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23/12/2013

DE L’APPLICATION DE LA JUSTICE TRANSITIONNELLE EN CÔTE D'IVOIRE

eric kahé,justice transitionnelle,crise postélectorale,aird,laurent gbagboLe débat politique ivoirien s’anime ces derniers temps d’un nouveau concept : la justice transitionnelle. Que renferme la notion de justice transitionnelle et que peut-elle apporter à la réconciliation en Côte d'Ivoire ? Serait-ce une "astuce" de l’opposition ivoirienne pour se soustraire à la justice ?

La justice transitionnelle vue par l’Onu

Selon le Rapport du Secrétaire général des Nations Unies au Conseil de sécurité sur «le Rétablissement de l’État de droit et l’administration de la justice pendant la période de transition dans les sociétés en proie à un conflit ou sortant d’un conflit » la justice transitionnelle s’entend par «les divers processus et mécanismes mis en œuvre par une société pour tenter de faire face à des exactions massives commises dans le passé, en vue d’établir les responsabilités, de rendre la justice et de permettre la réconciliation.
Peuvent figurer au nombre de ces processus des mécanismes tant judiciaires que non judiciaires, avec (le cas échéant) une intervention plus ou moins importante de la communauté internationale, des mesures pénales contre des individus, des indemnisations, des enquêtes visant à établir la vérité, une réforme des institutions, des mesures d’épuration, ou une combinaison de ces mesures» (S/2004/616 23.8.2004 )

Le constat a d’ailleurs été fait que, dans des exemples de justice transitionnelle réussie, les mécanismes judiciaires peuvent s’adosser à la justice traditionnelle propre aux communautés nationales, et qui dans l’ensemble s’appuient sur le pardon et la reconnaissance du tort fait à autrui. Ce qui n’est possible qu’avec un pouvoir impartial et au-dessus des clans pour impulser la recherche de la vérité. Cette vérité est un catalyseur du pardon, primordial dans la justice transitionnelle. 

Généralement, les aspects non judiciaires, au sens où ils ne sont pas directement pris en charge par la justice classique nationale et/ou internationale, sont gérés par le canal d’une commission qui, par son nom même, indique déjà ses objectifs et affiche ses ambitions. La plus célèbre d’entre ces commissions a été la «Commission Vérité et Réconciliation» d’Afrique du Sud.

Justice transitionnelle et amnistie

À l’inverse de l’amnistie générale accordée à la rébellion de 2002,  la justice transitionnelle ne se confond pas avec une prime à l’impunité. Sa qualification  de «transitionnelle» ne fait pas forcément du pouvoir qui la met en œuvre un régime de transition politique, voire illégitime. Elle permet une transition entre une situation donnée et une autre, plus conforme aux exigences de démocratie et de justice. Elle combine la volonté de réconciliation avec les exigences de justice et d’un état de droit tout en accordant aux victimes par des actes tant judiciaires que non judiciaires, les réparations nécessaires, surtout morales et si possible matérielles. D’ailleurs,  elle peut, par un consensus national, décider de quels types de  crimes doivent faire l’objet de traitements particuliers, voire sévères. 

Outre l’Afrique du Sud, certains pays ont expérimenté avec succès de telles commissions, notamment le Ghana, le Nigéria, le Libéria, la Sierra Leone, et même hors d’Afrique le Pérou, la Yougoslavie, le Guatemala, etc.

Les grandes différences dans les situations vécues par les pays cités plus haut, dans leur histoire récente, montrent bien que la justice transitionnelle intervient  soit pour passer d’une situation de guerre à la paix soit pour passer d’un régime autoritaire ou dictatorial à la démocratie.

 

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Justice transitionnelle : la Côte d'Ivoire et sa CDVR

En Côte d'Ivoire, l’équivalente de la «Commission Vérité et Réconciliation» de l’Afrique du Sud créée au lendemain de l’arrivée au pouvoir du nouveau régime s’est donnée pour nom «Commission Dialogue, Vérité et Réconciliation». Paradoxalement, la dimension "dialogue" de cette commission a été plombée, tant les acteurs politiques, plus particulièrement ceux du camp des vainqueurs, affichaient du mépris pour leurs adversaires. Les autorités qui devaient susciter et encourager ce dialogue se sont ruées dans une politique de vengeance, de haine et de rattrapage ethnique officiellement assumé. Craignant les ambitions politiques du président de cette commission, le pouvoir ivoirien ne lui a donné que des moyens à minima.

