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17/09/2011

Côte d'Ivoire - Eric Kahé et l'Aird en appellent "au nécessaire et préalable dialogue politique..."

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Déclaration de l'AIRD relative à la situation socio politique

11 Avril 2011 – 11 septembre 2011. Voilà maintenant cinq mois que des centaines de milliers d'Ivoiriens sont contraints à l'exil. Parmi ces exilés contre leur gré figurent des hommes et des femmes de tous âges et de toutes conditions sociales, de toutes origines ethniques et de toutes confessions religieuses. Pour bon nombre d'entre eux, leur seul tort est soit d'avoir cru en un idéal démocratique, soit d'avoir mis leur foi dans les Institutions dont la Côte d'Ivoire s'est librement dotée. D'autres goûtent aux rigueurs de l'exil du seul fait de leur appartenance ethnique.

Dans leur écrasante majorité, ils ont fait montre, dans les différents pays d'accueil, d'un comportement exemplaire que l'Alliance Ivoirienne pour la République et la Démocratie (AIRD), membre fondateur du CNRD, voudrait saluer. Chacun, par sa conduite, aura été un excellent ambassadeur de la Côte d'Ivoire tout en permettant aux autres peuples de mieux comprendre les crises ivoiriennes. Aussi, la direction et l'ensemble des militants de l'AIRD adressent leurs sincères remerciements et expriment leur profonde gratitude aux gouvernements et aux peuples frères des pays qui leur ont accordé l'hospitalité. Outre le Ghana, le Libéria, le Bénin, le Togo, le Cameroun, le Mali, c'est à l'ensemble des pays africains, y compris ceux du Maghreb et de l'Afrique Australe que s'adressent nos remerciements et la profonde gratitude du peuple ivoirien. Nous associons à ces remerciements nos frères et sœurs de la diaspora pour leurs soutiens multiformes.

A nos frères et sœurs qui souffrent de situations inattendues et brutales, nous voudrions dire notre solidarité, la même que nous éprouvons pour ceux des Ivoiriens restés aux pays et victimes d'exactions. Après les pillages de leurs biens tandis que leurs maisons sont encore occupées par des non ayant-droits, des Ivoiriens sont confrontés aux pires difficultés, dont certains suite à l'opération "pays propre". L'AIRD s'interroge sur la bonne gouvernance d'une telle opération de déguerpissement sans support pédagogique. En effet, des bulldozers et des moyens qui auraient, par exemple, pu être mobilisés à l'aménagement de plates formes agricoles ou de petites unités de production sont employés à démolir des entreprises et à jeter à la rue de nombreuses familles. Or, la conception de tels produits et leur mise à la disposition des jeunes et des femmes vulnérables en quête d'emplois et d'activités génératrices de revenus (AGR) aurait été d'un appui à la réduction de la pauvreté, un des engagements du gouvernement contenu dans le DSRP (Document de Stratégie de Réduction de la Pauvreté) apportant par la même occasion une réponse au crucial problème de l'exode rural. Vu que les maquis et autres établissements installés aux abords des rues de nos grandes villes ne sont qu'une partie visible des effets de l'exode rural, c'est en éliminant les causes de l'exode rural que les abords des rues auraient pu être conséquemment nettoyés de toutes ces baraques, sans user de la force et sans exposer inutilement d'autres ivoiriens à la précarité. C'est pour cela que l'AIRD est solidaire des souffrances des nombreux Ivoiriens et Ivoiriennes victimes de cette opération qui aurait pu s'appuyer sur un autre agencement.

Par ailleurs, un mois après l'appel du président Alassane Dramane Ouattara au retour des exilés, l'AIRD fait le constat qu'aucune mesure concrète n'est venue accompagner cet appel. Il apparaît même qu'un sentiment de rejet réciproque se développe entre les Ivoiriens, et la direction de l'AIRD ne manque pas de marquer sa surprise devant un tel désastre pour un peuple qui a, pendant longtemps, affiché au monde entier, sa fraternité, désormais illusoire. Les propos et discours de certains leaders politiques proches du pouvoir sont toujours trahis par un esprit de haine et de caporalisation de l'opposition, esprit abusivement qualifié de vengeance, tant il est vrai que les raisons d'une telle vengeance ne sont objectivement pas fondées. Les institutions chargées de certaines enquêtes et de pans entiers de la réconciliation apparaissent plombées à la fois par leurs attributions, leur positionnement juridique et leur composition qui appellent bien des réserves. Des circonscriptions administratives entières, des quartiers et des villages continuent d'être sous le joug de supplétifs illégalement et lourdement armés.

