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28/03/2014

Naissance de l'Alliance des Forcces Démocratiques de Côte d'Ivoire

Discours du nouveau président de l'Alliance des Forces Démocratiques de Côte d'Ivoire et moments forts de cette belle cérémonie d'espoir pour la Côte d'Ivoire

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Mesdames et Messieurs,

Chers amis

Je voudrais au nom des militants et des responsables des partis politiques présents à cette cérémonie, vous remercier d’avoir répondu à notre invitation et vous souhaiter la bienvenue dans ce bâtiment qui a servi de QG de campagne au Président Laurent Gbagbo et qui, pour cette raison, demeure un symbole pour toutes les forces démocratiques qui ont soutenu sa candidature à l’élection présidentielle de 2010.

Diapositive03.jpgJe salue particulièrement les militants et les responsables de nos différents partis en commençant, galanterie oblige, par l’Union Républicaine pour la Démocratie (URD), dont la délégation est conduite par sa présidente Madame Danielle Boni Claverie. Nombreux sont ceux qui, dans le microcosme politique ivoirien, se sont interrogés et parfois continuent de s’interroger sur les motivations de sa rupture d’avec le PDCI le parti de ses origines et son engagement aux côtés du Président Laurent Gbagbo et son insistance aujourd’hui à mener la lutte politique dans l'opposition, C'est méconnaître que la loyauté politique est d'abord une fidélité à soi-même et à ses propres convictions. Merci Madame la ministre d'être vous-même et d'incarner parmi nous l'indépendance et la liberté de choix qui sont des valeurs cardinales de la démocratie.

Le Rassemblement pour la Paix, le Progrès et le Partage (RPP) qui s’est fortement impliqué dans la naissance de la plate-forme que nous célébrons aujourd’hui, est présent avec à sa tête le doyen politique, le père du sursaut national, le président Laurent Dona FOLOGO. Monsieur le Président, le combat pour la souveraineté de la Côte d'Ivoire et votre engagement aux côtés du Président Laurent Gbagbo ont marqué l’histoire récente de notre pays. Au moment où ce dernier est injustement détenu à La Haye, c'est un grand réconfort pour nous et pour tous les Ivoiriens de vous voir encore dans la lutte au service de la Côte d'Ivoire en bon discipline de feu le Président Félix Houphouët-Boigny. Les grands hommes sont d’abord des hommes de conviction, de cohérence et de fidélité dans leurs choix politiques. Merci cher doyen pour votre présence rassurante et réconfortante.

Le Parti Ivoirien des Travailleurs (PIT) est représenté ici par son président Dr Daniel Aka AHIZI. Le PIT a une histoire dans ce pays, une histoire qui se confond avec celle des luttes démocratiques en Côte d'Ivoire. Il est l'un des tous premiers partis créés dans les années 90 pour donner des instruments de lutte démocratique aux Ivoiriens et incarner la noblesse de la lutte pour la défense des intérêts des travailleurs. Sa présence dans la plate-forme s’inscrit dans la logique de ce combat et prolonge l'œuvre des pionniers de la démocratie et des Droits de l'Homme dans notre histoire. Merci, Monsieur le ministre Ahizi d'être ici, à votre place.

Je salue Madame TIA Moné Bertile Sylvie-Aude, présidente de l'Union pour la Démocratie Totale en Côte d'Ivoire (UDT-CI), une dame qui a démontré à la tête du conseil général de Biankouma ses grandes qualités de leadership. Je salue les présidents Gbamenin Bi Tra de l'UDP, JICHI Mohamed, dit Sam l'Africain de NACIP et les Vice-présidents Pierre NORLANDER BLE de CIDP, MIANGO Goman de RDP et GNEPA Luc de l'AIRD avec toutes nos pensées pour le Président Kahé Eric toujours en exil. Enfin je salue les militants et tous les membres de la direction du Front Populaire Ivoirien présents à cette cérémonie.

