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29/01/2014

PRÉSIDENTIELLE 2015 : OUATTARA UTILISERA-T-IL L'ARTICLE 48 POUR SE RENDRE AUTO-ÉLIGIBLE ?


Election présidentielle 2015? Ferro BallyPrésidentielle 2015: LA CÔTE D'IVOIRE vICTIME DE SES PROPRES TURPITUDES

 

- «La nationalité ivoirienne de M. Alassane Dramane Ouattara est douteuse», déclare l'arrêt de la Cour suprême d'octobre 2000 qui invalide la candidature du président du RDR à la présidentielle de cette année.

- «L'article 35 de la Constitution - qui définit les règles d'éligibilité - est fait pour régler les cas Alassane Ouattara», a soutenu au Forum de la Réconciliation en 2011, Laurent Gbagbo, président de la République.

- «L'article 35 me vise mais ne me concerne pas», rétorquait invariablement Alassane Dramane Ouattara.

En 2005, par décision n°2005-01/PR du 5 mai 2005 portant " autorisation à titre exceptionnel des candidats à l'élection présidentielle de 2005" (qui a finalement eu lieu en 2010), Alassane Dramane Ouattara brigue la magistrature suprême. L'article 35 l'a visé mais ne l'a pas concerné. Il ne laisse donc pas passer cette chance unique qui s'offrait à lui: le Conseil constitutionnel et ses résultats définitifs du second tour de la présidentielle de novembre 2010 sont royalement ignorés, Laurent Gbagbo, sur résolution de l'Onu actionnée par la France de Sarkozy, est bombardé dans la résidence officielle des chefs d’État ivoirien et Alassane Dramane Ouattara est placé à la tête de l’État.

Le chef de l’État sortant est candidat à sa propre succession pour la présidentielle de 2015. Et le débat a re-commencé à faire rage sur son éligibilité. En acceptant la mesure exceptionnelle de Gbagbo en 2005, Ouattara reconnait explicitement qu'il n'est pas éligible, tout comme Bédié qui était dépassé par la limite d'âge. Mais pourrait-il être éliminé de la course en 2015? Il y a loin de la coupe aux lèvres car là aussi, s'il est visé par l'article 35, il ne sera pas concerné.

En tant que chef de l’État et détenteur exclusif du pouvoir exécutif, il est capable de mettre en œuvre, comme Gbagbo, l'article 48 de la Constitution et prendre des mesures exceptionnelles exigées par sa situation. Par exemple, comme l'a fait Gbagbo, Alassane Dramane Ouattara peut rendre éligibles tous les candidats présentés par les partis politiques ou groupements de partis uniquement pour l'élection présidentielle d'octobre 2015; et le tour est joué.

Il enlèvera ainsi une épine du pied de Romain-Francis Vangah Wodié et le Conseil constitutionnel. À la tête du Parti ivoirien des travailleurs (PIT), ce brillant constitutionnaliste disait toujours: "Je ne fais plus du droit; je fais la politique" pour refuser de se prononcer, au regard du droit, sur des questions politiques embarrassantes comme l'éligibilité de Ouattara. Dans nos cultures noires africaines où le devoir d'ingratitude est particulièrement banni, Wodié, président du Conseil constitutionnel grâce à Alassane Dramane Ouattara, et les autres conseillers trouveront, sans aucun doute et dans la finesse des arguments de droit, les habillages juridiques pour se démarquer de l'arrêt de Tia Koné et de la Cour suprême d'octobre 2000. Et voici la Côte d'Ivoire  prise au piège de ses propres turpitudes.


Source : Ferro Bi Bally,  Journaliste 

10:38 Publié dans Analyses politiques | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | |  Imprimer | |