Avec un champ de compétences bien défini au départ mais dans la pratique au gré du prince, sans pouvoir d’injonction et sans aucune prise réelle, ni sur les événements, ni sur le comportement des acteurs politiques - dont certains remuaient le couteau dans la plaie - la commission a divagué entre explications, tentation d’abandonner et constat d’échec. Son silence devant la poursuite des tueries opérées par les milices «dozos» à la solde du pouvoir, n’a pas arrangé les choses, alors que dans le même temps, les soldats des FRCI (armée régulière issue de la rébellion) étaient régulièrement épinglés par Amnesty International et les Ong de défense des droits de l’homme. Autant de dysfonctionnements qui ont effrité le peu de confiance de la population vis-à-vis de cette commission, qui avait tous les attributs d’un mort-né.

Appelant de ses vœux à la prise d’une loi de réconciliation nationale (avec ses trois volets que sont (a) une amnistie respectueuse des exigences de justice équitable et pour tous, (b) la reconstruction, (c) la réparation des préjudices) l’AIRD note que la Côte d'Ivoire pourrait réfléchir aux éventuels avantages de la mise en place d’une justice transitionnelle capable de conduire à une paix durable par la réconciliation des cœurs sur la base des  quatre droits fondamentaux qui sont reconnus  aux victimes: « le droit de savoir, le droit à
la justice, le droit à la réparation, le droit aux garanties de non-répétition et aux réformes institutionnelles». Ces quatre principes ont été adoptés par la Commission des droits de l’homme des Nations Unies en 1997 et retenus comme les «piliers» ou encore les bases, les éléments fondamentaux de la justice transitionnelle».

C’est au nom de ce "droit de savoir", seul à même d’exorciser les tentations du négationnisme ou du révisionnisme,  que le site du camp de Nahibly ne saurait, en aucun cas, servir de cadre à la réalisation d’un projet immobilier – fût-il à vocation sociale – avant l’aboutissement des enquêtes en cours. Ce droit n’est pas une fantaisie ou un effet de mode. Pour les nombreux morts de Nahibly, les familles et les proches doivent connaître les circonstances ayant entouré le déchaînement d’une telle barbarie, ainsi que le sort qui a été réservé aux centaines de morts et de disparus.

Elles pourront alors, à leur frais ou avec l’aide de l’état, accorder aux dépouilles retrouvées et identifiées un traitement plus digne que celui des fosses communes ou des puits. À moins de prolonger la «justice des vainqueurs», par une «vérité des vainqueurs» après la promotion des bourreaux comme pour étayer le proverbe africain selon lequel «tant que les lions n’auront pas leurs historiens, l’histoire de la chasse sera toujours à l’avantage des hommes».

Le droit aux réformes institutionnelles s’explique par la nécessité de supprimer de façon intelligente les causes des violations commises  afin qu’elles ne produisent plus les mêmes effets. De bonnes réformes institutionnelles pour un pays à solidifier passent par la bonne connaissance des faits et du contexte dans lequel ils se sont produits. Ce sont ces réformes qui permettront de panser les plaies par la conception et l’adoption d’une plateforme véritablement républicaine, une sorte de pacte républicain qui garantisse à la nation la possibilité de se construire en passant, selon l’approche du Centre international pour la justice transitionnelle (CIJT),  «d’un passé divisé à un avenir partagé».

Parmi ces nombreuses réformes, celle de la CEI (Commission Électorale Indépendante), à la base de bien de nos malheurs, saute aux yeux. Car ce  n’est pas avec une CEI dont la composition a une si forte coloration antirépublicaine que nous irons à une paix durable.

