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03/12/2014

LE PRESIDENT DE L’AIRD, INTERPELLE LE DIRECTOIRE DE L’AFD !

Notre Côte d'Ivoire reste aujourd'hui un pays où les libertés publiques sont en souffrance, où les paysans sont expropriés et de nombreux leaders politiques condamnés à l'exil; un pays où les milices aux ordres continuent d'agresser et de vandaliser des manifestations pourtant autorisées; un pays où la multiplication ininterrompue de tels débordements a fini par contraindre les partis politiques à une clandestinité de fait. Au point que, en justifiant son désistement pour la prochaine élection, le président Bedié, allié du régime, a fait un aveu de taille dans sa dernière déclaration de Yamoussoukro, consécutive à l’appel de Daoukro.


 

L

'Alliance Ivoirienne pour la République et la Démocratie (AIRD) , qui a fait de l'unité et du rassemblement de l'Opposition ivoirienne un de ses vœux les plus chers, n'a ménagé aucun effort pour participer à la mise en place de l' Alliance des Forces Démocratiques de Côte d'Ivoire (AFD-CI).

Tout au long du fonctionnement de l’Afd, l'Aird s’est abstenue de toute déclaration susceptible d’être une menace à la cohésion et au développement de cette plate-forme naissante, porteuse de bien des espoirs de la Côte d'Ivoire et de l’Afrique.

Malgré les contraintes liées à l'exil de son président et les dysfonctionnements imposés de ce fait aux prises de décision de notre alliance d’une dizaine de partis politiques, l'Aird a continué d'estimer que le combat pour la démocratisation du pays restait la priorité absolue, et qu’en conséquence, au regard des enjeux vitaux liés à la libération des prisonniers politiques – au premier rang desquels SEM Laurent Gbagbo , au retour sécurisé des exilés plus particulièrement des jeunes et des femmes qui vivent un vrai désastre dans les camps de réfugiés , à la libération des domiciles occupés, etc., l’étalage sur la place publique de toute question susceptible de fragiliser l'Opposition en la divisant devrait être évité.

Aird - declaration extrait 1.pngCette ligne n'a pas changé. Mais doit-on continuer de garder un silence coupable devant le spectacle, lourd de gros risques à long terme, offert par l'Afd-ci au peuple ivoirien, notamment sur la question de la CEI, avec des prises de positions qui ne semblent tenir aucun compte des aspirations de la majorité des militants de cette plate-forme ?

Notre Côte d'Ivoire reste aujourd'hui un pays où les libertés publiques sont en souffrance, où les paysans sont expropriés et de nombreux leaders politiques condamnés à l'exil; un pays où les milices aux ordres continuent d'agresser et de vandaliser des manifestations pourtant autorisées; un pays où la multiplication ininterrompue de tels débordements a fini par contraindre les partis politiques à une clandestinité de fait. Au point que, en justifiant son désistement pour la prochaine élection, le président Bedié, allié du régime, a fait un aveu de taille dans sa dernière déclaration de Yamoussoukro, consécutive à l’appel de Daoukro.

Or, dans un contexte pratiquement aussi troublé qu'au lendemain du 11 avril 2011, la course au consensus promis et attendu condition préalable du bon fonctionnement de la CEI se matérialise au quotidien sous la forme d'un jeu de dupes d'une opacité croissante. Certains observateurs s'étonnent du manque de clarté des démarches de l’Afd et nos militants se retrouvent confus et déboussolés.

Peut-on ambitionner de gouverner la Côte d'Ivoire et d’incarner le changement, tout en offrant l'image de la soumission aux règles d'un jeu dont la subtilité, de louvoiement en compromissions, se résume tout compte fait à ruser en permanence avec les bases militantes ?

N'est-ce pas précisément la maturité des membres de ces bases, et leur engagement persévérant à respecter les mots d'ordre de l'Opposition, qui a permis de desserrer quelque peu l'étau de l'oppression politique et sociale ?

Quant à nous, responsables de l'Opposition, avons-nous le droit, donnant l'impression d'agir au seul nom de nos ambitions égoïstes, retranchés derrière l'alibi de calculs obscurs, de trahir un tel combat, prenant ainsi le risque de nous couper de ceux qui souhaitent rester fidèles à la mémoire des milliers d'Ivoiriens injustement livrés à la mort ?

Aird - declaration extrait 2.png

L

'Aird, qui, par solidarité avec tous les dirigeants de l'Opposition arbitrairement détenus, et pour protester contre les conditions inadmissibles de leur incarcération, a sacrifié les ambitions de ses cadres en s'abstenant de participer aussi bien aux élections législatives qu'aux élections locales, ne peut aujourd'hui comprendre qu'il soit si peu tenu compte des missions et objectifs immédiats que l'AFD s’est assignée à sa création (cf l’article 3 du règlément intérieur et le point 10 du communiqué final).

Pour toutes ces raisons, je voudrais instamment et très respectueusement inviter toute l'Afd au sursaut, afin de recadrer nos décisions et nos méthodes dans la perspective de nos objectifs initiaux.

Au regard du profond respect que je dois et que je porte avec fierté à mes anciens et à mes devanciers dans la lutte politique, j'en appelle à un échange franc et loyal avec ceux ou celles d'entre eux qui le désirent, sans oublier que notre référence en matière d’éthique politique reste celui qui, aujourd’hui, continue de payer le prix de sa fidélité à nos communs idéaux dans sa geôle de Scheveningen.

Aucun homme ou femme politique soucieux de l'avenir ne peut se permettre le luxe de défier ou de décevoir les militants de son propre groupement politique et par-delà, le peuple tout entier , en usant envers eux de procédés relevant davantage de la ruse que de la vérité ou d’une stratégie claire. Cela se paie toujours cash, et très cher.

3551172294.jpgFait le 30 Novembre 2014

Le ministre Éric Kahe

 Président en exil de l’AIRD.

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Commentaires

Camarade président de l'AIRD,

Cette mise au point était nécessaire et attendue par l'AIRD-France. Merci pour la clarté de cette déclaration qui permet à chaque citoyen, à chaque membre de notre parti de ne pas demeurer dans le flou par rapport aux décisions à prendre quant aux élections à venir.

En Côte d'Ivoire, rien ne permet aujourd'hui de croire que des élections permettent de résoudre les problèmes des Ivoiriens. Pour le moment, nous n'avons qu'une seule chance : affirmer haut et fort que l'idéal représenté par Laurent Gbagbo est celui désiré par tous. Et dans la poursuite de cet idéal, l'AIRD se veut une force de proposition et de réflexion qui empêche le mouvement de conquête de l'indépendance politique et économique d'être unicolore mais pluriel.

Raphaël ADJOBI
Délégué général AIRD-France

Écrit par : Raphaël ADJOBI | 06/12/2014

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