topblog Ivoire blogs

25/11/2013

LA PIROUETTE DU GOUVERNEMENT POUR AKOUN LAURENT

Le Gouvernement a constaté que Monsieur Laurent AKOUN, Secrétaire Général du Front Populaire Ivoirien a été refoulé à l’aéroport, ce jour, samedi 23 novembre 2013 alors qu’il se rendait en France.

Le Gouvernement rappelle à la presse nationale et internationale, que Monsieur Laurent AKOUN a été condamné le 31 août 2012 à :

- six (06) mois d’emprisonnement ferme ;

- un (01) an de privation de droits civiques, et;

- un (01) d’interdiction de paraître sur le territoire national sauf dans sa localité d’origine.

Cette décision, rendue par le Tribunal Correctionnel d’Abidjan, a été confirmée par la Cour d’Appel d’Abidjan le 16 janvier 2013.

Cependant, bien qu’ayant été libéré le 28 février 2013 après l’exécution de sa peine, les mesures de privation des droits civiques et d’interdiction de paraître sur l’ensemble du territoire national n’ont commencé à courir qu’à partir de cette date.

Ceci signifie donc, que du 28 février 2013 au 28 février 2014, Monsieur Laurent AKOUN ne doit pas être vu sur l’ensemble du territoire national, sauf dans sa localité d’origine.

En cas d’inobservation de cette obligation, il serait en rupture de ban et pourrait alors être poursuivi pénalement pour non - respect d’une décision de justice.

Fait à Abidjan le 23 novembre 2013

Me Affoussiata BAMBA- LAMINE
Ministre de la Communication
Porte – Parole adjoint du Gouvernement
 



12:34 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | |

18/11/2013

CELUI QUI SE RENIE DEVIENT INUTILE !

Eric Kahé, Kahe eric, Aird, Crise ivoirienne, Laurent Gbagbo, Alassane Ouattara, Kona Bedié,



Entretien (entretien-surprise suivi d’une autorisation de publication) du 15 Novembre 2013 du ministre Eric Kahé, depuis son lieu d’exil, avec le journaliste Barthélemy KOUAME de Fraternité Matin.

 
 
 
 

Monsieur le Ministre, ça vous intéresse de mettre fin à votre exil et de rentrer au pays maintenant?

Puis-je savoir l’opportunité de cette question, SVP?

Je reformule ma question : êtes-vous prêt à rentrer au pays maintenant? Après les récents appels des autorités?

Sur la base de la première formulation de votre question, je puis vous
assurer que depuis le 15 Avril 2011, date de ma sortie du pays pour me protéger de l'appel public au meurtre lancé à Duékoué fin mars 2011 par les nouveaux maîtres de la zone, mon intérêt a été de rentrer au pays!. En réponse à votre question reformulée, je vous rappelle que je suis visé par un mandat d'arrêt, suite à une déclaration de mon parti, l’Alliance Ivoirienne pour la République et la Démocratie (Aird), après la conclusion heureuse de l’initiative Ppte. Par ailleurs, je me demande si l'intérêt du pays n'est pas désormais au-delà de mon cas personnel! Juste une réflexion à haute voix.

Y a-t-il eu d’autres obstacles ou y a-t-il encore des obstacles?

Eric KaheJournaliste, vous connaissez mieux que moi le nombre important de tels obstacles. Je sais faire confiance à votre objectivité et probité intellectuelles qui vous ont placé à un si haut niveau de responsabilité.

En parlant d'obstacle, je voudrais surtout évoquer la volonté exprimée par les autorités à dialoguer avec tous.

Dialoguer avec tous, tel est le vœu de tous les exilés. Mais loin des
centres de décision dans une situation d'exil où parfois la précarité des camps de réfugiés le dispute à la course aux besoins vitaux, sans doute ne sommes-nous pas tous au même niveau d'information au point de ne pas être au courant de ces nouvelles dispositions. Quel acteur politique pillé jusqu’à la moelle épinière de décennies de labeur et obligé de fuir son pays pour des raisons sécuritaires, en errance dans le monde, ne souhaiterait-il pas voir s'instaurer un dialogue des autorités avec "tous"?

Comment avez-vous exprimé votre volonté de rentrer? Avez-vous eu des contacts avec les autorités? Si oui, que vous ont-elles répondu?

Les cris de misère des Ivoiriens dans les camps de réfugiés ne sont-ils
pas l’expression suffisamment audible de leur volonté de rentrer au pays? Je crois qu’ils ont été assez entendus des autorités au point de motiver leur déplacement au Libéria voisin. Relativement au contact avec les autorités, je vous fais remarquer que dès lors qu’un réfugié politique met ses pieds dans une ambassade ou entre en contact avec des autorités consulaires de son pays, il perd la protection internationale qui lui est offerte, justement du fait de son impossibilité de bénéficier de celle de son pays. Un réfugié bénéficie, de la part de pays tiers, de la protection que son pays ne peut ou ne veut lui offrir ! Puisque pour l’instant les réfugiés ivoiriens ne sont pas des apatrides pour bénéficier de la bienveillante attention de leur pays. Sans doute serait-ce une solution de contournement pour eux, dans la mesure ou le non Ivoirien ou l’apatride bénéficie d’une plus grande attention dans notre pays. Ce qui est au passage une grande solidarité et un humanisme à saluer ! Mon souhait est que nous puissions sortir des schémas individuels afin d’aborder un schéma global, voie royale vers l’apaisement en lieu et place de ces schémas individuels qui veulent que des leaders politiques laissent en exil des jeunes que nos politiques ont conduits là où ils sont.