Près de trois ans après sa «révolution», la Tunisie s'est dotée dans la nuit du samedi au dimanche 15 décembre d'une loi sur la justice transitionnelle. Un texte détaché, selon les observateurs, de tout esprit de vengeance, qui recueille un certain consensus avec l’espoir de rétablir un climat de confiance, une réconciliation nationale.

Ainsi, même si les voies de la  justice transitionnelle étaient contournées au nom de calculs politiciens,  elles pourraient  s’imposer à l’après-régime actuel à cause du cumul des deux raisons dont l’une suffit à justifier la justice transitionnelle: (1) passer d’une situation de guerre à la paix ou (2) passer d’un régime autoritaire ou dictatorial à la démocratie. En effet, la guerre est un fait irréfutable qui a déjà eu lieu et jusqu’à ce jour le régime n’a pas fait la preuve de son non autoritarisme.

Eric Kahe, Président de l’Aird

22 décembre 2013

 



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20/12/2013

AIRD : ADRESSE DU PRESIDENT ERIC KAHE AUX JEUNES

 Aird, opposition côte d'ivoire, jeunes côte d'ivoire

Chers Jeunes Camarades,

En mettant l’accent sur la jeunesse dans le cadre de la redynamisation de l’AIRD (Alliance Ivoirienne pour la République et la Démocratie), nous avons voulu parier sur l’avenir. Merci pour votre confiance et votre courage, car il faut de la confiance et du courage pour adhérer à un parti d’opposition dans le contexte actuel. Nous sommes un parti d’opposition de Centre Gauche et nous entendons l’assumer dans la droite ligne des valeurs républicaines, de l’éthique et de la saine politique.

Avec l'ensemble de la direction de l'AIRD, nous voudrions vous assurer que ce parti est le vôtre. C’est le parti de la jeunesse à qui une plate-forme est tendue pour s'exprimer, proposer, bâtir, construire et promouvoir les valeurs qui sont aujourd’hui piétinées.

C’est au nom de l'héritage à vous transmettre, à vous léguer, qu’aucune futilité ne retiendra notre attention. Oui, tout est vanité et tout passe. Tout a une date de péremption, tout, sauf l’image qu’on donne de soi. On ne peut pas admirer ou proposer l’exemple sans être soi-même exemplaire. Nos solutions ne seront ni magiques, ni démagogiques. Elles seront celles de notre expérience, de notre réalisme et de notre volonté de construire enfin une Afrique digne, ambitieuse et tolérante. Cela demande une pédagogie patiente, une concertation dans l'humilité constante et un ardent désir de rentrer dans l'histoire et non dans les fortunes. Il faudra le courage de la persévérance sans la crainte des humiliations de parcours.

Nous vous invitons donc à vous impliquer dans la vie du parti, votre parti, en sachant que tous les militants, anciens et nouveaux sont égaux en droits et en devoirs et qu’ils sont invités à ne pas briguer plus les strapontins immédiats que l’avenir de la Côte d'Ivoire.

Renforçons notre formation politique pour devenir des acteurs incontournables, parce que crédibles, et offrir une alternative à la violence et à la promotion de la médiocrité. Nos jeunes pourront alors transformer la Côte d'Ivoire. Retroussons les manches, marchons à rebours des valeurs déliquescentes dont on a tendance à nous faire croire qu'elles sont les seules solutions. Notre idéal est à portée de nos mains. La médiocrité n'est pas une fatalité. Nos compatriotes observent et sont à la recherche d’hommes et de femmes capables de renouer, de stabiliser, de dynamiser et de vivifier les liens entre les Ivoiriens.

Je voudrais saisir cette opportunité et vous présenter la maquette de notre affichage qui, dès janvier 2014, accompagnera notre parti dans ces différentes activités.

Tous ceux qui souhaitent vous rejoindre peuvent nous contacter à adhesions.aird@gmail.com ou visiter notre site www.aird-ci.org

Merci de votre engagement et bonnes fêtes de fin d’année, dans la sagesse et la modération. Dans la solidarité avec tous ceux qui souffrent, même si vous êtes nombreux à souffrir aussi.

