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12/04/2014

AVEC ALASSANE NE SONT DÉMIS QUE LES BOUCS ÉMISSAIRES ET LES SECONDS COUTEAUX

Le bi-hebdomadaire «L’éléphant déchaîné» (n°242 du 11 avril 2014) ne craint pas de demander la démission du ministre de l’Agriculture, Mamadou Sangafowa Coulibaly. En saisissant les comptes de Intercajou, le ministre a occasionné l’insolvabilité de cette société privée intervenant dans la vente du cajou qui est débitrice de plus de cinq cents millions de nos francs d’une autre PME, Cicar Amyot. Cette dernière, prise à la gorge, a fini par mettre la clé sous la porte. Au grand dam des opérateurs de la filière.

Le Syndicat national des cadres supérieurs de la santé de Côte d’Ivoire (SYNACASSI) ne se gêne pas pour demander la démission du ministre d’État, ministre de la Sécurité, Hamed Bakayoko, et de la ministre de la Santé et de la Lutte contre le Sida, Dr Raymonde Goudou-Coffie. Ces deux membres du gouvernement sont jugés responsables, chacun en ce qui le concerne, de la mort, le 25 mars, du mannequin Awa Fadiga qui, agressée dans un taxi, a trouvé la mort au CHU de Cocody en raison des négligences diverses.

Ces deux plaignants sont en pleine hérésie. Ils feignent de ne pas savoir que dans notre pays les ministres sont considérés infaillibles. Seuls leurs subalternes sont les fautifs. Quelques exemples parmi les plus emblématiques:

1. À son arrivée des USA, le 30 juillet 2011, Alassane Dramane Ouattara est rentré dans tous ses états pour n’avoir pas été accueilli par une équipe de la RTI (qui a été tardivement informée par la cellule communication de la présidence de la république). La sanction? Pascal Brou Aka a été limogé, le même jour, de son poste de directeur général de la Maison bleue de Cocody. La «Claude Chirac» d’Alassane Dramane Ouattara, Masséré Touré (sa nièce et sa conseillère spéciale en communication), dont les services ont failli, n’a pas bougé; le ministre de la Communication à l’époque des faits, Diakité Coty Souleymane, est resté en place

2. Le 05 août 2011, un autobus de la Société des transports abidjanais (SOTRA) bondé de monde et assurant la ligne 19 a terminé sa course, aux environs de 5h du matin, dans la lagune Ebrié, à partir du pont Félix Houphouët-Boigny, faisant 37 morts. La sanction? Trois jours de deuil national et annulation de la fête des 51 ans de l’accession de la Côte d’Ivoire à l’indépendance. Le ministre des Transports, Gaoussou Touré, est resté en place.

3. Des détournements de fonds - le gouvernement a parlé de «problèmes de gouvernance» -, sont constatés dans les travaux de réhabilitation des universités de Côte d’Ivoire. Ces travaux, estimés, au départ, à 47 milliards de FCFA, ont connu une hausse de 20 milliards de FCFA, passant du coup à 67 milliards de FCFA, avant de finir, contre toute attente, à 100 milliards de nos francs. Sans que pour autant le cahier de charges ne connaisse un changement ou une modification. La sanction? Le 2 août 2012, le chef de l’État limoge Adama Méïté, directeur des Finances et du Patrimoine du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique. La tutelle à l’époque des faits, Cissé Ibrahima dit Bacongo, est resté en place.

4. Dans la nuit du 31 décembre 2012 au 1er janvier 2013, la fête de la lumière au réveillon de la Saint Sylvestre a une facture salée: 60 morts et 49 blessés selon le gouvernement à la suite des bousculades, du mauvais éclairage et de la panique. Le drame est survenu dans la nuit, aux environs de 3h du matin. La sanction? Trois jours de deuil national. Le ministre d’État, ministre de la Sécurité, Hamed Bakayoko, dont les services ont fait preuve de carence dans le maintien de l'ordre, est en place.

C’est dans cette logique que le gouvernement ne s’est pas embarrassé de fioritures pour répondre à l’attente des populations émues après la mort de Awa Fadiga. Il a limogé, le 9 avril, trois responsables du CHU de Cocody, à commencer par Pr Kouassi Jean-Claude (le directeur général), et gardé en son sein la ministre de la Santé et de la Lutte contre le Sida. En reconnaissant en même temps, à travers un plan en trois phases de plus de trois milliards de nos francs qu’il met maintenant en place (réparation des scanners des CHU de Cocody et Yopougon, acquisition en urgence d’équipements médicaux, réhabilitation des services des urgences de Cocody, etc. etc.), qu’il est lui-même, à travers sa collègue de la Santé, l’auteur principal de l’incurie administrative à l’origine des centaines de décès dont celui de Awa Fadiga dans nos centres de santé. C’est cela l’orthodoxie gouvernementale ivoirienne.

 

Ferro Bi

Commentaires

Le grand retour de Ferro Bi. Belle plume et belles analyses.

Écrit par : Sylla Vazoumana | 16/04/2014

Ils peuvent tout suspendre. Sauf notre intelligence et notre pensée.... Ce qui ne tue pas rend plus fort.!!

Écrit par : Illahry | 17/04/2014

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