dialogue se sont ruées dans une politique de vengeance, de haine et de rattrapage ethnique officiellement assumé. Craignant les ambitions politiques du président de cette commission, le pouvoir ivoirien ne lui a donné que des moyens à minima.

Avec un champ de compétences bien défini au départ mais dans la pratique au gré du prince, sans pouvoir d’injonction et sans aucune prise réelle, ni sur les événements, ni sur le comportement des acteurs politiques - dont certains remuaient le couteau dans la plaie - la commission a divagué entre explications, tentation d’abandonner et constat d’échec. Son silence devant la poursuite des tueries opérées par les milices «dozos» à la solde du pouvoir, n’a pas arrangé les choses, alors que dans le même temps, les soldats des FRCI (armée régulière issue de la rébellion) étaient régulièrement épinglés par Amnesty International et les Ong de défense des droits de l’homme. Autant de dysfonctionnements qui ont effrité le peu de confiance de la population vis-à-vis de cette commission, qui avait tous les attributs d’un mort-né.

Appelant de ses vœux à la prise d’une loi de réconciliation nationale (avec ses trois volets que sont (a) une amnistie respectueuse des exigences de justice équitable et pour tous, (b) la reconstruction, (c) la réparation des préjudices) l’AIRD note que la Côte d'Ivoire pourrait réfléchir aux éventuels avantages de la mise en place d’une justice transitionnelle capable de conduire à une paix durable par la réconciliation des cœurs sur la base des  quatre droits fondamentaux qui sont reconnus  aux victimes: « le droit de savoir, le droit à
la justice, le droit à la réparation, le droit aux garanties de non-répétition et aux réformes institutionnelles». Ces quatre principes ont été adoptés par la Commission des droits de l’homme des Nations Unies en 1997 et retenus comme les «piliers» ou encore les bases, les éléments fondamentaux de la justice transitionnelle».

C’est au nom de ce "droit de savoir", seul à même d’exorciser les tentations du négationnisme ou du révisionnisme,  que le site du camp de Nahibly ne saurait, en aucun cas, servir de cadre à la réalisation d’un projet immobilier – fût-il à vocation sociale – avant l’aboutissement des enquêtes en cours. Ce droit n’est pas une fantaisie ou un effet de mode. Pour les nombreux morts de Nahibly, les familles et les proches doivent connaître les circonstances ayant entouré le déchaînement d’une telle barbarie, ainsi que le sort qui a été réservé aux centaines de morts et de disparus.

Elles pourront alors, à leur frais ou avec l’aide de l’état, accorder aux dépouilles retrouvées et identifiées un traitement plus digne que celui des fosses communes ou des puits. À moins de prolonger la «justice des vainqueurs», par une «vérité des vainqueurs» après la promotion des bourreaux comme pour étayer le proverbe africain selon lequel «tant que les lions n’auront pas leurs historiens, l’histoire de la chasse sera toujours à l’avantage des hommes».

Le droit aux réformes institutionnelles s’explique par la nécessité de supprimer de façon intelligente les causes des violations commises  afin qu’elles ne produisent plus les mêmes effets. De bonnes réformes institutionnelles pour un pays à solidifier passent par la bonne connaissance des faits et du contexte dans lequel ils se sont produits. Ce sont ces réformes qui permettront de panser les plaies par la conception et l’adoption d’une plateforme véritablement républicaine, une sorte de pacte républicain qui garantisse à la nation la possibilité de se construire en passant, selon l’approche du Centre international pour la justice transitionnelle (CIJT),  «d’un passé divisé à un avenir partagé».

Parmi ces nombreuses réformes, celle de la CEI (Commission Électorale Indépendante), à la base de bien de nos malheurs, saute aux yeux. Car ce  n’est pas avec une CEI dont la composition a une si forte coloration antirépublicaine que nous irons à une paix durable.

Près de trois ans après sa «révolution», la Tunisie s'est dotée dans la nuit du samedi au dimanche 15 décembre d'une loi sur la justice transitionnelle. Un texte détaché, selon les observateurs, de tout esprit de vengeance, qui recueille un certain consensus avec l’espoir de rétablir un climat de confiance, une réconciliation nationale.

Ainsi, même si les voies de la  justice transitionnelle étaient contournées au nom de calculs politiciens,  elles pourraient  s’imposer à l’après-régime actuel à cause du cumul des deux raisons dont l’une suffit à justifier la justice transitionnelle: (1) passer d’une situation de guerre à la paix ou (2) passer d’un régime autoritaire ou dictatorial à la démocratie. En effet, la guerre est un fait irréfutable qui a déjà eu lieu et jusqu’à ce jour le régime n’a pas fait la preuve de son non autoritarisme.

