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07/08/2013

DU «RATTRAPAGE MORAL» DE LA COMMUNAUTÉ INTERNATIONALE EN CÔTE D'IVOIRE

Déclaration de l'AIRD relative à la liberté provisoire accordée à des prisonniers politiques en Côte d'Ivoire

Le lundi 5 Août 2013, la justice ivoirienne a accordé la liberté provisoire à 13 personnalités ivoiriennes proches du président Laurent Gbagbo, portant ainsi à près de 46 le nombre de compatriotes bénéficiant de cette décision depuis le 11 avril 2011, si l’on tient compte des 25 cas de novembre 2011 et des 8 cas du 20 décembre 2012.

Malgré le caractère injuste de ces longues détentions dans des conditions difficiles, pour des personnalités majoritairement sexagénaires, nous nous en réjouissons non seulement pour ceux qui recouvrent leur liberté mais pour leur famille et la nation en raison des  chances de cohésion et de normalisation à elle ainsi offertes.

L’Alliance Ivoirienne pour la République et la Démocratie (AIRD) :

  • * prend acte de cette décision de libération conditionnelle présentée comme essentiellement judiciaire, à la demande de la chambre d’accusation;
  • * se réjouit de ce que les magistrats en viennent enfin à privilégier la présomption d’innocence qui veut, dans ce cas, que l’emprisonnement soit l’exception ;
  • * félicite les camarades qui bénéficient de cette libération pour l’exceptionnel courage dont ils ont fait preuve en gardant les liens constants avec la dignité et leurs convictions dans leur aspiration à une Côte d'Ivoire démocratique, républicaine et débarrassée de toute politique de haine ;
  • * remercie les Ivoiriens de tous bords politiques pour leurs efforts en faveur de la décrispation, condition incontournable pour le développement de la Côte d'Ivoire.

Rappelant qu’en plus du président Laurent Gbagbo détenu à la Haye, des centaines d’autres compatriotes croupissent encore en prison pour des fautes que la plupart n’ont jamais commises, la direction et les militants de l’AIRD leur assurent de leur solidarité fraternelle et militante, notamment à l’ex-première dame, Mme Simone Ehivet Gbagbo, au camarade Charles Blé Goudé, ainsi qu’à tous les membres des ex-FDS qui ont cru, de bonne foi, répondre à l’appel du devoir républicain à travers le respect de la Constitution et aux  nombreux prisonniers politiques anonymes de cette crise sans précédent en Côte d’Ivoire.

À l’aube du 53ème anniversaire de la proclamation de notre indépendance et plus de deux ans après les horribles évènements de la crise dite postélectorale qui a parachevé en réalité une décennie de douleurs et de drames, l’Alliance Ivoirienne pour la République et la Démocratie (AIRD) exprime sa compassion à toutes les victimes de ces turbulences tragiques et à leurs parents.

L’AIRD invite la Communauté internationale à un devoir de «rattrapage moral» envers la Côte d'Ivoire, en raison de sa part de responsabilités dans la situation de ce pays. Elle doit continuer à rester vigilante sur les questions élémentaires, préalables à la normalisation de la vie politique dans tout pays, questions que l’opposition est pourtant obligée de continuer à négocier avec les autorités ivoiriennes, notamment :

  • * le  retour sécurisé de tous les exilés qui passe par la levée des mandats d’arrêt visant des personnalités politiques pour délit d’opinions ou de convictions, dans le seul but de les faire taire ;
  • * les questions sécuritaires, pourtant banales et régaliennes, comme  le désarmement des FRCI et l’encasernement des militaires; la démobilisation des Dozos; la réhabilitation des policiers et gendarmes dans leurs missions ; la libération des domiciles et des biens confisqués ainsi que du dédommagement des victimes; la protection des personnes et des biens ; l’arrêt des persécutions, des arrestations arbitraires, des enlèvements et des tueries, et la protection des personnalités de l’opposition ; l’arrêt des expropriations foncières dans les zones forestières;
  • * l’adoption d’une loi de réconciliation nationale déclinée en trois volets:

a) une amnistie respectueuse des exigences de justice équitable et pour tous,

b) la reconstruction,

c) la réparation des préjudices.

  • * le retour à un jeu démocratique républicain, aux droits des syndicats et partis politiques de se réunir et d’exercer librement toutes leurs activités sur l’ensemble du territoire national avec un accès équitable de tous aux medias d’État;
  • * le respect, par le Gouvernement ivoirien, des résolutions du Conseil de Sécurité de l’ONU et de la feuille de route de l’Union Africaine ;
  • * la définition d’un statut de l’Opposition ainsi qu’une nouvelle loi sur le financement des partis politiques et des candidats à l’élection présidentielle ;
  • * le respect de l’état de droit et du fonctionnement des institutions en vue de la bonne gouvernance afin de lutter ensemble contre la corruption qui gangrène plus que jamais le pays ;
  • * le respect des dispositions pertinentes de la Constitution avec un accent particulier sur l’interdiction de contraindre un Ivoirien à l’exil ;

A l’heure où, la justice, traditionnellement rendue au nom du peuple, commence - quoiqu’encore timidement - à assurer sa partition en direction du droit et de la réconciliation, il ne reste au politique qu’à s’engager dans la voie de la normalisation.

Pour que la Côte d'Ivoire se revêtisse des habits de la démocratie au regard du minimum de normes universellement admises. Juste ce minimum.

Fait le 06 Août 2013.

Le comité de Direction (CODIR)

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