En rentrant en contact avec les autorités, n’y a-t-il pas là l’opportunité de discuter du mandat d’arrêt? Affi N'Guessan et d'autres pro-Gbagbo sont récemment sortis de prison et ont repris leurs activités politiques. Des exilés sont déjà rentrés...

Laquelle opportunité, selon vous? J’avoue ignorer tout, des tractations qui ont permis la libération des uns et le retour des autres. Et nous sommes nombreux dans ce cas. De sorte qu’au risque de me répéter, une solution d’ensemble à l’allure républicaine me paraît plus intéressante pour l’apaisement général ! Une république ne devrait pas traiter des problèmes de la nation à la tête du citoyen pour ne pas dire à la tête du client.

Oui, mais ne faut-il pas des actes, plus que tout autre chose? Par exemple, en rentrant en contact avec les autorités (vous êtes vous-mêmes un haut cadre du pays), ne croyez-vous pas que les anonymes vont vous suivre? D'autant plus que vous aurez à négocier également pour eux?

Merci de ce rappel de mon statut de haut cadre du pays que j’avais fini par oublier – en raison même des traitements subis- et dont je doute à présent. Vous parlez de poser des actes ! Le dialogue avec l’opposition piétine ! Qui a la responsabilité des actes à poser à ce niveau? La mise en œuvre des acquis est même problématique. C’est à croire que l’on tient à tellement faire plaisir au pouvoir qu’on en oublie la réalité. J’étais ministre à l’époque du Forum de la réconciliation nationale organisé par le président Laurent Gbagbo et je garde en mémoire tous les efforts et les sacrifices consentis pour le retour et la participation de ses frères, les présidents Bédié, Guéi et Alassane ! Des efforts à la fois matériels, humains et diplomatiques. Moi-même, j’ai dû me rendre à Gouessesso, en compagnie du doyen feu Paul Gui Dibo pour rassurer le président Robert Guei. Loin de moi l’idée de demander à ce que les exilés soient traités au même niveau de considération, conscient que la politique est un rapport de force. Mais quel acte attendez-vous d’un exilé dans le contexte actuel ? Je ne crois pas en l’efficacité d’actes isolés et sporadiques d’un Eric Kahé rentrant à Duékoué sans Hubert Oulaye, Emile Guiriéoulou, Marcel Gossio, Malick Issa Coulibaly, Seydou Soro, Amara Touré, Leon Monet, Sylvanus Kla, Assoa Adou, Lia Bi Douayoua, Idriss Ouattara, etc… Et surtout laissant derrière eux, en pertes et profits des centaines d’anonymes que nous n’avons même plus la force de regarder en face, faute de pouvoir les assister. Dieu soit loué si vous m’apprenez que j’aurai l’occasion de négocier pour eux ! Encore que le terme négocier sonne comme un acte anticonstitutionnel, aucun Ivoirien ne devant être contraint à l’exil. Mais si c’est cela la solution, nous sommes preneurs, et même demandeurs, au nom de l’intérêt du pays.
La mère du président Gbagbo est bien au Ghana ! En Afrique, son âge très avancé lui confère un rôle et s’il y a bien une personne que devraient suivre des exilés sur le chemin du retour c’est bien elle. Où en sont à ce jour les démarches à son sujet ? Je ne pense pas que la réconciliation soit un jeu où l’on claque les doigts ! C’est une démarche où la bonne volonté doit primer !

Vous dites des jeunes dont vos politiques « ont conduit là où ils
sont ! »…

Quand je parle de nos politiques, je fais allusion à une génération et non à un camp! Malgré les pires souffrances des personnalités estampillées pro-Gbagbo et surtout l'avenir compromis des jeunes de notre bord, nous ne voulons pas exceller comme bien d'autres dans l' «auto-victimisation» qui fait aujourd'hui tant de mal. Car ceux que l’on a convaincus de façon factice d’être des victimes, ont fini par adopter une posture de vengeance dont on se demande, à présent, les raisons. Nous avons choisi la voie du pardon afin de rebâtir. Tout en n'oubliant pas que le président Laurent Gbagbo est un fils de ce pays qui fait partie intégrante de notre histoire. Cette histoire que nous assumons en dépit des actes posés par d'autres en bien pire! Mon sentiment est que les exilés n'ont pas de conditions, ni de préalables et que les extrémistes du pouvoir les empêchent de rentrer, certains agissant parfois par cynisme.

Le reste des exilés est-il donc prêt à rentrer dès maintenant ?

Certains Ivoiriens ont tout donné pour la.pngLe reste? Sans vouloir polémiquer, c’est à croire que la majorité est rentrée! Depuis le premier jour d’exil, tous aspirent à rentrer au bercail. Ils attendent qu’on leur en donne la possibilité, relativement à la cessation des raisons pour lesquelles ils ont fui leur pays pour certains et des tracasseries judiciaires pour d’autres. La restitution des terres à l’ouest et la cessation de la menace des détenteurs illégaux d’armes.

Savez-vous que la décision de retour au pays de certains d’entre nous était jusque-là détenue par leurs potentiels adversaires politiques dans leurs régions? A cette allure, le cynisme l’emporte sur la Nation! Et je peux comprendre! C’est ceux qui étaient candidats aux législatives et aux régionales qui devaient décider de qui avait le droit de rentrer!  A l’ouest, ce sont bien les cadres locaux qui ont tissé un tissu de mensonges sur les prétendues caches d’armes. L’objectif était clair. Dans l’organisation verticale et horizontale du pouvoir issu de la crise de 2011, je me suis laissé convaincre par un prêtre que chacun porte enfin sa croix en Côte d'Ivoire. Charge à ceux qui le peuvent, d’accepter de voir la réalité en face ou à ceux qui ne veulent pas, de faire semblant!