Eric Kahe, Président de l’Aird

22 décembre 2013

 



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11/12/2013

DÉCLARATION DE L’AIRD, SUITE AUX OBSÈQUES DU PRÉSIDENT NELSON MANDELA

Aujourd’hui, mardi 10 décembre 2013, le monde entier salue la mémoire du président Nelson Mandela. Une journée pas comme les autres dans la vie des Africains de toutes les nations et de tous les horizons.

Chacun aura vu les mains des dirigeants américain et cubain unis dans l’histoire.
Chacun aura entendu tous ces dirigeants qui soulignaient la plus grande force de Mandela: s’appuyer sur les meilleures valeurs humaines.

Tous l'ont clairement exprimé: Madiba a libéré les prisonniers, mais il a aussi libéré les geôliers.

L’AIRD (Alliance Ivoirienne pour la République et la Démocratie) estime qu’il n’y a pas de salut, pour l’humanité, autre que la recherche d’un développement dans la tolérance et la liberté. C’est le message de Mandela, du président Mandela, que nous devons entendre, garder et faire vivre. Nous espérons sincèrement que l’ensemble des composantes politiques de Côte d’Ivoire auront entendu le message, qu’ils auront décidé de le faire leur et de le faire vivre pour que les peuples de notre pays, hier jetés dans la tourmente, la peur et la haine
puisse retrouver le chemin de la fraternité et de la sérénité.


Eric Kahé

Président de l'AIRD

 



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15/04/2012

Eric Kahé et le 11 Avril: "Duékoué, ma douleur..."

 

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Le 11 avril ce n'est seulement une date. C'est toute l'histoire et l'avenir d'un pays.

Le 11 avril, c'est d'abord le 28 mars avec la descente des FRCI sur Duékoué accompagnée de violents pillages et du carnage dont j'ai encore la chair de poule. Ce sont trois semaines de communications avec des populations et des parents refugiés en brousse, sans nourriture ni chauffage, vivant de tubercules et fruits sauvages et traqués par des Dozos qui tiraient sur eux comme des lapins. 

Le 11 avril ce sont les pleurs d'adultes, entre le 28 mars et le 15 avril, qui résonnent encore dans mes oreilles. Ce sont des femmes et des enfants, en brousse avec un seul vêtement ou même presque nus. Cachés dans les forêts de sommet de montagne ou sur les flancs si ce n'est dans les grottes, ils ont dépassés par les évènements et ne comprennent pas la cruauté qu'ils subissent, incapables de pointer le nez dans un sentier. Pour beaucoup, le cauchemar n'a pas de nom et l'issue semble sans issue. 

Le 11 avril, c'est le souvenir du quartier Carrefour de Duékoué, c'est Guitrozon, Pinhou, Bagé "B", Fengolo, Guézon, Adzopé, Daloa, Yakro, le Zanzan, Guiglo, Toulepleu et tant d'autres localités, etc. Ce sont des appels au secours pour lesquels je suis d'une impuissance qui en ajoute à mes peines et douleurs.
Seul un ami mien, avec qui je partage une commune Foi en Jésus-Christ relaie sur les chaînes internationales et sur son blog ces terribles informations au fur et à mesure qu'elles sont portées à ma connaissance. Me sachant incapable de lui mentir, il dira tout sur les massacres de Duékoué, comme s'il y était et la suite ne nous a pas fait mentir... La première description géographique du quartier "Carrefour", c'est lui.

Le 11 avril c'est un homme impuissant, brisé, informé de graves détresses et d'exactions inhumaines et appelant à son tour des secours qui ne se manifestent pas. C'est la crainte de voir les téléphones portables des survivants se décharger et me mettre dans une position de ne plus pouvoir communiquer avec eux. De sorte que mon premier reflexe est de leur faire éteindre tous les portables sur une zone de cachette et de ne communiquer que sur un seul. Une fois cette batterie épuisée on passe à un autre portable avec la même puce. Ce sont les exécutions sommaires dans de nombreux villages de l'Ouest et presque partout en Côte d'Ivoire. La vie humaine naguère si sacrée a alors moins de valeur que celle d'un poulet. La longue liste des décès annoncés au fur et à mesure. L'impression d'être dans un cauchemar sans fin.