C'est dans un tel climat que s'annoncent des élections législatives prévues avant la fin de l'année. Notant que l'élection présidentielle qui devait nous apporter la paix et la réconciliation nous a servi le tableau le plus sombre de l'histoire de la Côte d'Ivoire, l'AIRD en appelle, dans l'urgence, au nécessaire et préalable dialogue politique, seul gage d'élections justes et démocratiques et de réconciliation vraie en vue d'une paix durable pour un développement harmonieux de la Côte d'Ivoire et de toute la sous-région. Un tel dialogue qui ne pourra avoir de sens sans la libération des personnalités détenues devra déboucher sur les conditions consensuelles de l'exercice de la démocratie dans notre pays, sans diktat ni mépris, en abordant de façon responsable les questions de la sécurité, de la transparence, de la liberté, du retour des exilés et de l'Etat de droit, de l'indépendance de la Commission Electorale Indépendante (CEI), de la stabilité politique, etc.

Enfin, l'AIRD lance un appel pressant à l'ensemble des Ivoiriens et des acteurs politiques afin que pour une fois, et en raison de la gravité de la situation que vit notre pays et que ne saurait durablement cacher la force d'une communication politique, l'intérêt de la Côte d'Ivoire puisse primer dans toutes les initiatives, actions et réflexions qui seront les leurs, car il est illusoire de prétendre aimer son pays en riant des malheurs de la moitié de sa population ou en surfant sur des clichés régionalistes. La Côte d'Ivoire et ses élites n'ont pas d'autre choix que celui du courage politique.

Fait le 12 Septembre 2011.
Pour l'AIRD, le Ministre Eric KAHE, Président

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13/09/2011

Citation du jour

‟ L'ami vrai, ce n'est pas celui qui sait se pencher avec pitié sur notre souffrance; c'est celui qui sait regarder sans envie notre bonheur”

01:39 Publié dans Citation du Jour | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook | |  Imprimer | |

11/09/2011

Elections législatives

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Comment entrevoyez-vous la participation de l'AIRD et des partis membres du CNRD aux prochaines élections législatives?

Participation au débat par vos commentaires

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Soro aurait menacé de démissionner...

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Si l’on en croit les confidences de La Lettre du Continent, feuille confidentielle spécialisée sur l’Afrique basée à Paris, les relations entre Alassane Ouattara et Guillaume Soro ne sont pas un long fleuve tranquille. «D’ordinaire flegmatique, le Premier ministre Guillaume Soro a piqué une grosse colère le 7 août, allant jusqu’à menacer le chef de l’Etat de démissionner. En cause, l’emprise des Français nommés à la présidence, chargés de gérer des domaines aussi stratégiques que le budget et les projets d’infrastructures», écrit La Lettre du Continent. Qui révèle que l’homme qui irrite le plus Soro est Philippe Serey-Eiffel, ingénieur des Ponts et Chaussées qui jouerait le rôle d’un vice-président omniprésent. Soro serait allé jusqu’à écrire une note à ses conseillers les sommant de désobéir à ses injonctions. Ambiance. Eiffel n’est pas le seul. Claude Réglat, ancien patron des Forces françaises au Gabon, règne sur le domaine sécuritaire, et gère notamment le dossier délicat de l’insertion des hommes des Forces nouvelles au sein de la nouvelle armée. Tandis que la Direction du renseignement militaire (DRM) française gère directement les écoutes téléphoniques d’un régime accusé de très graves violations des droits de l’homme… «Concernant les réformes de l’administration et de la justice, Nicolas Sarkozy recherche actuellement la personnalité idoine pour remplir le job», écrit La Lettre du Continent. On croit rêver… Jusqu’où la recolonisation de la Côte d’Ivoire va-t-elle aller ?