Certains Ivoiriens ont tout donné pour la normalisation. Il ne leur reste que leur loyauté à un homme et leur dignité ! Doivent-ils sacrifier ces deux éléments au point de n’être même pas utiles à ceux qu’ils devront alors servir ? Rappelez-vous comment mon aîné nordiste, dit «Champion» est tombé dans l’estime des siens en croyant, de bonne foi, bien faire dans les années 90. Celui qui se renie devient inutile ! Inutile à lui-même, à ses nouveaux alliés et à ses anciennes convictions. C’est en leur concédant un minimum de dignité que les exilés seront utiles à la réconciliation, donc au pouvoir !

Réalisé via Internet
par Barthélemy KOUAME
barthelemy.kouame@fratmat.info

L’entretien en ligne sur Fratmat.info. Disponible également sur le Lien  http://www.fratmat.info/une/item/9828-eric-kahé-les-exilés-nont-pas-de-conditions-ni-de-préalables-interview-exclusive

 

13:08 | Lien permanent | Commentaires (3) | |  Facebook | |  Imprimer | |

17/11/2013

JE PENSE, DONC JE SUIS - HOMMAGE À DÉSIRÉ OUÉ

 

desire oue, parlements et agoras


 

  • À mon inconnu cadet Désiré Gnonsio Oué !
  • A cette jeunesse assassinée à la fleur de l’âge!
  • Au mien, cet encore autre WE, victime de la haine !

Peut-on être sans penser ?

Échanger avec d’autres sans changer de convictions;

Plutôt les former pour les transformer sans les charger.

S’ouvrir aux autres sans se découvrir !

Souffrir mais, sans relâche, le pardon offrir, et

Pardonner sans oublier.

Continuer de croire en la nation quand les plumes sont assassinées,

Se substituer aux «Houphouëtistes» pour agir en «Houphouëticien».

Vivre dans la haine sans en héberger un seul gène et

Se battre à seule fin de faire battre en retraite les haineux.

Aimer des gaullistes qui ont renié De Gaulle !

Penser pour soi, pour la nation, pour demain,

Sans attendre de lauriers, et prendre  sur soi

Le risque de  se voir récompenser d’une balle,

La  lâche balle meurtrière de la pensée unique !

Et pourtant résister, tenir et surtout se retenir, car,

Tenir à l’avenir impose un devoir supérieur au droit à la vengeance!

Eric KAHE
Primes et Déprimes de l'Exil 

Aird encre Blog.png



22:54 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | |

14/11/2013

CARTE D’IDENTITÉ….SI TU VEUX DÉTRUIRE UN PEUPLE

Aird Afrique à inventer Blog.png

Au moment où nous apprenons que des Frci seraient en train de tabasser violemment un jeune élève (Source Alain Do Bi) qui ne peut produire de carte d’identité parce que mineure, relisons cette Carte d’identité de Jean Marie Adiaffi, qui avait prévenu de ce qui nous arrive. Une contribution que nous a fait parvenir une  jeune militante de l’Alliance Ivoirienne pour la République et la Démocratie (Aird)

La Rédaction



 "Tout commence par une farce. Une farce grand-guignolesque tropicale dans l'Afrique coloniale, celle des travaux forcés et des nègres aux ancêtres gaulois. Le vieux Mélédouman, prince de Béttié, est arrêté. Il est arrêté à son modeste domicile, arrestation burlesque perpétrée par le commandant Lapine et son adjoint simiesque, pour un motif inconnu, et la comédie se mue en une tragi-comédie kafkaïenne lorsque Mélédouman est mis aux fers pour ne pas être en mesure de produire sa carte d'identité.

"Ta carte d'identité ! Ta carte d'identité !
Qu'est-ce que c'est que cette histoire de carte d'identité ? Regardez-moi bien. Sur cette joue, cette marque que vous voyez, c'est ma carte d'identité. J'ai sur mon corps d'autres marques qui concourent à la même démonstration. S'additionnent pour donner la même preuve. La preuve par le sang de ce que je suis. Ce sont mes ancêtres qui sont fondateurs de ce royaume, de cette ville.
Tout ici constitue ma preuve et ma carte d'identité. Puisque tout ici
m'appartient et atteste ce que je suis, qui je suis. Le ciel et la terre."

Cette revendication coûte cher à Mélédouman. Torturé sept jours durant au point d'en perdre la vue, il est sommé de produire sa carte d'identité sous huit jours sous peine de retourner au cachot. Et la tragédie devient une odyssée. Avec sa petite fille pour seule guide, à travers les yeux d'une enfant, le vieux Mélédouman se retrouve ballotté dans sa ville au gré des événements, sans jamais parvenir à rentrer chez-lui. De la cour d'Abadjinan le mécène où se perpétue la culture ancestrale au travers des arts, jusqu'à l'école régionale où un enfant est battu pour avoir parlé sa langue maternelle par un instituteur bien intentionné, en passant par l'église catholique d'un prêtre affairiste qui se débat comme un beau diable contre la féticheuse à laquelle il avait dérobé ses tambours sacrés, JM Adiaffi nous brosse un tableau épique, lyrique et poétique de l'identité Agni, Akan, Africaine. Car au-delà de la symbolique carte d'identité, c'est bien de cette identité culturelle là dont il s'agit, de cette tradition orale aux prises avec la tradition écrite occidentale.