Diapositive02.jpgMesdames, Messieurs, chers camarades, chers amis. La cérémonie de ce matin est à la fois le fruit d’une volonté politique partagée et le point de départ d’un engagement démocratique commun pour la Côte d’Ivoire. Les partis politiques réunis ici sont composés d’hommes et de femmes qui ont compris que la liberté, la démocratie et le progrès social sont les premiers et véritables enjeux de la crise ivoirienne. Mais ils ont compris en même temps que face aux atteintes et menaces contre les libertés publiques et individuelles, face à l’insécurité et l’impunité, seul le regroupement des forces démocratiques est en mesure de redonner l’espoir aux populations. Cette idée a fait son chemin au sein de chaque parti et la nécessité de nous regrouper s’est imposée naturellement. De la première réunion qui s’est tenue ici même, le 23 janvier 2014, à la cérémonie officielle de ce jour, mercredi 26 mars, il s’est passé à peine deux mois. Ce temps a été mis à profit pour donner un contenu concret à notre engagement commun. C’est un rendez-vous avec l’histoire que nous prenons. Car, il y a dans la vie des hommes et des femmes, comme dans celle des organisations, des moments de choix décisifs pour entrer ou pour sortir de l’histoire, selon que vous réussissez ou que vous manquez ces moments là. Depuis le 11 avril 2011, un défi historique est lancé aux partis et mouvements démocratiques de Côte d’Ivoire ainsi qu’aux hommes et aux femmes épris de justice et de liberté : défi à l’intelligence, à la morale et à la raison humaine ; défi à notre capacité d’indignation, de réprobation ; défi à notre capacité de remobilisation et  de transformation.

Diapositive04.jpgLa rébellion armée du 19 septembre 2002 a été soutenue jusqu’à la victoire militaire par ceux-là même qui se targuent d’être les porte-flambeaux de la démocratie, de la diplomatie, du règlement pacifique des conflits et de la paix. Ceux qui prônent la transition pacifique à la démocratie et qui ont pour slogan « asseyons-nous et discutons » ont été chassés du pouvoir, afin que s’installent ceux qui ont menacé de rendre le pays ingouvernable, et qui gouvernent aujourd’hui un pays divisé, défiguré, traumatisé. Comment redonner confiance et espoir au peuple ivoirien meurtri par la guerre et divisé par le régime issu de cette guerre.

Dans le contexte actuel où se trouve le pays, s’organiser et travailler pour le changement et pour l’alternance est d’abord un devoir éthique et une exigence politique. L’ALLIANCE que nous créons aujourd’hui est une nouvelle expérience démocratique qui prend une résonance particulière. Pour chacun des partis de la plate-forme comme pour chacun de ses dirigeants c’est un gage de crédibilité supplémentaire. Les défis sont importants mais ils ne sont pas insurmontables. Pour les relever L’ALLIANCE doit d’abord pouvoir tirer profit de l’expérience de chaque parti membre. Notre force viendra de la force de chacun de nous.

Le premier de ces défis c'est celui de la normalisation du pays par le dialogue politique. Or le dialogue politique est bloqué à peine ouvert, par la faute du pouvoir qui joue avec la situation du pays. Voici plus d’un an que le dialogue politique est sensé avoir démarré, mais les négociateurs ne totalisent en tout et pour tout que 09 heures de discussions. Neuf heures de discussions qui ne pouvaient rien donner et qui n'ont rien donné :

  • ·        les prisons sont toujours pleines de prisonniers politiques civils et militaires ainsi que de pauvres citoyens arbitrairement arrêtés et emprisonnés;
  • ·        les comptes bancaires gelés depuis bientôt quatre ans sont à présent congelés;
  • ·        les exilés et réfugiés ne sont pas rassurés par le régime et préfèrent souffrir et mourir à l'étranger que de venir vivre l'injustice et l’oppression dans leur propre pays;
  • ·        Des domiciles et des plantations continuent d'être occupés de force.
  •  

Bref, tout s’écroule autour de la CDVR et elle reste impuissante devant la dégradation de la situation sociopolitique, totalement indifférente aux cris de détresse de ceux qui subissent la loi du plus fort. Les conditions de la récente déportation de Blé Goudé à La Haye illustrent bien le drame de l’impuissance et de la décadence que vit le pays.

Diapositive05.jpgIl y a ensuite le défi de la réconciliation nationale. Dès 2011 la réconciliation nationale a été perçue comme une urgence absolue, en Côte d'Ivoire comme à l'extérieur. D'où les visite de Koffi ANAN et Desmond TUTU en juin 2011 pour encourager les nouvelles autorités du pays à engager un processus de réconciliation nationale. Le régime s’est précipité, pour faire bonne figure, de créer la CDVR. Quatre ans après, force est de constater que la CDVR a échoué faute de volonté politique. Or la réconciliation nationale demeure un impératif. Notre défi est de  réussir à mobiliser l'ensemble de la communauté nationale au sein d'un processus  consensuel, inclusif et crédible pour panser les plaies du passé et construire  un avenir partagé.

