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13/12/2014

GÉNOCIDE WE : AMADÉ OUÉRÉMI AVOUE, A LA JUSTICE, AVOIR PERPÉTRÉ LES MASSACRES DE DUÉKOUÉ SOUS LES ORDRES D’OFFICIERS FRCI (RAPPORT)*

Le rapport conjoint de la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH), du Mouvement ivoirien des droits humains (MIDH) et de la Ligue Ivoirienne des droits de l’Homme (LIDHO) rendu public, jeudi, a taxé ‘’ d’acte sans suite’’ l’arrestation et l’inculpation d’Amadé Ouérémi , ex-chef combattant, impliqué dans les massacres de Duékoué, dans l’ouest ivoirien lors de la crise postélectorale.


 

amad(3).jpgSelon le rapport, l'arrestation et l'inculpation en mai 2013, d'Amadé Ouérémi, avaient représenté une avancée significative dans la procédure car elles constituaient ‘'la première mise en cause d'un élément'' proche des Forces républicaines de Côte d'Ivoire (FRCI), les forces armées d’Alassane Ouattara et de Guillaume Soro.

Amadé Ouérémi, de nationalité burkinabé, était un supplétif des FRCI qui a joué un rôle actif dans la " prise " de Duékoué (457 km à l'ouest), le 29 mars 2011. La prise de la ville a été accompagné de gigantesques pillages des habitants WE, jusqu’aux plus modestes, la plupart des pilleurs étant des militants RHDP, coalition aujourd’hui au pouvoir en Côte d'Ivoire.

‘'Les enquêtes menées par la FIDH, le MIDH et la LIDHO ont permis de déterminer qu'au cours de l'attaque de la ville, les populations ont été ciblées et des centaines de civils ont été massacrés, particulièrement, au quartier dit  « Carrefour »', souligne le document. De son vrai nom, ce quartier s’appelle « Diaye Bernard ».

Pourtant, déplorent les organisations de défense des droits humains, 18 mois après son ‘'arrestation et son interrogatoire'', sur le fond, le 27 juin 2013 par le juge Losséni Cissé, ‘' les informations'' transmises par Amadé Ouérémi n'ont pas toujours été utilement exploitées.

Exploitant les informations recueillies, la FIDH explique dans le rapport que M. Ouérémi s'est expliqué sur le fonctionnement du ‘' groupe armé'' de 126 éléments qu'il dirigeait mais, également, sur ‘' les consignes'' qu'il recevait de la part de la hiérarchie des FRCI, pour la prise de Duékoué.

Le rapport, sur la base des informations données par Amadé Ouérémi, cite le lieutenant Coulibaly, précédemment commandant de la ville de Kouibly (614 km à l'ouest), aujourd'hui responsable militaire de la zone de Tabou (474 km au sud-ouest) comme étant le ‘' contact'' de M. Ouérémi qui l'a ‘' sollicité'' pour combattre à Duékoué.

' Selon Ouérémi, le lieutenant Coulibaly lui a ainsi livré des armes de guerre amad(1).jpgutilisées pour la prise de Duékoué sur instruction du Commandant Losséni Fofana dit Loss, tout comme les tenues militaires utilisées qui provenaient de la ville de Man (570 km à l'ouest) où était basé ce dernier'', précise le rapport.

Sur le terrain, poursuit le document de 30 pages, Ouérémi se battait aux côtés du lieutenant Dramane Traoré alors responsable de Bangolo, ville voisine de Duékoué, distante de 38 km, et du lieutenant Nadia Koné, tous ‘'sous les ordres directs du commandant Losséni Fofana, alors responsable de la zone pendant la crise et qui dirige, désormais, la Brigade de sécurisation de l'Ouest (BSO)'', souligne encore le rapport.

Pour la FIDH, le MIDH et la LIDHO, ces informations tirées de l'interrogatoire d'Amadé Ouérémi ‘'devraient amener les personnes suspectées à venir s'expliquer devant la justice et donner leur version des faits''.

Afin que l'instruction puisse tirer toutes les conséquences des déclarations de M. Ouérémi devant la justice, lesdites organisations ont sollicité le 13 juin 2014, que soient ‘' réalisés des actes d'enquête visant à corroborer les déclarations d'Amadé Ouérémi'' et de procéder à ‘' l'audition et le cas échéant à l'inculpation des personnes qu'il mettait en cause'', indique le texte.

Le rapport que leurs auteurs remettront aux autorités ivoiriennes ‘' aujourd'hui'' souligne que cet exemple et bien d'autres, illustrent les ‘' difficultés'' et les ‘' faiblesses'' de la justice ivoirienne à mener des enquêtes concernant les éléments FRCI.

Dans une interview accordé à APA le mois dernier, le Garde des sceaux, ministre de la justice, des droits de l'Homme et des libertés publiques, Mamadou Gnénéma Coulibaly indiquait que les enquêtes concernant les différentes procédures pour lesquelles Amadé Ouérémi, ex-chef milicien, fait l'objet de poursuites, sont en cours.

 ‘'Amadé Ouérémi est toujours en détention. Les enquêtes concernant les différentes procédures pour lesquelles il a fait l'objet de poursuites sont en cours'' avait, notamment, déclaré le ministre Gnénéma Coulibaly.

amad(2).jpgLes liens du chef milicien Burkinabé avec le commandant Loss, sont un secret de Polichinelle. Au point que, l’arrestation de Amadé Ouérémi, le 18 mai 2013, avait fait des vagues à l’Ouest. En effet, à l’issue de cette opération menée sans effusion de sang du bataillon de sécurisation de l’Ouest, la sérénité n’a pas été de mise dans la région, puisqu’un groupe de militaires basés dans cette partie du pays avaient été inquiétés. Ceux-ci ont eu à faire face à la colère du chef militaire local, Losséni Fofana, qui s’était insurgé contre l’enregistrement de l’arrestation du chef milicien du Mont Peko. La presse avait alors écrit que, «un groupe de militaires ivoiriens inquiets, issus des Forces Républicaines de Côte-d’Ivoire (FRCI) basées dans l’Ouest du pays, nous a joint, pour nous informer d’un message assez curieux émanant du chef militaire de cette zone, l’ex com’zone de la rébellion ivoirienne du MPCI, Losséni Fofana, dit Loss. » Cette note transmise aux chefs militaires basés à Taï, Guiglo et Bangolo, leur fait injonction de fournir à ‘’Loss’’ «la liste de toutes personnes, civiles, gendarmes ou militaires, ayant pu transmettre les images [photos et vidéos] de l’arrestation du chef milicien d’origine Burkinabé Amadé Ouéremi, à la presse» qui menaçait de représailles toutes les personnes qui seront identifiées comme auteurs des fuites des images, qui selon lui ternissent l’image de ses soldats.

Notons que malgré ces graves massacres, le régime d’Abidjan continue d’attendre la demande de pardon des parents des victimes, sans doute dans le souci de cacher l’implication de ses FRCI. Plus de 80% des Ivoiriens  contraints à l’exil, depuis la prise du pouvoir par le nouveau régime le 11 avril 2011, sont issus de l’ethnie WE, expressément visée par ces massacres.

(*)Selon une dépêche APA, exploitée sur le site Abidjan.net ce vendredi 12 décembre 2014,

Source APA (HS/ls/APA)

 

La rédaction Aird-Info

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