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05/02/2014

DUÉKOUÉ AUX OUBLIETTES

Duékoué continue de réclamer justice et réparation. Alors que les autorités, fermant les yeux sur ces crimes impliquant leurs éléments, regardent ailleurs.


 

nahibly1.jpgL’impunité en Côte d’Ivoire a un nom: Duékoué, ville-carrefour de l’ouest située à 488 km d’Abidjan. Le martyre en Côte d’Ivoire a un nom : Nahibly. Dès la prise de Duékoué, le 28 mars 2011, par les FRCI et les «dozo», le quartier Carrefour, peuplé majoritairement d’autochtones guéré, soutien de Laurent Gbagbo, a été victime de crimes à grande échelle. Le bilan se passe de commentaires : au moins mille morts dans ce quartier peuplé au départ de 10.000 habitants. Un des seigneurs de guerre, Amadé Ouérémi, déjà installé à Duékoué et fort de cette victoire, a entièrement colonisé la forêt classée du mont Péko.

nahibly2.jpgLe 21 juillet 2012, à la suite de l’assassinat de quatre ressortissants du nord dans le quartier Kôkôman (Duékoué), le camp de Nahibly, placé sous protection de l’Opération des Nations unies en Côte d’Ivoire (ONUCI), est attaqué par plusieurs centaines d’éléments des FRCI et de chasseurs traditionnels dozo. Ce camp de réfugiés qui comptait 5.000 personnes qui ont fui leurs foyers durant la crise post-électorale, a été entièrement détruit au nez et à la barbe de l’ONUCI. Le Bilan est lourd : des dizaines de morts, des centaines de disparus.

En octobre 2012, six cadavres ont été découverts dans une fosse commune et des corps retirés de puits. Un juge a bien entendu plusieurs personnes; ce qui lui a permis d'identifier d'autres fosses communes en mars dernier, mais aucune d’entre elles n'a été ouverte. Pareil pour les suspects : si plusieurs ont été nommément désignés, ils n'ont jamais été interrogés. Et l’enquête est au point mort. Il en est de même pour Amadé Ouérémi. Ce chef de guerre, qui a combattu aux côtés des FRCI, a bel et bien été arrêté, en grande pompe, en mai 2013. Mais il n’a jamais été inculpé et nul ne sait ce qu’il est devenu.

nahibly3.jpgEt Duékoué continue de réclamer justice et réparation. Alors que les autorités, fermant les yeux sur ces crimes impliquant leurs éléments, regardent ailleurs.

Ferro Bally, Journaliste indépendant

 

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