"Si tu veux atteindre un peuple dans son intimité la plus profonde, si tu veux déraciner un peuple, si tu veux désespérer, déséquilibrer un peuple, si tu veux rendre un peuple vulnérable pour l'abattre avec une facilité puérile, en un mot, si tu veux assassiner infailliblement un peuple, si tu veux le tuer de science certaine : détruis son âme, profane ses croyances, ses religions. Nie sa culture, son histoire, nie tout ce qu'il adore et l'objectif sera atteint, sans que toi-même tu t'en aperçoives."

"La carte d'identité" est certes une métaphore politique, mais a avant tout une dimension psychologique et philosophique, trop rare tribut à la sagesse africaine proverbiale. On peut aussi se demander si ce roman n'est pas quelque peu auto-biographique lorsque le vieux Mélédouman dévoile un secret qu'il avait bien gardé, par fierté, parce
qu'un prince Agni est avant tout au service de son peuple.

"Car, contrairement à vos rois, les nôtres exécutent en tous points la volonté du peuple, faute de quoi il sont immédiatement détrônés par le conseil des notables. C'est donc moi qui ai besoin de mon peuple et non lui qui a besoin de moi. C'est moi qui ai besoin de respirer au même rythme que son cœur, de sentir battre le mien en harmonie avec le sien."

La carte d'identité
J-M Adiaffi
Monde noir Poche
ISBN 2 218 05444 2
 



16:10 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | |

13/11/2013

LA MEILLEURE ALLÉGEANCE EST CELLE QUE PRÊTE L’HISTOIRE !

Le Temps, Eric Kahe, Aird, AllégeanceLe Temps : Bonjour monsieur le ministre comment allez-vous?

Eric KAHE : Je me porte comme un exilé à qui Dieu fait la grâce d’être en vie avec l’espoir de participer au futur de la Côte d'Ivoire. Cette Côte d'Ivoire dont le peuple est en droit d’attendre beaucoup de ses hommes politiques. Ce temps d’introspection en exil et la conduite des affaires observée jusque-là, m’ont plus que jamais convaincu que l’on peut faire la politique autrement comme le préconise l’Alliance Ivoirienne pour la République et la Démocratie (Aird).


Le Temps : Le président du Fpi effectue en ce moment même
une tournée dans l'ouest du pays, votre région d'origine. Vous qui êtes en exil depuis avril 2011, comment percevez-vous cette visite?

Eric KAHE  Comparée au meeting saccagé du Fpi à Yopougon, cette visite est une évolution vers un espace d’expression plurielle. Ce qui reste un minima pour aborder même la notion de démocratie. La même Onuci qui assistait aux tueries de Nahibly et aux évènements de Yopougon est accourue à Oumé. Il faut s’en réjouir même si beaucoup reste sur le chemin de la normalisation.
Le gros du problème sera l’acceptation par les extrémistes du régime que leur « victoire » ne peut effacer les autres de l’espace commun et qu’ils ne pourront la savourer avec fierté que dans l’exemplarité démocratique au nom de laquelle des Ivoiriens sont morts parce que privés de soins faute de médicaments et que des institutions ont été bombardées au prix de milliers de morts. Quelle dignité y a-t-il à appartenir à un gouvernement si dans toutes les capitales occidentales, les ministres sont pris à partie par leurs concitoyens étouffés ? Les conditions de l’accession au pouvoir sonnent comme un handicap que les extrémistes compliquent par une haine inexplicable.


Le Temps : Là où vous vous trouvez, avez-vous les nouvelles de vos parents et proches?

Eric KAHE  De temps en temps ! Car l’exil de 2010 dans l’environnement plus favorable que celui de Laurent Gbagbo dans les années 80, laisse quand même une marge de manœuvre, notamment en matière de communication. Je crois d’ailleurs que c’est, faute de n’avoir pas tenu compte de cette donne, que beaucoup sous-estiment le niveau de conscience des populations africaines et veulent les traiter comme l’ont fait les dictateurs de l’ère postindépendance !

Le Temps : Après la crise postélectorale, avez-vous toujours le sentiment que le président Gbagbo est dans le cœur des populations de votre région?

Eric KAHE  Au-delà de ma région, c’est sans doute dans le cœur de tous les Ivoiriens que le Président Gbagbo est. Nul ne peut prétendre gouverner sans commettre des erreurs. Et le président Laurent Gbagbo en a certainement commises. 
Mais le peu d’attachement à son pays et à son peuple ne peut faire partie de ses erreurs. Laurent Gbagbo à la Haye, après un traitement qu’il a lui-même effleuré avec dignité lors de son audience de comparution et son transfert presque en catimini, ne passe pas seulement pour une erreur mais pour une faute politique qui impactera immanquablement la Côte d'Ivoire. Nous travaillons à l’Alliance Ivoirienne pour la République et la Démocratie (Aird) à en atténuer les conséquences. Notamment avec la campagne en cours avec le concours de votre confère « le Nouveau Courrier » que nous remercions au passage. 
Nous ne devons pas biaiser avec les faits. Sinon, les choses auraient été plus simples pour le pouvoir et moins inconfortables pour l’ancien représentant spécial du SG de l’ONU qui, sortant de sa neutralité, avait décrété que « Gbagbo est fini ». C’est sans doute cette arrogance dont le peuple ivoirien a fait un défi. Peut-être que ce peuple a-t-il estimé que ce n’est pas à l’extérieur de décider de qui est fini et qui est naissant !

Le Temps : Mais qu'est-ce qui explique cet attachement indéfectible de ces populations au président Gbagbo?

