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31/07/2014

OUI BRAVO À MGR DACOURY-TABLEY ! ET LES AUTRES ? (Par Eric EDI)

Mgr dacoury téléchargement.jpgIl y a plus d’un mois, un article de presse rapportait que Mgr. Paul Dacoury-Tabley avait été brutalisé à Odienné par un soldat FRCI. L’évêque rendait visite à l’Honorable Simone Gbagbo détenue dans cette ville depuis 2011. Des Ivoiriens ont dit bravo au prélat catholique (Le Nouveau Courier du 11 juin 2014). C’est un bravo mérité parce que le voyage de Mgr Dacoury-Tabley prolonge le discours de Mgr Marcellin Kouadio devant M. Alassane Ouattara et M. Henri Konan Bédié à la Basilique de Yamoussoukro en décembre 2013, démontre son engagement inusable contre la tyrannie et invite l’Église ivoirienne à agir résolument pour les libertés individuelles. Donc, l’acte de l’évêque catholique a une dimension politique et sociale : il rompt avec l’acceptation de l’absence de l’État de droit et avec la compromission.

En termes de discours de rupture, le voyage de Mgr Dacoury-Tabley nous pousse à demander si les prêtres catholiques sont les seuls autorisés à rappeler le régime au pouvoir à l’ordre, et si les pasteurs protestants et/ou évangéliques ne devraient pas, eux-aussi, dénoncer clairement les détentions arbitraires et politiques, la dépossession des populations de l’Ouest de leurs terres et villages, la modification dangereuse du code de la nationalité, la mauvaise gouvernance, l’ingérence de la France dans les affaires ivoiriennes, etc. Est-il déraisonnable que les révérends Benjamin Boni (Église méthodiste Unie de Côte d’Ivoire), Adou Yed (Église Protestante Méthodiste de Côte d’Ivoire), Dion Robert (Église Protestante Baptiste Œuvres et Missions) parlent de ces choses ou rendent visite aux prisonniers politiques?

Depuis janvier 2011, les guides catholiques se font plus entendre que les chefs des autres confessions chrétiennes, comme s’ils étaient les seuls à percevoir la désintégration de la société ivoirienne. Feu le cardinal Bernard Agré, Mgr Yao Marcellin et Mgr Paul Dacoury-Tabley ont porté la voix de l’Eglise catholique et choisi de ne pas se taire devant l’absurde qui a cours depuis que la France a installé M. Alassane Ouattara au pouvoir, au risque d’en être des co-responsables. Même si l’Honorable Simone Gbagbo fut catholique et même si les droits de l’homme n’ont pas de coloration ethnique ou religieuse, il est « surprenant » que ce soit un évêque catholique qui brave mille et un obstacles pour lui rendre visite, elle qui est une chrétienne évangélique. Pourtant, les pasteurs, évangélistes, apôtres, et bishops foisonnent en Côte d’Ivoire. La réalité est que ces derniers ont choisi d’attendre le temps de Dieu et de banaliser la lutte contre les injustices sociales. Ils ont choisi de transformer l’Église qui « dérange pour réarranger» en une église qui ne dérange pas afin de ne pas être dérangée aussi. Pourtant, ce sont eux qui enseignent que le Christ est mort et ressuscité pour nos libertés individuelles et que les béatitudes nous invitent à être des artisans de la paix et des persécutés pour la justice (Mathieu 5 : 9- 10).

En ne faisant pas ce que Mgr Dacoury-Tabley a fait, les pasteurs protestants trahissent les béatitudes, alors que la Côte d’Ivoire sombre sur tous les plans. Ce manque d’engagement, que nous dénonçons ouvertement, enlève à l’Église son essence, sa valeur, et son rôle dans la cité. Comme feu Bernard Hubert, évêque canadien, le disait, l’Église opère dans la cité et les problèmes de cette cité sont sa préoccupation. On ne demande pas aux leaders religieux de remplacer les leaders politiques. Il ne s’agit pas de cela. Il leur est demandé de ne pas se taire quand les fondements économiques, sociaux et culturels de la collectivité s’écroulent. Si rendre visite à Simone Gbagbo est difficile, pourquoi ne pas aller voir Abehi, Seka Seka, ou les centaines d’autres prisonniers politiques dont les droits sont violés? Si réclamer la libération de M. Laurent Gbagbo est difficile, pourquoi ne pas parler de l’assassinat de Tiémoko Joël, du suicide de Madjara Ouattara, des inondations et de l’insécurité qui endeuillent les Ivoiriens?

