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23.04.2012

FONCIER en COTE D'IVOIRE: QUE S'OUVRE LE DÉBAT

 

Au soir du 1er tour de l'élection présidentielle française du 22 avril 2012 qui place François Hollande en tête, par ailleurs super favori des sondages au 2ème tour, l'AFP a publié la dépêche ci-dessous. Nous vous invitons à la lire, afin que s'ouvre le débat sur le Foncier rural en Côte d'Ivoire.:

Un an après avoir connu les tueries de la crise postélectorale, l'Ouest de la Côte d'Ivoire reste en proie à de vives tensions intercommunautaires liées au sol: "la pression sur nos terres peut déclencher une autre guerre", avertit le chef du village de Niambly. "Est-ce parce que Dieu nous a donné des terres si riches que nous sommes chaque fois meurtris, persécutés, pourchassés?", lance le chef Patrice Sanhan, 60 ans, entouré de ses notables à l'ombre d'un manguier dans la cour de sa maison. Il évoque une "malédiction".

Niambly est un gros village de planteurs aux maisons de banco (terre séchée) ou de briques, au cœur de la forêt de l'Ouest. La région est visitée depuis ce week-end par le président Alassane Ouattara, qui doit conclure son périple lundi à Duékoué, théâtre des pires tueries de la crise de décembre 2010-avril 2011 (quelque 3.000 morts au total dans le pays), par suite des rivalités politiques, des tensions ethniques et des litiges fonciers.

On cultive à Niambly (6 km au sud de Duékoué), comme dans tout l'Ouest, riz, maïs, hévéa et cacao dont le pays est premier producteur mondial. Les riches sols ont attiré des Baoulé (ethnie du Centre), des Dioula du Nord mais aussi des Burkinabè et des Maliens, aux côtés des autochtones guéré. "Ce n'est pas parce qu'on a accepté de vivre avec nos frères burkinabè qu'ils doivent être propriétaires de nos terres", s'insurge Patrice Sanhan.

Les Burkinabè, les "allogènes" comme on dit ici, sont accusés par les Guéré d'occuper illégalement leurs terres, des litiges qui débouchent depuis des années sur des violences dans toute la zone. Selon le chef de Niambly, "il est vital de désamorcer la bombe foncière" alors que "des cars remplis de Burkinabè arrivent chaque jour" dans la région.

 "Déclaration de guerre"

Ces tensions ont été aiguisées par la crise postélectorale: les partisans du président déchu Laurent Gbagbo étaient nombreux parmi les Guéré, face aux autres communautés, largement pro-Ouattara.

Beaucoup de Guéré avaient fui le village pendant les troubles et certains ont encore peur de regagner leurs champs, selon eux souvent occupés à présent par leurs anciens ouvriers "allogènes". Des craintes balayées par leurs voisins.

A Niambly, le quartier des "allogènes" est séparé de celui des Guéré par la route principale. C'est là que vit Georges Souli, petit commerçant burkinabè de 30 ans. Au milieu de sacs de riz et de bidons d'huile, il reproche aux Guéré de manquer à "la parole donnée", ce qui expliquerait pour lui de nombreux conflits. "Ce sont les mêmes qui vous cèdent les terres et veulent vous en déposséder quelques années après", affirme-t-il. Près de lui, plusieurs de ses compatriotes acquiescent.

Sans état d'âme, il oppose l'immigré "travailleur" à l'Ivoirien du cru, le "forestier paresseux" et "jaloux" des "fruits de notre labeur, nos motos, nos vélos", reprenant une distinction qui a la vie dure et dont le romancier ivoirien Venance Konan a tiré un parti humoristique dans ses livres ("Robert et les Catapila", notamment).

Chaussé de bottes et machette en main, Michel Kaboré revient de sa plantation de cacao. Ce Burkinabè met en garde: "tenter de nous retirer les terres serait considéré comme une déclaration de guerre".

De l'avis général, une régularisation des actes de vente par l'administration pourrait résoudre bien des problèmes. Un "comité de règlement des litiges fonciers", dirigé par le préfet et composé des chefs locaux, vient d'ailleurs d'être créé dans le département.

A chaque étape de sa visite dans l'Ouest, le président Ouattara vient parler réconciliation et développement, mais ces défis seront difficiles à relever si le problème des terres n'est pas traité. La question sera en tête des dossiers qui attendent la nouvelle Assemblée nationale. Elle ouvre ses travaux la semaine prochaine.

 A vos commentaires, libres et constructifs

 

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François Hollande en tête du 1er tour ... 2 candidats "anti-système" se positionnent

PARIS (Reuters) – Le second tourde l'élection présidentielle française opposera le 6 mai le socialiste FrançoisHollande, en tête dimanche à l'issue du premier tour, à Nicolas Sarkozy, qui juge que rien n'est joué malgré une réserve de voix incertaine.

Le député de Corrèze était donné gagnant dimanche soir par cinq instituts de sondage, qui lui prédisent un score allant de 53 à 56% au deuxième tour.

Fait marquant de cette première manche, la candidate du Front national, Marine Le Pen, qui menait à 43 ans sa première campagne dans le sillage de son père, signe le meilleur score présidentiel de l'extrême droite sous la Ve République avec 18,2% des suffrages, soit près du double de Jean-Marie Le Pen en 2007, selon les chiffres du ministère de l'Intérieur après dépouillement de 95% des bulletins de vote.