20 décembre 2013
Le Ministre Eric KAHE, Président de l’AIRD

 

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11/12/2013

DÉCLARATION DE L’AIRD, SUITE AUX OBSÈQUES DU PRÉSIDENT NELSON MANDELA

Aujourd’hui, mardi 10 décembre 2013, le monde entier salue la mémoire du président Nelson Mandela. Une journée pas comme les autres dans la vie des Africains de toutes les nations et de tous les horizons.

Chacun aura vu les mains des dirigeants américain et cubain unis dans l’histoire.
Chacun aura entendu tous ces dirigeants qui soulignaient la plus grande force de Mandela: s’appuyer sur les meilleures valeurs humaines.

Tous l'ont clairement exprimé: Madiba a libéré les prisonniers, mais il a aussi libéré les geôliers.

L’AIRD (Alliance Ivoirienne pour la République et la Démocratie) estime qu’il n’y a pas de salut, pour l’humanité, autre que la recherche d’un développement dans la tolérance et la liberté. C’est le message de Mandela, du président Mandela, que nous devons entendre, garder et faire vivre. Nous espérons sincèrement que l’ensemble des composantes politiques de Côte d’Ivoire auront entendu le message, qu’ils auront décidé de le faire leur et de le faire vivre pour que les peuples de notre pays, hier jetés dans la tourmente, la peur et la haine
puisse retrouver le chemin de la fraternité et de la sérénité.


Eric Kahé

Président de l'AIRD

 



00:06 Publié dans Déclarations de la Direction de l'AIRD | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | |

10/12/2013

LES VRAIS FAISEURS DE PAIX SONT LES VICTIMES...

Quand, englué dans la haine et pris en otage par d’encombrants partisans, un régime tire sur tout ce qui ne pense pas comme lui, il dessert d’abord ses propres intérêts à commencer par sa propre survie.

Si nous avons choisi la voie de la paix et de la réconciliation dans la vérité, c’est bien par amour pour les jeunes générations et non par faiblesse.

En mettant en parallèle la situation ivoirienne actuelle  avec l’histoire de certains pays, on mesure mieux les graves incertitudes de « l’après Ouattara »  (quelle que soit la date, il y en aura forcément un) et on en déduit l’urgence de nous parler avant qu’il ne soit trop tard. On n’est jamais assez fort pour être toujours le plus fort et c’est l’absence d’avenir personnel lisible de certains hommes politiques qui les conduit à l’égocentrisme.  Ils se préoccupent alors très peu de l’avenir. Tout comme ceux qui ont très mal agi sont trop souvent aveuglés par la honte pour tendre la main. Les vrais faiseurs de paix sont les victimes. Soutenons les à nous offrir la paix en tournant le dos au négationnisme de leurs souffrances. Mgr Marcellin Kouamé vient de nous montrer la voie en s'adressant à Félix Houphouët-Boigny. Puisse le Saint Esprit qui l'a inspiré, le protéger de nos foudres humaines.

Eric Kahé
Président de l'AIRD
Mardi 10 décembre 2013

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09/12/2013

COURAGEUSE ET VERIDIQUE HOMÉLIE DE MONSEIGNEUR MARCELLIN KOUADIO


aird,opposition ivoirienne,opposition politique côte d'ivoire,paix et developpementExtrait de l’homélie de Monseigneur Marcellin Kouadio, Évêque de Yamoussoukro, à l’occasion de la commémoration des 20 ans de la mort de Félix Houphouët-Boigny


«La belle Côte d’Ivoire, jadis enviée parce que prospère, est aujourd’hui défigurée et meurtrie par de multiples crises militaro-politiques dont les raisons profondes restent encore à élucider. La dernière en date a fait officiellement, semble-t-il, 3000 morts. La rébellion de 2002 a fait une foule innombrable de victimes.

Curieusement, Nanan, ceux qui mentent et tuent croient servir ainsi la Côte d’Ivoire. Les innocents dont les droits sont bafoués sont déclarés coupables, d’où le nouveau concept de la culpabilité collective doublé de la culture de l’impunité où les médiocres sont célébrés. Certains de nos jeunes revendiquent fièrement le statut d’ex-combattants afin d’être récompensés.