Eric KAHE  Plusieurs facteurs dont le refus de l’injustice, la preuve non faite des nouvelles autorités d’offrir mieux que lui, l’incapacité du pouvoir à être au service de tous. 
Si j’avais été le conseiller du chef de l’état, lors de sa visite à l’Ouest, je ne lui aurais pas indiqué le seul domicile de l’Imam Konaté (paix à son âme), tué en 2011 à Duékoué, lors de la crise politique. L’Imam Konaté, par ailleurs l’un de mes plus grands soutiens politiques à Duékoué et autodidacte d’une immense culture spirituelle, était un guide spirituel d’une grande ouverture prônant paix, amour et fraternité avec tous nos semblables. C’est par son entremise que j’ai constamment parrainé les activités de l’Aeemci (Assosiation des élèves et étudiants musulmans de Côte d'Ivoire) de tout le Moyen Cavally. À juste titre, la famille de l’Imam Konaté a eu droit à la compassion méritée du chef de l’état, quand le quartier Carrefour, épicentre des violences a été royalement ignoré ! Oublier ainsi la compassion due au quartier "Carrefour" laisse un goût partisan pour celui que l’on présente comme le président de tous les Ivoiriens. 
Il y a aussi cette fameuse affaire pendante à la Cpi. Habitués que nous sommes à nos procédures judiciaires peu ouvertes au public, nous découvrons ce qu’est un procès, même sous pression politique. Des juges peuvent inviter le bureau du procureur si puissamment doté de moyens matériels et humains à revoir sa copie basée sur du narratif. Un tas de raisons ont tourné la «dégbaoïsation » à l’avantage de Laurent Gbagbo.


Le Temps : Pourtant,  le régime Rdr soutient que les populations de l'ouest suivent un homme qui n'a rien fait pour empêcher les tueries depuis 2002?

Eric Kahe, Aird, Alassane Ouattara, DuékouéEric KAHE  N’est-ce pas un peu cynique de dire cela de la part de ceux qui sont soupçonnés (je dis bien soupçonnés) d’être à la base de ces tueries ? 
Cynisme pour cynisme, on pourrait répondre «heureusement qu’il n’a rien fait» car la simple application de la Constitution l’a conduit à La Haye.
Pour être plus sérieux, le conflit est trop complexe pour s’adonner à de telles analyses et un chef d’état se doit d’être le moins partisan possible.


Le Temps : Que peut apporter cette visite du Fpi dans cette région sinistrée, détruite et meurtrie depuis 2002?

Eric KAHE  Le président du Fpi n’est pas membre de l’exécutif. Il n’a donc que peu à offrir. Le mieux qu’il puisse donner c’est de s’interroger sur ce qu’aurait fait le président Laurent Gbagbo si ce dernier avait été libre de ses mouvements et de sa parole, devant l’immensité des souffrances de son peuple. Le premier ministre Affi connaît sans doute la réponse. Mais avant de leur offrir la paix en leur demandant l’apaisement, leurs oreilles ne seront attentives que lorsqu’il aura compati et reconnu leurs peines incommensurables.
En allant vers les Ivoiriens et en dénonçant les atrocités à eux faites, Affi désamorce leur colère, contrairement à ceux qui l’accusent de tenir des discours extrémistes. Au regard des gestes symboliques et des paroles fortes lors de ces visites dans d’autres localités, cette tournée est avant tout le symbole de la solidarité en direction de ceux qui souffrent. Il pourrait en tirer les leçons de visu pour envisager l’avenir immédiat et à moyen terme. L’avenir à moyen terme en terme de rapports immédiats avec le pouvoir actuel quand il aura touché du doigt le terrain et entendu ces frères et sœurs de l’ouest, de toute la Côte d'Ivoire.


Le Temps : Pensez-vous que l'ouest est sorti de l'ornière après la crise de 2010?

Eric KAHE  Il s’est plutôt enfoncé dans l’ornière. Il est urgent d’en sortir par la prise de décisions courageuses, telles qu’indiquées par les
organisations à la neutralité moins soupçonnable, notamment les Ongs et les organisations de défense des droits de l’homme.


Le Temps : Comprenez-vous l'impatience de Ouattara de voir les réfugiés du Libéria rentrer en Côte d'Ivoire?

Eric KAHE  Bien sûr que je la comprends – et sans préjuger de la nature réelle de ses intentions- cela semble tout à son honneur ! Mais le discours vertueux suffit-il là où l’on attend des gestes forts et des décisions courageuses du président de tous les Ivoiriens ?


Le Temps : Les conditions de leur retour sont-elles réunies? 

Eric KAHE  Il est permis d’en douter au regard des rapports des Ongs et les organisations de défense des droits de l’homme.

Le Temps : Le procureur de la Cpi a récemment accusé les exilés du Ghana de comploter contre le régime Ouattara avec de gros moyens
financiers. Que répondez-vous à ces accusations? 

Eric KAHE  Il faut vraiment être de grands masochistes pour lutter contre la faim, chercher désespérément un toit, fuir la traque et parallèlement consacrer de gros moyens à comploter contre un régime alors qu’on ne dispose pas de base arrière (le Ghana ne le permettrait jamais). Par ailleurs, il faut manquer de culture pour une telle option. Je vous renvoie à l’ouvrage de Gene Sherp pour savoir que «les rebellions violentes peuvent déclencher une répression brutale qui laisse fréquemment le peuple plus impuissant qu’auparavant. Quelle que soit la valeur de l’option violente, une chose est certaine : en plaçant sa confiance dans les moyens violents, on choisit le type même de lutte dans lequel les oppresseurs ont presque toujours la supériorité ».
Il faut aussi manquer d’intelligence pour ignorer les graves conséquences 
d’un coup d’état quand le même Gene Sherp écrit «L’option coup d’État militaire pose de graves problèmes. Le plus important est qu’elle laisse en place une mauvaise distribution du pouvoir entre la population, l’élite au pouvoir et la force militaire. Le renvoi de certaines personnes et cliques des postes gouvernementaux facilitera tout simplement l’occupation de ces postes par d’autres personnes. Celles-ci auront peut-être un comportement plus tempéré et seront éventuellement plus ouverts à des réformes démocratiques, mais ils peuvent aussi, à l’inverse, être plus corrompus que ceux dont ils prennent la place. Après avoir consolidé sa position, la nouvelle clique peut se révéler plus impitoyable et plus ambitieuse que la précédente. Ainsi, malgré les espoirs qu’elle apportait, elle sera libre de faire ce qu’elle veut sans se préoccuper de démocratie ou de droits humains. Cela ne peut donc pas être une réponse acceptable au problème de la dictature». Quel que soit l’angle d’analyse, je suis pour l’unique voie de la transition pacifique. Et je crois savoir que les cadres du Fpi sont sur la même longueur d’onde !