Soro pense-t-il que les «sorciers blancs» de Ouattara sont là pour préparer un éventuel conflit ouvert avec lui, voire pour le liquider politiquement après avoir, par l’art du renseignement, bien pénétré le système dont il verrouille une partie pour demeurer indispensable aux yeux de Ouattara ? Sans doute. Moins sérieusement, on remarquera tout de même que le chef de l’Etat se méfie définitivement des Ivoiriens. Alors qu’on raconte que son premier cercle sécuritaire est composé de «coopérants» burkinabé, La Lettre du Continent nous apprend que l’alimentation d’Alassane Ouattara – le sujet est très sensible pour les chefs – sera l’affaire d’un Français du nom d’Olivier Payet, patron du restaurant de l’hôtel Tiama, que Dominique Ouattara voudrait recruter. Car c’est elle qui gère directement les recrutements. Alors que l’on nous avait assurés, en avril dernier, qu’elle «ne se mêlerait pas de tout» comme la trop politique Simone Gbagbo, mais qu’elle s’occuperait tranquillement de sa Fondation. Les promesses, on le sait, n’engagent que ceux qui y croient…

Benjamin Silué (in Le Nouveau Courrier d'Abidjan)

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10/09/2011

MANIFESTE DE L'AIRD

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Adopté par l'Assemblée Générale constitutive de l'AIRD, en octobre 2006, le Manifeste de notre Parti est plus que d'actualité dans une Côte d'Ivoire en quête de repaires...


Conscients de la mansuétude de l'éternel à l'endroit des peuples de Côte d'Ivoire dans leur diversité ethnique, culturelle et religieuse, source d'enrichissement, nous croyons en l'unicité et en la grandeur de la nation ivoirienne, démocratique, libre, fraternelle et prospère.


Victimes et témoins des meurtrissures et des pires souffrances endurées par les peuples et les populations de Côte d'Ivoire suite à la guerre, nous sommes résolument déterminés à préserver les générations futures des affres engendrées par tout conflit, notamment armé qui nous déshumanise et retarde le développement de notre pays.

A l'AIRD, nous privilégions dans notre vécu quotidien le respect de la dignité humaine, la paix, la justice, la liberté, la solidarité, la tolérance, la démocratie, la bonne gouvernance, l'intégration régionale, la coopération internationale et l'épanouissement des femmes, des jeunes, des personnes âgées ou vulnérables.

Avec la création de ce parti politique affranchi des pesanteurs sectaires et regroupant ainsi des hommes et des femmes de toutes conditions et origines, ayant en partage la promotion de la démocratie et des valeurs républicaines et citoyennes, nous n'agirons que par conviction et dans l'esprit de la primauté de la nation ivoirienne sur les intérêts individuels ou partisans.
Nous ferons partager ces diverses valeurs, auxquelles nous sommes profondément attachés et que nous défendrons avec détermination, à tous nos concitoyens.

La conquête du pouvoir d'Etat par la voie exclusive des urnes, la création de richesses par tous et au profit de chacun et la bonne gouvernance dans la modération et la concertation selon la vision d'une nouvelle dynamique de prospérité et de progrès social dans tous les secteurs d'activités, doivent contribuer au développement harmonieux et durable d'une Côte d’Ivoire respectée de tous ses partenaires.

Notre credo demeurera toujours en l'idée force que rien ne mérite d'être acquis au prix du sang. Tout peut s'obtenir par le travail acharné, le dialogue constant dans un esprit d'ouverture et d'écoute, le respect de la différence dans la cohésion.
Au nom de notre jeunesse qui a plus que jamais besoin de repères et de nouvelles espérances, qui ne soient pas seulement virtuelles, pour relever les nombreux défis et à qui nous devons laisser plus que nous n'avons reçu de nos pères, nous contribuerons à permettre à la Côte d’Ivoire de prendre part à la révolution technologique en vue de son insertion dans le concert des nations tout en restant enracinée dans les valeurs africaines.

Nous en appelons à la conscience nationale de tous les Ivoiriens pour que dans un élan patriotique de solidarité, de pardon et de réconciliation dans la vérité, nous assumions avec dignité et courage notre histoire.
Parti d'ouverture à équidistance de tous les extrêmes, l'AIRD est un espace convivial et fraternel de liberté d'expression, notamment à travers des débats disciplinés dans le dépassement de notre ego, le respect de nos différences, de nos idées et dans la tolérance puisée dans les vertus de nos traditions.

Nos compromis seront obtenus sans compromission et avec la recherche permanente, dans l'humilité, du consensus soutenu par les principes démocratiques.

L'AIRD réaffirme sa foi en une Côte d'Ivoire une et indivisible dans laquelle se perpétuent, au fil des générations, les traditions d'amour, de fraternité, d'hospitalité, de cohésion sociale et de paix.