Et dans cette situation trouble, les ressources de notre pays sont livrées en pâture aux prédateurs. Notre mère patrie, humiliée et meurtrie, est traitée comme une fille de joie. Oui, la Côte d’Ivoire est traitée, contre sa volonté, comme une péripatéticienne. Le temps, pour ainsi dire, vient de te donner raison : « la paix, ce n’est pas un vain mot, mais un comportement (…)

Malheureusement, bon nombre de tes enfants qui prennent ton nom mais n’ont pas ton esprit, préfèrent la guerre à la paix, la mort à la vie, le mensonge à la vérité, l’aumône au travail, etc. Nanan, aujourd’hui, jouissant de ta double nationalité de citoyen du monde d’ici-bas et de l’au-delà, aide nous à renouer avec la paix. De la où tu es, prie pour nous…

Chers frères et sœurs, hommes et femmes de bonne volonté, demandons au Seigneur Jésus, le Roi des rois, d’accorder à notre pays la grâce de la paix par la réconciliation vraie, qu’il touche le cœur des bourreaux et prenne en pitié les victimes de ces multiples crimes (…) Les Ivoiriens parlent de paix et de réconciliation, mais combien sont-ils qui désirent vraiment la paix ?

Pour que la Côte d’Ivoire renoue avec la paix, je verrais humblement, pour ma part, les présidents Ouattara et Gbagbo faire la paix au sommet, et une fois réconciliés, qu’ils demandent pardon à leurs militants et aux Ivoiriens qui, à leur tour feront la paix. En Dieu, cela est encore possible pour le bonheur de tous ».

Source : Connectionivoirienne.net

Post du dimanche 9 décembre 2013

Qui est Monseigneur Marcelin Kouadio ?

Aird, opposition ivoirienne, eglise catholique ivoirienneMgr Marcelin Yao Kouadio a fait sa philosophie à Abadjin-Kouté, et sa théologie au séminaire d’Anyama. Il a été ordonné prêtre pour le diocèse de Daloa le 29 Décembre 1990 par son évêque Mgr Pierre Marie Coty.

Il est envoyé à la paroisse Sainte Marie de Zuénoula comme Vicaire, puis comme Curé de 1990 à 1994.

Il part faire des études en Théologie biblique et en Missiologie à l’Université Pontificale Grégorienne à Rome, sanctionnées par une Licence en Théologie biblique et un Doctorat en Missiologie, avec une option sur l’inculturation, de 1994 à 2000.

Revenu dans son diocèse, il est nommé Directeur diocésain de l’Enseignement Catholique et Professeur de missiologie au Grand Séminaire philosophique provincial Saint Pierre de Daloa de 2000 à 2005. Puis, il es nommé, par la Conférence Épiscopale de Côte d'Ivoire, Directeur National de l’Enseignement Catholique de 2005 à 2009.

C’est de cette charge qu’il nommé évêque du Diocèse de Yamoussoukro le 1er janvier 2009.

 

Source : Africanaute.com

 



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05/12/2013

SOMMET FRANCO-AFRICAIN : LES CHARS ET LES AFFAIRES D'ABORD

 

Huma 20131205 P1.jpg

Demain s’ouvre à Paris, le sommet de l’Élysée sur la paix et la sécurité en Afrique. La France veut se repositionner sur les terrains économiques et militaires. En prônant la poursuite de politiques néolibérales tournant le dos au développement.