Le Temps : Que répondriez-vous à ceux qui vous accusent de ne pas aimer Ouattara?

Eric KAHE  J’ai eu parfois l’écho de ces raccourcis. Des raccourcis de la part de ceux qui, n’ayant rien à offrir en terme de compétences et de solutions novatrices pour la réconciliation et la réalisation des promesses de campagne de celui de l’estime duquel ils ont grand besoin, préfèrent lui offrir des ennemis partout. Comme si un chef d’état n’avait pas assez de problèmes et d’ennemis déjà ! Et comme s’il y avait, pour un président, gloire à tirer d’un tel désamour de ses administrés. 
À l’Udpci, à qui j’ai apporté sueur et sang, je n’ai laissé aucune animosité. Ce n’est donc pas le président du RDR que je détesterais. Je ne peux d’ailleurs détester personne.
Je combats des politiques. Comme Félix Houphouët-Boigny, mon cœur est si petit qu’il n’y a pas de place pour la haine d’autrui. Certes en 2009, j’ai été l’auteur d’une lettre ouverte qui ne portait aucune trace de propos violents et dont la pertinence est aujourd'hui attestée par les résultats du régime. De tout temps, mes critiques et mes propositions portent sur des valeurs, des modèles politiques et des outils de développement.
La difficulté de certains acteurs politiques c’est de professer des vertus et des objectifs que les actes passés ou présents contredisent. Malgré un discours vertueux du RDR, peut-on désormais contester la dénonciation de « ces nominations tribales, cette justice à deux vitesses, ces médias embrigadés, ces marchés de gré à gré, cette impunité rampante pour les délits économiques, la construction de cette armée vouée à maintenir une ethnie au pouvoir, ces emprisonnements selon l’humeur du prince » pour reprendre exactement les propos de Honorat De Yedagne.

Le dire c’est aider le chef de l’état à rentrer dans l’Histoire positive dont ses partisans lui ferment chaque jour davantage les portes. Dans leur logique, ces mêmes partisans sont hélas prêts à vous brandir des mandats d’arrêt dès qu’est entendu un autre son de cloche.

Le Temps : Vous faites allusion au mandat qui vous a visé suite à la déclaration de l’Aird sur le Ppte?

Eric KAHE  A celui-là mais aussi à celui de bien d’autres cadres. Un ancien ministre a été visé par un mandat pour avoir simplement écrit que la fin de l’exil dépendait des gestes du Gouvernement !

Le Temps : Lequel Ministre?

Eric KAHE  Souffrez que je ne complique pas sa situation !

Le Temps : Est-ce pour cela que vous n’avez pas prêté allégeance à Alassane Ouattara !

Eric Kahe, Aird, Côte d'Ivoire, Crise postélectoraleEric KAHE  Encore une invention de ceux qui souhaitent tirer sur la corde de la division pour asseoir une oligarchie et en faire partie. Quelle est la place constitutionnelle et légale de l’allégeance pour des civils comme nous ?
En outre, est-ce à partir de leurs camps de réfugiés ou de leurs lieux d’exil que tous ces jeunes ivoiriens à l’avenir aujourd’hui hypothéqué doivent prêter allégeance ? Lequel de nous a prêté allégeance à Félix Houphouët-Boigny, à Henri Konan Bédié, à Robert Guei ou à Laurent Gbagbo ?  Pourquoi le cas du dernier en date d’une série qui ne s’arrêtera pas, doit-il différer au point d’induire, en raison même de cette exigence d’allégeance, un indice de suspicion légitime ? Parfois, je me demande si ceux qui desservent l’image d’un chef sont toujours du côté où on les croit. Sur le point de la non-allégeance, quel cadre ou militant de l’opposition a-t-il un jour refusé d’obtempérer à l’ordre d’un agent de police ou de gendarmerie ou même d’un militaire ou encore à une décision de justice ?
De quelle allégeance peut-on parler sans éclabousser la légitimité du pouvoir, alors que Akoun Laurent, Affi N’guessan, Bro-Grébé, Mahan Gahé, etc… sont bien allés en prison sans qu’un commando de "non allégeants" ne lèvent le pouce pour aller les faire libérer ! Laurent Gbagbo est à la Haye non ? C’est à la demande et sur l’ordre de qui ? N’est-il pas préférable pour un parti politique de donner au pays un président dont les compatriotes sont fiers plutôt que d’attendre leur allégeance ? La meilleure allégeance est celle que prête l’Histoire !


Le Temps : Vous parlez sans cesse de construire la nation. Quelles en sont les contours ?