L'AIRD, notre édifice commun, se présente comme le réceptacle de toutes les forces vives mues par ces idéaux.
Ensemble, avec un mental nouveau et conquérant, semons avec l'AIRD les graines d'une république démocratique dont le respect des valeurs et principes nous fera cueillir les fruits de la dignité, de la liberté et de l'indépendance dans un état de droit.

00:26 Publié dans 1-Manifeste de l'AIRD | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook | |  Imprimer | |

08/09/2011

DIEU NE SE TROMPE JAMAIS!!!

Savez-vous qu'il est vrai que
"DIEU NE SE TROMPE JAMAIS"!

Un roi qui ne croyait pas en la bonté de Dieu, avait un esclave qui, dans toutes les circonstance, disait: "Mon roi, ne vous découragez pas, car tout ce que Dieu fait est parfait, il ne se trompe pas!"
Un jour, ils partaient à la chasse et chemin faisant, une bête sauvage attaqua le roi. Son esclave réussit à tuer l'animal, mais n'a pu empêcher sa majesté de perdre un doigt.
Furieux et sans montrer sa gratitude pour avoir été sauvé, le noble dit: "Dieu est-il bon? S’ il était bon, je n'aurais pas été attaqué et perdu mon doigt".

L’esclave répondit seulement: "Mon roi, en dépit de toutes ces choses, je peux seulement vous dire que Dieu est bon, et IL connaît « le pourquoi » de toutes ces choses". "Ce que Dieu fait est parfait. Il ne se trompe jamais"!
Indignée par la réponse, le roi a ordonné l'arrestation de son esclave. Plus tard, il part pour une autre partie de chasse et est capturé par des hommes sauvages qui faisaient des sacrifices humains.

Devant l'autel, prêts à le sacrifier, les nobles sauvages ayant constaté que la victime n'avait pas l'un des ses doigts, a été relâché. Selon eux: il n'était pas si complet pour être offert aux dieux.

À son retour au palais, il autorisa la libération de son esclave qu’il reçut très affectueusement. "Mon cher, Dieu était vraiment bon pour moi! J’ai failli être tué par les hommes sauvages, mais par manque d’un seul doigt, on m’a lâché! Mais j'ai une question: Si Dieu est si bon, pourquoi a-t-IL permi que je te mette en prison"?

"Mon roi, si j'étais allé avec vous dans cette chasse, j’ aurais été sacrifié à votre place, parce qu’ il ne me manque aucun doigt. Par conséquent, Rappelez-vous:
tout ce que Dieu fait est parfait".

IL ne se trompe jamais! Souvent, nous nous plaignons de la vie et des choses apparemment néfastes qui nous arrivent, en oubliant que rien n'est au hasard et que tout a un but.

Chaque matin, offrez votre jour à Dieu.
Demandez à Dieu d'inspirer vos réflexions, de guider vos actes, d'apaiser vos sentiments. Et ne craignez pas. Dieu ne se trompe jamais!

Vous savez pourquoi ce message vous est destiné? Je ne sais pas, mais Dieu sait, car il ne se trompe jamais .......

Le chemin de Dieu est parfait et sa parole, sans impuretés. IL est le chemin de tous ceux qui se confient en Lui, comme Il le dit dans 2 Samuel - 22 - 31.

Sûrement que le message vous est arrivé au bon moment.
Dieu met dans votre cœur le désir d’envoyer ce message à quelqu'un.
N'ayez pas honte de l'envoyer à la bonne personne.
Dieu le sait très bien, IL sait pourquoi?
Dieu ne se trompe jamais!

QUE LA VOLONTÉ DE DIEU SE FASSE DANS VOTRE VIE ET DANS VOTRE COEUR, CHAQUE JOUR.

