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11/11/2014

#BURKINA LEÇON n° 4/10 : LÉGALITÉ ET LÉGITIMITÉ

Sankara images.jpg« le jour où Blaise aura décidé de faire un coup contre moi, dites-vous qu’il est déjà trop tard et ne faites rien pour y parer ». (Thomas Sankara)


L’ex-président Blaise Compaoré, aujourd’hui réfugié en Côte d’Ivoire, terre d’accueil et d’hospitalité a cédé le pouvoir sous la pression de la rue après 27 ans de pouvoir avec très peu de partage. Son peuple n’a pas voulu de la modification constitutionnelle qui aurait pu le maintenir encore au pouvoir. Aux « institutions fortes » de Barack Obama, il préférait des « hommes forts ».

Pour cette modification, il avait avec lui la légalité. Autrement dit, il en avait le droit. La majorité de son parti et celle d’une alliance conclue pour la circonstance lui assuraient un tranquille passage en force. Mais la légitimité lui aura fait défaut.  La légitimité se pose comme le caractère de ce qui est fondé en droit ou de ce qui est conforme à l'équité, à la raison, aux règles établies, à la tradition. Parlant d’un pouvoir, une personne qui perd toute légitimité est une personne dont le pouvoir, l’autorité, le  prestige ne sont plus reconnus. Ce prestige indispensable à la confiance avec les autres et s’effrite sur la somme des actes de mauvaise gouvernance. On peut s’appuyer sur la loi, souvent votée par des représentants corrompus ou mal élus, pour gouverner avec mépris. Mais une telle gouvernance effrite chaque jour le prestige, et partant, la légitimité.

Encore que le pouvoir du président Blaise Compaoré portait un déficit congénital de légitimité, pour avoir enjambé le corps de celui qui avait une telle profonde amitié pour lui et une confiance aux vertus de l’amitié, qu’il avait dit à peu près ceci : « le jour où Blaise aura décidé de faire un coup contre moi, dites-vous qu’il est déjà trop tard et ne faites rien pour y parer ». Assassiner un tel ami a profondément marqué l’esprit d’un certain journaliste de Jeune Afrique qui ne l’a jamais accepté jusqu’à ce jour. Peu d’étudiants de notre génération ont d’ailleurs oublié !

 

À bon entendeur, merci.

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