Eric KAHE  La première condition sera le courage de la réconciliation. Le courage de l’amour du compatriote en faisant arrêter la spirale de la défiance mutuelle. Une personnalité proche du Rhdp qui a beaucoup d’indépendance d’esprit et qui est une grande valeur intellectuelle de ce pays me disait récemment « Aujourd'hui nous avons deux problèmes: la haine + la haine. Je me suis longtemps opposée à la haine de celui qui détient le pouvoir; même si je ne suis pas d'accord avec l'attitude de l'opposition quand, étouffée par cette même haine, elle s'inscrit dans une défiance permanente qui empêche toute possibilité de reconstruction morale collective! ».
Une telle avancée est déjà une victoire. On ne fait pas la paix avec son ami ou son allié mais avec son ennemi ou son adversaire. À ceux qui ont gardé une relation de loyauté avec Laurent Gbagbo (par simple honnêteté intellectuelle puisque nous sommes co-comptables de son bilan comme devraient l’être tous les ministres Rhdp de 2001 à 2010) je pose souvent cette question : qu’aurait-fait Laurent Gbagbo face aux terribles souffrances de son peuple s’il avait été libre de parole et de mouvement ? Parfois, savoir retenir sa puissance n’est-il pas le sommet de la puissance ?

Le Temps : Quel bilan faites-vous du mandat d’Alassane Ouattara?

Eric KAHE  Le mandat n’est qu’à mi-parcours. Nous ne devons pas désespérer de surprises agréables. Mais pour reprendre à l’identique l’expression de mon ami et frère Honorat De Yedagne, « nous  attendons encore le Alassane Ouattara que l’on nous avait promis ».
Sans doute qu’en citant cette phrase, j’éloigne de moi les risques d’essuyer les foudres du pouvoir, vu que son auteur n’y a pas eu droit. À moins qu’il y ait des opinions qui, énoncées par des personnes ciblées, constituent des délits. En outre, c’est le mandat du Rhdp et non d’un individu. Si ce mandat devait rester en l’état, il indiquerait la voie de la construction de la nation, convaincus désormais que nous sommes qu’il n’y a pas d’ethnie supérieure aux autres. Une ethnie supérieure qui produirait des génies et les autres des moins bons.


Le Temps : Votre opinion sur l’affaire du prêt contracté auprès du Congo et qui défraie la chronique ?

Eric Kahe, Aird, Alassane OuattaraEric KAHE  Partisan du renforcement de la coopération sud-sud, j’y vois un aspect positif. On peut cependant regretter que cela se soit fait en cachette s’il est confirmé que c’est une revue du Fmi qui a révélé ce prêt qui amène également à s’interroger sur le niveau réel de notre endettement qui prend vraiment l’ascenseur après que nous ayons dansé pour le Ppte. D’où la nécessité de ce pacte républicain (version Aird) ou des états généraux (version Fpi) qui permettront de baliser nos rapports tout en indiquant le chemin des prochaines décennies quel que soit le gouvernement. Une sorte de consensus sur notre futur.

Interview réalisée par Fabrice Tété

 



18:46 | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | |

06/11/2013

"LA JUSTICE DE OUATTARA À LA DÉRIVE"

Lu dans le quotidien l’Humanité, journal fondé par Jean Jaurès, dans sa parution de ce 06 novembre 2013,

 

huma 20131106-1.jpg

Le cas de Michel Gbagbo, fils de l’ex-président, interdit de voyage à Paris où il était pourtant convoqué par la justice française, illustre la mainmise du pouvoir sur les institutions.


Michel Gbagbo, fils de l’ancien président de Côte d'Ivoire, aurait dû prendre l’avion pour Paris la semaine dernière, afin de répondre à une convocation de la justice française. Détenteur de la double nationalité franco-ivoirienne, il devait être entendu le 5 novembre par la juge d’instruction Sabine Kheris, dans le cadre d’une plainte déposée en juin 2012 contre l’ex-premier ministre Guillaume Soro pour enlèvement, séquestration ou encore traitements inhumains et dégradants. Officiellement inculpé en Côte d'Ivoire en août 2011 après plusieurs mois de détention arbitraire, Michel Gbagbo avait été sévèrement battu entre son arrestation, le 11 avril 2011, au palais présidentiel occupé par son père, jusqu’à son transfert à l’hôtel du Golf, quartier général des forces pro-Ouattara. Par la suite, des vidéos humiliantes, filmées par ses geôliers, avaient été diffusées sur les réseaux sociaux. « Le dossier monté par la justice ivoirienne, est totalement vide, affirme son avocate, Habiba Touré : Il n’y a aucun acte de procédure ou de témoignage contre lui, et rien ne l’empêche officiellement de quitter le territoire ivoirien. C’est le ministre de l’Intérieur qui l’a appelé sur son portable pour lui intimer l’ordre de rester à Abidjan. Évidemment, mon client est terrorisé »

Au-delà du cas de Michel Gbagbo, c’est bien la justice ivoirienne, démembrée pendant la crise postélectorale de 2010-2011, qui peine à convaincre de sa neutralité, malgré les engagements pris en ce sens par le nouveau maître du pays, Alassane Ouattara. Une situation dénoncée par de nombreuses associations de défense des droits de l’homme, mais qui fait l’objet d’un surprenant silence parmi les dirigeants politiques français qui, droite et gauche confondues, avaient pris fait et cause pour l’actuel président. « Concrètement, il y a une seule mise en examen dans le camp pro-Ouattara aujourd’hui. Inévitablement, cela donne l’impression d’un deux poids, deux mesures », regrettait, le 26 octobre, Patrick Baudouin, président de la Fédération internationale des droits de l’homme (Fidh).