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04/09/2011

Déclaration du Président de l'AIRD, à l'occasion des 51 ans de la Côte d'Ivoire

Ek benevoles 04.jpg7 août 1960 - 7 août 2011. 50+1 ans d'indépendance. En ce premier anniversaire de notre marche vers le deuxième cinquantenaire de notre accession à la souveraineté nationale et internationale, que de signaux inquiétants! Alors que ne devraient résonner dans nos cœurs que le solennel souvenir de la voix du président Félix Houphouët-Boigny (FHB) et scintiller dans nos yeux l'image historique de la proclamation d'indépendance du haut du perchoir de notre Assemblée Nationale!
Ironie du sort, cette Assemblée Nationale est sur pause. Ce jour qui aurait dû être celui de notre rassemblement et de l'unité de la Nation autour du drapeau est terni par une chape de froid humain alimenté par un air de suspicion et de délation qui n’épargne personne et contraint certains ivoiriens à l'exil. Pour ne rien arranger, le dernier rapport d'Amnesty International sur la poursuite des tueries brise bien des cœurs et nous interpelle sur le devenir de notre pays, le devenir de la Nation en construction. L'incertitude et le doute habitent bien des Ivoiriens.
Pour beaucoup, le "vivre ensemble" qui aurait dû être un hymne au rassemblement et à l'union des filles et fils de ce pays est en passe de devenir un "vivre en cendres", au vu du nombre de villages et de quartiers de certaines villes en cendres.
Au chapitre des relations internationales, tout le monde s'accorde pour dire que les états n'agissent que dans le sens de leurs intérêts. A l'instar des états, les Ivoiriens ne peuvent-ils se donner les ressorts du sursaut?

Si la fille aînée de l'Eglise Catholique a pu se laisser accuser, sous un régime socialiste, de soutenir le génocide hutu, est-ce nos quelques milliers de morts qui vont l'émouvoir au point d'en appeler au nécessaire dialogue politique en Côte d'Ivoire? Quelle que soit la réponse à cette question, nous devons nous convaincre que nous sommes désormais seuls face à notre destin. Il sera ce que nous voudrions qu'il soit.
Nous pouvons et devons transformer nos relations qui sont hélas actuellement de sang et de cendres. Les premières responsabilités incombent aux leaders politiques et le président Laurent Gbagbo a déjà proposé son approche en indiquant que la dimension militaire étant terminée, nous devons aller aux discussions politiques. Cette initiative relève désormais de la volonté de celles et ceux qui sont au pouvoir, sous l'encadrement éventuel de l'Onu.

Certes, la tentation sera grande pour les partisans du nouveau régime de prôner la ligne de la fermeté. Il leur sera aussi loisible de feindre de ne pas voir les crimes et autres exactions de tous genres dans la conquête d'Abidjan, de l'Ouest, etc. Il y a aussi l'option des emprisonnements tous azimuts de tous ceux qui ont été associés d'une manière ou d'une autre à l'exercice du pouvoir postélectoral, en attendant sans doute une des 4 prochaines fêtes nationales pour un geste de grâce.

Dans ces différentes postures, se trouve le plus grand danger de notre avenir qui s'exposerait alors à une poudrière généralisée. Une poudrière avec ses ramifications devant chaque porte. Tout leader qui manque de courage politique ne peut rentrer dans l'Histoire. Jamais les portes de l'Histoire n'ont été aussi grandement ouvertes à chaque Ivoirien et plus singulièrement aux tenants du pouvoir, mais aussi à chaque Ivoirien.
S'il est de bonne guerre pour les pouvoirs de minimiser ou feindre d'ignorer les risques de déflagration future, il nous appartient, société civile et opposition républicaine, de donner l'alerte. Chacun avec sa sensibilité, sans jamais s'écarter de l'essentiel qui est de sauver la Côte d'Ivoire. Telle est la mission de l'Alliance Ivoirienne pour la République et la Démocratie (AIRD) qui n'oublie pas la nécessaire libération de ceux qui sont emprisonnés pour avoir, de bonne foi, respecté un arrêt du Conseil Constitutionnel sans la caution duquel les nouvelles autorités, elles mêmes, n'auraient eu de base légale. Cette libération devient une exigence morale et politique qui ne porte nullement atteinte au besoin de justice. En effet, bon nombre de ceux qui sont détenus aujourd'hui ont agi dans le cadre d'un arrêt de justice, les décisions du Conseil Constitutionnel, qui s'imposent à tous.

Dès lors que toute la classe politique est finalement d'accord sur la nécessité démocratique d'un "parlement critique", il faudra aussi que cette exigence soit connue et acceptée des auteurs des exactions dénoncées par les organisations de défense des droits de l'homme, lesquels auteurs semblent ne pas pouvoir s'accommoder du droit à la différence et qui tuent pour le port d'un T-shirt d'un adversaire politique.
Un pays dont les populations, notamment les leaders politiques, les cadres et même les artistes sont en exil ne peut rassurer ni investisseurs, ni touristes. Le dire c'est aimer son pays. Un pays dans lequel des citoyens rient des malheurs d'autres citoyens, n'est pas une Nation. La Côte d'Ivoire a sans doute besoin d'argent. Mais elle a plus que besoin de paix et d'être une Nation. Nous devons briser nos chaînes du tribalisme. Cela commence par nous reconnaître tribalistes. C'est le sachant que les autres l'utilisent pour nous diviser afin de mieux nous asservir, au détriment des intérêts de nos populations ainsi spoliés de leurs richesses.