Huma 20131205 P2.jpgLors du discours qu’il avait prononcé à Addis-Abeba à l’occasion des cinquante ans de l’Union africaine, évoquant «l’avenir de l’Afrique, l’avenir de la relation entre la France, l’Europe et l’Afrique, et donc l’avenir du monde», François Hollande avait évoqué «trois défis» : la sécurité, le développement et l’environnement. Trois concepts, il est vrai, fortement liés mais dont il n’est pas certain que tout le monde y apporte la même définition. Le président français et ses ministres jurent la main sur le cœur que «la Françafrique, c’est fini» (Sarkozy l’avait déjà dit) et exhortent à ne pas regarder en arrière, mais vers l’avenir. Un avenir que Hollande veut donc envisager  sous le signe de «la paix et la sécurité» et qui sera au centre du sommet Afrique-France (l’inversion serait phonétiquement désastreuse !) qui s’ouvre demain à Paris. Car «la France est prête à travailler avec les Africains pour renforcer les capacités d’action, pour doter les armées africaines des moyens de répondre à toutes les agressions», insistait François Hollande. On sait ce qu’il en est : intervention militaire française au Mali pour fêter la nouvelle année, intervention, encore, en République centrafricaine cette fois, à l’approche de Noël.

LIVRE BLANC SUR LA DEFENSE

Au-delà des déclarations, la France se repositionne en Afrique. D’abord militairement pour mieux asseoir son emprise économique. Le livre blanc sur la défense et la sécurité, rendu public le 29 avril, pérennise d’ailleurs un maintien global des crédits militaires. Plus question donc d’un désengagement des troupes françaises basées sur le continent. Au contraire. La zone sahélo-saharienne, le Golfe de Guinée et la Corne de l’Afrique deviennent des «zones proches d’intérêt
prioritaire»
. Quant aux diverses bases françaises, elles sont regroupées
sous le vocable de «points d’appui militaires en Afrique» dans lesquels apparaît la «zone Mali-Niger-Burkina Faso», directement issue de l’intervention au Mali. Comment parler de l’indépendance d’un pays lorsque des troupes étrangères y sont positionnées ? Une attitude française qui explique en partie l’absence à Paris d’un certain nombre de chefs d’état africains, comme le Sud-africain Jacob Zuma ou le Rwandais Paul Kagamé.

 

Huma 20131205 P4 Hollande en gendarme.jpg

Cette stratégie française s’inscrit dans les politiques de domination menées à l’échelle mondiale par les grandes puissances, en concurrence avec les pays émergents, à commencer par la Chine. A la guerre en kaki se superpose la guerre en col blanc en quelque sorte. «Dans nombre de pays qui composent autrefois son pré carré, la France n’a plus la main sur le terrain économique et dans le domaine de l’extraction des richesses minières et énergétiques. De nouvelles élites africaines n’hésitent plus à jouer de la concurrence entre les grandes puissances et les pays émergents. D’où cette volonté de Paris de se repositionner dans une nouvelle configuration géopolitique, via l’implication militaire directe dans des conflits locaux», résume l’anthropologue Benoît Hazard, spécialiste de l’Afrique de l’Est.

Dépendance économique

Hier, dans les salons du ministère des Finances, étroitement associé au sommet sur «la paix et la sécurité en Afrique», Pierre Moscovici, épaulé par l’ancien ministre des Affaires étrangères Hubert Védrine, a déployé le volet concomitant : «Afrique-France pour un nouveau modèle
économique
». Les quinze propositions formulées s’inscrivent toutes dans le cadre de politiques néolibérales que sont souvent contraints de mener les pays d’Afrique subissant des pressions politiques autant qu’économiques. Tout est résumé par cette phrase de Moscovici : «L’une des conclusions de ce rapport, c’est qu’il faut donner au secteur privé toute sa place, lui laisser davantage la parole». Une façon de justifier la poursuite de politiques d’ajustement structurel qui depuis des décennies, sous la houlette du FMI et de la Banque mondiale, brisent les services publics, seuls points d’appui pour des politiques de développement au service des populations. Dans tous les domaines, l’étau de la dépendance économique se resserre à mesure que le secteur privé, représenté par des multinationales occidentales, étend ses tentacules dans tous les domaines.

Les Africains ne veulent pas voir ces entreprises privées, sur lesquelles ils n’ont aucune prise, jouer le rôle de chevaux de Troie d’une colonisation version XXIe siècle. L’argent public français ne saurait servir à instaurer une tutelle militaire sur le continent africain, au profit de compagnies privées alors que les responsables politiques ne seraient que de simples VRP.



Pierre Barbancey et
Rosa Moussaoui
In l’Humanité du 5-12-2013

 

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