Un malaise qui traverse également les couloirs de la Cour pénale internationale (Cpi), où est actuellement détenu Laurent Gbagbo, accusé de « crimes contre l’humanité ». Au mois de juin, les juges de la Cpi avaient infligé un véritable camouflet à la procureure Fatou Bensouda, en lui intimant de revoir un dossier qualifié de «peu
convaincant
». Les partisans de Gbagbo en venaient à rêver d’une libération provisoire, jusqu’à ce que, à la fin du mois d’octobre, la chambre d’appel ne décide de le maintenir en prison. En revanche, les autorités ivoiriennes persistent à refuser le transfert à La Haye de l’ex-première dame Simone Gbagbo et de l’ancien ministre de la Jeunesse Charles Blé Goudé, au motif que la justice ivoirienne serait désormais en capacité d’assurer équitablement leur procès, ce qui ne convainc personne. Quant au maintien en détention d’un Laurent Gbagbo bien décidé à revenir dans le jeu politique ivoirien, il ne peut que satisfaire l’actuel président Alassane Ouattara, qui sera candidat à sa propre succession en 2015.

Marc de Miramon
In l’Humanité du 6-11-2013




21:24 | Lien permanent | Commentaires (4) | |  Facebook | |  Imprimer | |

04/11/2013

BRISER LES BARRIÈRES DE L’ESCROQUERIE POLITIQUE

Une ruse politique utilisée pour nous dresser les uns contre les autres et mieux piller!


Diapositive1.PNG

Tout au long du mois d’octobre 2013, le quotidien «Le Nouveau Courrier » a accepté d’accompagner l’Alliance Ivoirienne pour la République et la Démocratie (AIRD) dans sa campagne de promotion de la cohésion nationale, préalable à l’indispensable pacte républicain.Seul un pacte républicain, fédérateur de nos différences pour nous enrichir mutuellement, peut conduire à une réconciliation en profondeur pour une Côte d'Ivoire débarrassée des réflexes de manipulations ethnico-religieuses qui tendent toujours à privilégier ce qui est bon pour un groupe au détriment de ce qui bon pour l’ensemble, créant le désordre et l’insécurité qui ne sont bons pour personne.

Diapositive2.PNG

L’AIRD remercie aussi bien ses militants, sympathisants et l'ensembles des lecteurs de ses publications  que toute l’équipe du quotidien «Le Nouveau Courrier» pour le soutien à cette initiative dont nous rappelons ci-dessous les motivations en illustrant le présent texte par les vignettes déjà publiées.

Diapo 3 vers 04.PNG

À quelques exceptions près, l’Afrique est gérée par des systèmes oligarchiques, cette forme de gestion où le pouvoir est réservé à un petit groupe de personnes qui, bien que généralement issues de différentes ethnies utilisent les divisions ethniques ou religieuses pour mieux piller les richesses du pays.

Diapo 4 Version 05.PNG

Outre les oligarchies constitutionnelles, les oligarchies de fait sont les sociétés dont le gouvernement est constitutionnellement et démocratiquement ouvert à tous les citoyens mais où en fait ce pouvoir est confisqué par une petite partie de ceux-ci.

Diapo 5 Version 05.PNG

Depuis le Moyen-Âge, il n’est un secret pour personne qu’une société oligarchique est réputée instable, le pouvoir pouvant devenir diffus ou se concentrer - notamment après des situations de guerre qui permettent à un individu de concentrer de grands pouvoirs - avec une complication du phénomène quand existent des influences étrangères.

Diapo 6 Version 05.PNG

Le régime qui fait du «rattrapage ethnique» une philosophie officielle, compte en son sein et dans ses cercles de décision les plus retreints, des personnalités du Sud, de l’Ouest, de l’Est et du Centre, même si c’est le Nord qui est considéré comme en étant le plus grand bénéficiaire.

Diapo 7 Version 05.PNG

Cette perception d’un Nord hyper favorisé est indispensable à la survie d’un tel régime qui aura ainsi besoin desdites populations du Nord comme ses bras séculiers dans la tête desquels il faut maintenir la peur des représailles en cas de perte du pouvoir.

Diapo 8 Version 05.PNG

Pendant ce temps, la corruption qui résulte des régimes oligarchiques est un gros handicap au développement du pays, y compris des régions prises en otage par le tribalisme qui n’est qu’un simple paravent des intérêts des puissances d’argent et du lobby des multinationales, adversaires sans visage connu des vraies victimes.

Diapo 9 Version 05.PNG

Le combat de l’AIRD est justement de mettre un terme à des politiques qui menacent l’avenir de la Nation. Par l’éveil des consciences sur la richesse importante que constituent nos différences.

Diapo 10 Version 05.PNG

En mettant en relief la richesse de chacune de nos ethnies, nous apprenons à nous valoriser mutuellement, à nous faire confiance les uns les autres, à avoir confiance en nous-mêmes pour briser les barrières de l’escroquerie politique que l’on utilise en Afrique pour nous dresser les uns contre les autres. Les vignettes qui professent en cœur "Nous sommes tous, frères et sœurs" sont alternés avec d'autres vignettes utilisant les paroles fortes de notre hymne national.

Diapo 11 Version 05.PNG

Pire, ces divisions sont parfois des clichés issus de préjugés importés d’autres situations et vendus aux Occidentaux pour obtenir des soutiens. En effet, ce n’est pas parce que le Nigéria connaît des conflits entre le Nord et le Sud, qu’il en est forcément de même en Guinée ou en Côte d'Ivoire.

Diapo 12 Version 05.PNG

En raison de son importance, cette campagne se poursuivra jusqu’en la fin de l’année.

Le Ministre Eric KAHE, président de l’AIRD

 

02:46 | Lien permanent | Commentaires (4) | |  Facebook | |  Imprimer | |