C'est en reconnaissant aux populations victimes, de toute localité, de toute région et de toute obédience politique le tort à elles causé, que l'on les détournera de la tentation de vengeance car l'on aura remarqué que chaque épisode de violences politiques impunies est suivi d'un autre épisode au bilan plus catastrophique et donc d'un plus grand désir de vengeance d'une partie de la population.
S'il est vrai qu'il faut du temps pour panser les plaies de la Côte d'Ivoire, il urge alors de ne pas en ouvrir de nouvelles. Notre paix doit se bâtir donc sur une trêve des intelligences et non sur une politique de l'autruche qui risque de cristalliser les rancœurs, encore moins d'une justice post-conflit entièrement à la solde et aux ordres des vainqueurs. Si FHB qui est notre référence historique a imprimé sous son règne un rythme de paix à ce pays et a pu jouir d'une longévité politique, c'est sans doute parce qu'il a su, aux moments nécessaires, oxygéner la marmite, notamment par les séances du Dialogue National. Il a aussi fait droit aux victimes des graves accidents de parcours, comme ceux des "complots de 1963".

Encore que dans son cas, FHB disposait du temps pour agir plus tard. Ce n'est plus le cas des régimes de notre époque où la limitation du mandat et la sanction populaire ne permettent de tabler au mieux que sur 10 ans, sinon sur 5. Dans 4 mois, une année aura été déjà consommée. Il ne restera au mieux que 3, la dernière année étant électorale.
Devant le risque de la tentation pour les extrémistes du pouvoir actuel de profiter de la période du traumatisme des défaits pour leur liquidation politique, l'AIRD doit, au sein du CNRD, prendre sa part d'audace, avec son enracinement républicain qu'on lui connaît et inviter tous les Ivoiriens à une lucidité nationale. Avec la conviction désintéressée de servir le pays, la défense de la liberté, la préservation des droits acquis grâce à l'engagement de nos devanciers, parmi lesquels Laurent Gbagbo à qui tous reconnaissent son combat pour la démocratie et qui reste, qu'on le veuille ou non, une partie de notre Patrimoine. D'autres ont, devant eux, les larges voies de l'autoroute de l'Histoire dans laquelle ils ne pourront s'inscrire que par leurs résultats, par leurs actes car pour l'Histoire, les intentions ou les déclarations d'intentions ne suffisent pas. Notre Forum National en a été une preuve.


05 Août 2011.

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Déclaration du 25 juillet 2011, du Ministre Eric KAHE, président de l'AIRD

Déclaration du président de l'AIRD.

