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23/03/2014

LA CPI, UNE JUSTICE INTERNATIONALE POUR AFRICAINS?

La Côte d’Ivoire a, depuis la nuit de samedi 22 mars à dimanche 23 mars 2014, un deuxième pensionnaire à la prison de Scheveningen, à La Haye: Charles Blé Goudé, leader de la Galaxie patriotique. Le gouvernement ivoirien a donné, le 20 mars, son accord pour son transfèrement dans les cachots de la CPI.

cpi,ble goude,aird-ci,aird,eric kahe,ferro ballyLa Cour pénale internationale ou CPI est une juridiction permanente chargée de juger les personnes accusées de génocide, de crime contre l’humanité, de crime d'agression et de crime de guerre. Au 1er mai 2013, 122 États sur les 193 États membres de l'ONU ont ratifié le Statut de Rome et acceptent l'autorité de la CPI. Trente-deux États supplémentaires, dont la Russie et les États-Unis d’Amérique, ont signé le Statut de Rome mais ne l’ont pas ratifié. Certains, dont la Chine et l’Inde, émettent des critiques au sujet de la Cour et n’ont pas signé le Statut.

À ce jour, la Cour a ouvert une procédure d’enquête dans huit cas, tous en Afrique: l’Ouganda, la République démocratique du Congo (RDC), la République de Centrafrique, le Darfour (Soudan), la République du Kenya, la Libye, la Côte d’Ivoire et le Mali. La Cour a mis en accusation au moins vingt-deux personnes dont les présidents du Soudan, Omar el-Béchir (premier mandat d’arrêt lancé par la CPI contre un chef d’État en exercice) et du Kenya, Uhuru Kenyatta.

Sept inculpés sont en détention: Laurent Gbagbo, ancien président de la Côte d’Ivoire et premier chef d’Etat incarcéré, Jean-Pierre Bemba, ancien vice-président de la RDC, Charles Blé Goudé, ancien ministre de Côte d’Ivoire, le général de l’armée de la RDC Bosco Ntaganda dit Terminator, Germain Katanga et Mathieu Ndudjolo, deux anciens chefs congolais de milice, Callixthe Mbarushimana, chef présumé des Forces démocratiques de libération du Rwanda ou FDLR.

Plusieurs sont en fuite dont Joseph Kony, chef de l'Armée de résistance du Seigneur (LRA, milice ougandaise accusée de crimes de guerre), et d'autres hauts commandants de la LRA; deux sont décédés (les juges de la CPI ont notamment ordonné la fermeture du dossier de Mouammar Kadhafi, décédé le 20 octobre 2011, qui faisait l'objet d'un mandat d'arrêt pour crimes contre l'humanité) quand d’autres sont libres de leur mouvement: Omar el-Béchir, Uhuru Kenyatta, William Ruto (vice-président kényan), Ahmed Haroun (ancien ministre de l’Intérieur du Soudan) et Ali Kosheib (un des principaux chefs des milices Janjanwids au Soudan).

La Libye, promettant de tenir un procès régulier «conformément aux critères internationaux», a refusé de transférer Seif El Islam Kadhafi, l’un des fils de l’ancien chef d’État libyen, tout comme l’ancien chef des services de renseignement de Kadhafi, Abdallah Al-Senoussi.

Le premier procès de la CPI, celui du Congolais Thomas Lubanga, pour crimes de guerre, a commencé le 26 janvier 2009. Le 10 juillet 2012, la CPI a condamné le chef rebelle congolais à une peine de 14 ans d’emprisonnement pour le recrutement et l’utilisation d’enfants soldats. C'est le premier jugement de la Cour pénale internationale. Charles Taylor, l’ancien président libérien, a été condamné par la CPI à cinquante ans de prison pour crimes contre l'humanité pour son rôle dans la guerre civile sierra-léonaise. Et c’est dans une prison britannique qu’il purge, depuis le 15 octobre 2013, sa peine.

 

 

Ferro Bally, journaliste indépendant

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