Le silence du Bishop Benjamin Boni est d’autant plus ahurissant que ses partenaires dans la foi sont les méthodistes américains. Ces derniers seraient de très bons soutiens diplomatiques si le Bishop avait le courage d’agir contre la politique désastreuse de M. Alassane Ouattara et pour les libertés de tous les Ivoiriens. L’Église dont il a la charge gagnerait davantage à s’engager contre la dictature ouattariste parce que l’argument qui dit que, si les pasteurs fustigent le régime au pouvoir, ils seront accusés de parti-pris et perdront des fidèles est non seulement infondé, mais encourage la compromission. Comme ses pairs, le Bishop Boni sait que l’Église est une institution et une force politique comme les partis politiques et les syndicats et qu’il est lui-même un acteur politique. Rejeter ces évidences revient à galvauder l’éthique du protestantisme, c’est-à-dire la promotion de l’équité entre tous les hommes et la défense de leurs droits naturels à jouir des talents et des libertés que Dieu leur a donnés.

Si aux Etats-Unis, des pasteurs comme Al Sharpton et Rick Warren sont soucieux des droits constitutionnels des citoyens américains, les pasteurs ivoiriens devraient saisir les opportunités qu’offrent les nouvelles technologies de la communication pour réclamer la restitution des droits fondamentaux et constitutionnels des Ivoiriens. Certes, comparaison n’est pas raison mais nos pasteurs sont suffisamment outillés pour être au plan national et international la voix des opprimés et des victimes du régime d’Alassane Ouattara. S’ils ne se commettent pas à cette tâche, c’est parce qu’au-delà de la prison, la torture, et la mort qui les épouvantent, ils ont accepté d’être des complices du régime d’Alassane Ouattara.

On ne peut pas être en Afrique le continent qui, avec l’Amérique du sud, compte le plus de chrétiens au monde et ne pas prendre une part active dans la lutte contre les facteurs locaux et mondiaux qui embrigadent des milliers d’individus et de familles dans la pauvreté et dans le silence. C’est une incongruité qui ne doit plus prospérer en Côte d’Ivoire.

Philadelphie le 14 juillet 2014.

 

Eric Edi, PhD.FB

 

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EBOLA : FEU DE FORÊT

A la prise de conscience du danger qui reste très lente, s’ajoutent le manque de moyens criant des pays touchés, la saturation rapide des structures locales défaillantes et l’impuissance du corps médical ....

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22/07/2014

L'OVERDOSE...

overdose images.jpgL’Overdose est communément comprise comme la dose mortelle de drogue. De façon plus large, l’overdose (ou encore surdose) est la consommation, volontaire, accidentelle ou pour toute autre raison, d'un produit quelconque en quantité supérieure à la dose limite supportable par l'organisme, avec pour conséquences la réaction dudit organisme par des symptômes pouvant conduire, dans les cas extrêmes, à la mort. Ainsi, même l’eau bue en quantité excessive peut tuer, notamment par noyade.

Que dire alors de l’overdose du mensonge et de la mauvaise gouvernance combinée à la haine, dans la vie d’une nation ? L’overdose est parfois la somme de petites doses. On ne commence pas par une overdose, mais à force de ne pas prêter attention à l'abus, on finit par l'overdose et elle vous emporte !

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18/07/2014

SREBRENICA : UNE JURISPRUDENCE POUR GUITROZON ET DUÉKOUÉ

Duekoue massacre images 2.jpgSrebrenica : comment des mères de victimes ont fait condamner les Pays-Bas (HÉLÈNE DESPIC-POPOVIC  in LIBERATION 17 juillet 2014)

 

NDLR : De quoi à inspirer tous ceux qui se battent pour Guitrozon, Petit-Duékoué, Duékoué-Carrefour et Nahibly.

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15/07/2014

BERNARD DADIÉ ÉCRIT À FRANÇOIS HOLLANDE

LETTRE  OUVERTE  À  M.  FRANÇOIS  HOLLANDE, PRÉSIDENT  DE  LA  RÉPUBLIQUE  FRANÇAISE

Bernard-Binlin-Dadie_7504.jpgMonsieur  le  Président,

Vous avez bien voulu consacrer quelques heures de  visite à la Côte d’Ivoire ; le CONGRES NATIONAL DE LA RESISTANCE POUR LA DEMOCRATIE (CNRD) vous souhaite  la  bienvenue, en terre africaine !

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11/07/2014

CÔTE D’IVOIRE: MICHEL GALY INTERPELLE FRANÇOIS HOLLANDE "FAITES LIBÉRER LES 750 PRISONNIERS POLITIQUES"

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Avec l'autorisation de l'auteur, en intégralité la contribution à paraître dans Mariane du vendredi 11 juillet 2014.

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10/07/2014

CETTE FRANÇAFRIQUE QUI DONNE FROID AU DOS : LES AVEUX DE ROBERT BOURGI SUR RFI

Lors des rencontres que Laurent Gbagbo avait eues avec Jaques Chirac - à l’Elysée - et Dominique de Villepin - hors Elysée -, Dominique de Villepin, dans son langage assez familier avait demandé à Laurent Gbagbo si le moment venu il pouvait aider au bon fonctionnement de l’UMP et aider à la campagne présidentielle de Jacques Chirac. Laurent Gbagbo avait dit oui." assure Robert Bourgi. D'autres révélations à couper le souffle

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