Depuis un certain temps, des militants LMP de l'Alliance Ivoirienne pour la République et la Démocratie (AIRD) et certains de mes proches parents sont traqués, notamment à Duékoué, ma région natale. Alors que les motifs nous étaient inconnus au départ, il nous revient maintenant que cette traque répondrait à un besoin de récupérer des armes que j'aurais distribuées, alors que le même motif a servi de prétexte aux pillages à grande échelle, sur deux jours, de ma ferme agro-pastorale et hôtelière qui abrite ma résidence, sans trace de la moindre cartouche, du moindre fusil de chasse, après des fouilles de fond en comble.
Je voudrais à nouveau m'incliner, avec respect, devant la mémoire de tous ceux qui, moins chanceux que nous, ont perdu la vie.
Déjà, j'ai officiellement saisi le Représentant Spécial du SG de l'ONU en Côte d'Ivoire pour élever la protestation la plus vive, suite à un rapport (non officiel?) et faire part de ma profonde indignation face à de prétendus témoignages et des dénonciations calomnieuses dont l'objectif est de justifier des crimes abominables de sang et des crimes économiques dont les populations de Duékoué, mes parents et moi même avons été victimes. Sous la pression des organisations de défense des droits de l'homme, les auteurs et complices de ces crimes, par des témoignages ridicules et fallacieux semblent viser divers objectifs: se démarquer d'alliés encombrants tout en justifiant leurs actes comme la suite logique de faits postérieurs.
Nonobstant l'impérieuse nécessité de réconciliation au nom de laquelle j'ai jusque là gardé le silence, réconciliation qui ne saurait par contre "être un slogan" ou des actions de réjouissance populaire sans contenu exact, je voudrais rappeler que le faux témoignage est passible de poursuites judiciaires.
Au nom des valeurs morales que nous avons en partage, je voudrais humblement inviter celles ou ceux qui sont à la base de ces dénonciations calomnieuses, qui induisent en erreur et mettent en péril la vie d'innocentes personnes, à cesser de telles pratiques. Il n'y a aucune honte à se détourner du mal ou à reconnaître que l'on s'est trompé, surtout quand est en cause la vie de ceux qui, à défaut d'être des électeurs, sont tout au moins des frères ou des sœurs.
Pour ma part, suite aux méchants pillages dont j'ai été victime et sous le choc des nombreuses pertes de proches, j'ai dû me résoudre à prospecter d'autres cieux en quête des moyens nécessaires à mes devoirs incompressibles. Le moment venu, je retournerai auprès des miens, auprès des Ivoiriens, pour compatir à leurs souffrances et partager avec eux notre idéal commun de fraternité, de solidarité, de justice et de paix, dans l'Amour et les Grâces de Dieu, pour en quelque sorte reprendre ma place et non celle de quiconque. Je me refuse à tomber dans le piège de la spirale de la violence, de la rancœur et de la vengeance. Et je n'ai pas l'intention, non plus, de céder à un quelconque chantage, sur fond d'ambitions locales.
Autant je suis prêt à répondre des actes que j'aurais eu à poser dans le cadre de mes fonctions de ministre du Commerce, puis de la Réforme Administrative et de celles de Conseiller Spécial du Président de la République, de président de l'AIRD ou de porte parole du CNRD, autant je ne puis accepter que l'on puisse réduire à néant mes constants efforts de rassemblement, de promotion des valeurs républicaines et de cohésion sociale ou m'inviter à me renier. Celui qui triomphe par son refus de reniement ne peut que haïr le reniement, conscient que le reniement par le ralliement de la 25ème heure est toujours un piège. Croire servir un chef par ce qu'il a lui-même rejeté hier, c'est mal le servir. L'on peut être soi même, rester fidèle à ses convictions et à ses amitiés et servir la République, dans le strict respect de ses fondements. Compagnon de Djény Kobéna avec qui j'ai partagé bien des combats, je milite à LMP sans en être jamais inquiété.
Si dans le cadre des fonctions évoquées plus haut, j'ai pu offenser, nuire à quelqu'un ou à la Côte d'Ivoire, je voudrais solennellement demander pardon. Mais de grâce, et prenant la nation à témoin, que des allégations mensongères bâties sur des extrapolations n'associent guère mon image à des activités liées de près ou de loin à des milices ou à des armes. L'honneur d'un homme n'est pas à brader.
La première responsabilité d'une femme ou d'un homme politique, d'un groupement politique ou même d'un peuple c'est d'assumer, d'assumer ses actes, d'assumer son histoire. La nôtre est celle de nos 322 mille km². Celle de nos 60 ethnies, de notre géopolitique, de notre tribalisme rampant mais jamais avoué, de nos choix de développement économique et social, de notre usage de la religion et du tribalisme à des fins politiques, de notre ouverture incontrôlée suivie de notre besoin de souveraineté, de notre politique du pardon et du dialogue ou encore de nos accords politiques qui se sont parfois mués en immunité et en impunité, de nos forêts séparées de nos savanes par le "V" baoulé, etc.
Même si, par extraordinaire, nous n'aurions rien à assumer, assumons au moins le destin. C'est en assumant que nous découvrirons sans doute que le futur dirigeant des Ivoiriens doit se doter du charisme démocratique et du courage des uns doublé du carnet d'adresses et de la détermination des autres. Peut-être aura-t-il besoin de la sagesse de notre plus vieil appareil! Il n'a pas besoin, pour cela de se renier. Les va-t-en guerre n'ont aucune place dans la Côte d'Ivoire de demain. Une dernière prière: merci de bien lire cette déclaration avant de la juger, librement.

Eric KAHE
Le 25 juillet 2011.



















































































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