Le troisième défi à relever, c'est celui de la sécurité. L'insécurité est généralisée voire banalisée. Le gouvernement refuse d'engager un programme volontariste de désarmement et de démantèlement de ses milices Dozos qui l'ont porté au pouvoir. Il refuse de faire une réforme efficace et efficiente de l'armée, de réhabiliter et rétablir la police et la gendarmerie dans leur fonction régalienne de sécurité publique. Comment assurer dans ces conditions la tranquillité des Ivoiriennes et des Ivoiriens, assurer la sécurité des personnes et biens, rassurer les opérateurs économiques, mettre fin à l'angoisse des transporteurs et des voyageurs exposés aux coupeurs de route lourdement armés ? Comment mettre fin à la situation traumatisantes que vivent nos parents dans les campagnes, pris en tenaille par des milices Dozos en quête de rançons sur des barrages dressés à l'entrée et à la sortie des villages. Toutes ces situations nous interpellent et nos compatriotes comptent sur nous afin qu'adviennent la paix et la sécurité dans notre pays.

Le quatrième défi que je voudrais évoquer ici c'est le défi de la bonne gouvernance.

Avec la "République des vainqueurs" instaurée depuis le 11 avril 2011, les ressources de la Côte d'Ivoire sont devenues un gâteau, un butin de guerre. Toutes les règles de bonne gouvernance sont foulées aux pieds. Les marchés de gré à gré avec leur cortège de dessous de table et de pots de vin sont devenus la règle et les appels d'offre l'exception.

L'affairisme de la classe politique au pouvoir est un virus qui gangrène l'économie nationale : Chef d'État, parents de Chef d'Etat ; ministres, parents de ministres ; DG, parents de DG, ont accaparé l'essentiel des secteurs économiques. Ils sont partout et livrent une concurrence déloyale aux opérateurs économiques nationaux et étrangers : dans les banques, les télécommunications, le transport, l’immobilier, les mines, les forêts, au port, à l'aéroport, etc. Non contents de mener cette guerre asymétrique aux opérateurs économiques, ils les écrasent à travers un harcèlement fiscal des plus insupportables.

Il n'y a rien d'étonnant, dans ces conditions, de voir la pauvreté grandissante dans le pays, la misère se développer dans les villes et à la campagne et d'assister à la déliquescence des services sociaux au moment où la vie est devenue chère. La bonne gouvernance, c’est aussi l’Etat de droit et le respect des libertés fondamentales.

Dans cette République des vainqueurs, toutes les libertés sont bafouées. La présomption de culpabilité et la détention préventive sont la règle. La liberté est provisoire pour tous les pro-Gbagbo, perçus comme une population à risque, une menace contre laquelle il faut mener une guerre préventive.

À cette fin, le Ministre de l’Intérieur a envahi et caporalisé l’institution judiciaire. Au nom de la raison d’État Il dicte ses lois aux magistrats au mépris de l’État de droit.

La rhétorique de l’émergence, la dictature de l’émergence accompagne l’émergence de la dictature.

Diapositive06.jpgChers camarades, chers amis militants des partis membres de L’ALLIANCE. Voici le contexte dans lequel nous nous engageons dans une nouvelle expérience démocratique. C’est par un choix libre qu’en votre nom, le premier responsable de chacun de nos partis s’engage aujourd’hui dans cette alliance. Il n’y a pas de regroupement de partis politiques s’il n’y a pas un engagement commun des militants à tous les niveaux, de la base au sommet.

Merci à tous les partis frères qui ont fait confiance au président du FPI pour conduire les premiers pas de notre alliance.

C’est un message de confiance, mais aussi l’expression d’une attente, d’une espérance. Ensemble, nous serons à la hauteur de cette espérance.

Notre objectif est clair ; la paix et la réconciliation en Côte d’Ivoire. À ceux qui se demandent ici ou ailleurs, si la Côte d’Ivoire pourra se relever de la guerre ; les hommes et les femmes de L’ALLIANCE qui naît aujourd’hui apportent une réponse claire et nette : Oui, la Côte d’Ivoire va se relever !

Oui, après le temps de la haine viendra le temps de la fraternité et du partage, le temps de la démocratie. Tel est notre foi. Tel est notre engagement.

 

Je vous remercie.

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