Le 11 avril, c'est un homme qui quitte son domicile d'Abidjan le 30 mars pour une réunion et qui n'y est jamais retourné. Commence alors une longue errance à la recherche d'un toit pour passer la nuit du 30 mars, ma famille ayant fui les bombardements pour me rejoindre dans la rue. Oui, surréaliste mais dans la rue. Très tard dans la nuit, je trouve refuge, coincé avec ma famille dans un studio donnant directement sur une rue en Zone 4. Je vais rester cloîtré dans ce studio sans jamais voir le soleil, du 30 mars au 15 avril, moralement incapable d'abandonner le président Laurent Gbagbo sous les bombardements et quitter Abidjan. 

Le 11 avril, c'est un homme exténué, vidé de tout influx nerveux pour être passé par toutes sortes d'émotions. C'est la peur d'une agression, notamment sexuelle sur les enfants, et craignant de manquer à tout moment d'eau ou de nourriture pour des gamins. C'est assister en direct par téléphone aux pillages de longues années de travail, sous prétexte que ce sont les biens de l'Etat. Des montagnes entourant Guitrozon, les jeunes décrivaient la rotation des camions entiers de transport affectés aux pillages. C'est le souvenir de mon oncle Nahi Doh, abattu à bout portant par ceux qui voulaient emporter mon cheptel. 

Le 11 avril est aussi pour moi, le souvenir de ma fillette qui m'arrose d'eau quand je tombe dans les pommes à la description des massacres du quartier Carrefour de Duékoué. Devoir s'occuper de son père à 9 ans! Et pourtant, nous avions tout fait pour cacher notre désarroi aux enfants. Etre en vie relève de la grâce de Jésus Christ, même si des serviteurs de Dieu ont subitement choisi de me renier, au nom des intérêts de leur pays.

Le 11 avril c'est cette image de l'arrestation du président Laurent Gbagbo devant laquelle toute la famille s'est effondrée. Si la loyauté et la fidélité sont des qualités, alors les nôtres lui sont garanties. 

Car le 11 avril c'est aussi le 7 avril, 30ème anniversaire du TGV. Ce jour est marqué sur les chaînes françaises, par les témoignages poignants de fidélité de Guy Labertit à Laurent Gbagbo. Sous les bombes assourdissantes qui illuminaient le ciel abidjanais, je savais la cause entendue et perdue mais un homme avait conquis mon cœur, sans compter l'héroïsme émouvant et la fidélité des collaborateurs immédiats du Chef.

L'entreprise de mon épouse réussira à l'exfiltrer avec les enfants le 13 avril pour une capitale de la sous-région où je ne me sentais malheureusement pas le bienvenu. Les persuader de partir a été extrêmement difficile puisqu'ils étaient ma couverture. Avec ma réserve d'eau et de biscuits, je les ai suppliés de partir après le premier départ refusé afin cela me laisse les coudées plus franches. En plus, c'est moi qui avais la responsabilté de mon engagement politique et non eux...

Le 11 avril, c'est une sortie miraculeuse d'Abidjan le 15 avril grâce à cet appel miraculeux, la veille, d'un homme dont j'avais du mal à reconnaître la voix et qui me demande de lui faire confiance. C'est quand je suis hors du pays qu'il décline son identité, ayant agi pour le compte d'un aîné qui a pensé à moi dans cet océan de sollicitations.

Le 11 avril, ce sont ces questions qu'on ne finit pas de se poser: pourquoi, comment, pour qui, jusqu'où, jusques à quand? Comment, pourquoi des organisations naguère si crédibles à nos yeux ont-elles pu s'installer dans le mensonge et le complot?

Le 11 avril c'est déjà un an d'exil auquel je n'étais guère préparé mais tout au long duquel j'ai pu expérimenter l'amour de Dieu. C'est enfin des hommes et des femmes, majoritairement victimes, de qui l'on attend qu'ils se repentent pour des fautes qu'il n'ont jamais commises, les opinions politiques et la relative réussite sociale à la force du poignet ne pouvant être des délits. 

Le 11 avril, c'est surtout un homme prêt au pardon et à la réconciliation dans la dignité. Devant l'immense besoin de réconciliation en pansant sincèrement les plaies, je prie Dieu qu'il touche le cœur de chacun. Pour que cesse les comportements de revanchards – de quoi d'ailleurs?- et qu'ensemble nous puissions regarder avec réalisme la situation catastrophique du pays et entamer un nouveau départ.

Eric KAHE, Président de l'AIRD

11 avril 2012 - En mémoire de mon oncle Nahi Doho (Extrême droite sur la photo) et de tous les disparus du "11 avril"