Une percée plus notable qu'attendu à rapprocher de la poussée des partis d'extrême droite dans plusieurs autres pays européens face à une crise économique aiguë.

"La bataille de France ne fait que commencer. Rien ne sera plus comme avant. (...) Il ne s'agit là que d'un début", a déclaré la présidente du FN lors d'un discours à Paris. "La vague bleu marine fait trembler le système", a-t-elle souligné.

Le député de Corrèze François Hollande, qui ambitionne de ramener la gauche au pouvoir en France 31 ans après la victoire de François Mitterrand, obtient 28,46% des suffrages exprimés devant Nicolas Sarkozy (27,06%), selon l'Intérieur.

"Au terme de ce premier tour, je suis le candidat du rassemblement pour le changement. Ce rassemblement doit être le plus large possible", a déclaré François Hollande dans son fief de Tulle (Corrèze), en saluant nommément Jean-Luc Mélenchon et l'écologiste Eva Joly qui ont appelé à voter en sa faveur sans négociation.


SARKOZY PROPOSE TROIS DÉBATS À HOLLANDE

C'est la première fois sous la Ve République qu'un chef de l'Etat sortant n'est pas en tête à l'issue du premier tour. Le scénario du second tour n'en est pas pour autant écrit.

François Mitterrand l'avait par exemple emporté en 1981 après avoir été deuxième à l'issue du premier tour et ayant été éliminé en 1974 après avoir devancé Valéry Giscard d'Estaing.

Dans le camp présidentiel, on estime que "rien n'est joué", pour reprendre les termes du Premier ministre François Fillon.

"Les deux candidats sont maintenant un devoir de vérité et un devoir de courage", a déclaré Nicolas Sarkozy lors d'un discours à la Mutualité, à Paris.

"Le moment crucial est venu, celui de la confrontation des projets", a-t-il poursuivi, appelant à trois débats avec son adversaire socialiste, dont il a fustigé "la fuite en avant dans les dépenses publiques sans aucun contrôle".

Ce dernier a répondu depuis Tulle qu'il ne souhaitait toujours qu'un seul débat avec le président sortant.

Cinq ans après un scrutin présidentiel marqué par une participation exceptionnelle au premier tour (83,77%), les 44,5 millions d'électeurs appelés aux urnes se sont fortement mobilisés, au-delà de 80%, démentant des enquêtes alarmantes sur l'abstention et une désaffection supposée envers la politique.

Marine Le Pen réussit donc le pari d'obtenir la troisième place, dépassant le score qui avait permis à son père de se qualifier le 21 avril 2002 pour le second tour (16,86%). "Une soirée historique" pour le FN.


BAYROU PRENDRA SES "RESPONSABILITÉS"

Un temps considéré comme "le troisième homme" possible du scrutin par les instituts de sondage, le candidat du Front de gauche, Jean-Luc Mélenchon, qui vivait lui aussi son baptême du feu électoral, échoue à détrôner le FN.

Dans la bataille du "front contre front", le député européen recueille 11% des voix, une déception pour le trublion à la cravate rouge qui dispose toutefois d'un ascendant notable pour peser dans l'entre-deux-tours et au-delà.

"C'est nous qui avons les clés du résultat", a lancé Jean-Luc Mélenchon devant ses militants sur la place de Stalingrad, à Paris, appelant à "tourner la page des années Sarkozy". "A cette heure, en conscience, il n'y a rien à négocier", a-t-il ajouté.

Marine Le Pen se prononcera pour sa part le 1er mai lors d'un discours place de l'Opéra à Paris, à l'occasion de la fête de Jeanne d'Arc, a précisé Louis Aliot.

Selon les projections, les reports de voix FN vers l'UMP au second tour sont plus mauvais qu'en 2007, ce qui obère les chances de réélection de Nicolas Sarkozy, qui avait obtenu 31,18% des voix au premier tour il y a cinq ans en captant une bonne part de l'électorat frontiste.

Cette année, moins d'un électeur de Marine Le Pen sur deux serait prêt à se prononcer pour le chef de l'Etat sortant, qui avait pourtant tenté une nouvelle entreprise de séduction.

Signe d'une élection dite de "crise", deux candidats "anti-système" se placent ainsi dans le quatuor de tête.

Le centriste François Bayrou fait les frais de cette recomposition politique. Troisième en 2007 avec 18,57% des voix, le président du Mouvement Démocrate (MoDem) est relégué en cinquième position 9,1 % des voix. "C'est un résultat décevant. (...) On a vécu une campagne consternante", a commenté sur TF1 Marielle de Sarnez, sa conseillère politique.

Le député béarnais, qui entend rassembler la diaspora centriste au lendemain du 6 mai, n'a pas dévoilé pour l'heure ses intentions pour l'entre-deux-tours - consigne de vote, ou pas, comme en 2007. Il a annoncé qu'il prendrait ses responsabilités après avoir écouté les réponses des deux finalistes en termes de "valeurs" et d'"action à conduire".


La candidate écologiste Eva Joly ne recueille que 2,2% des voix, mieux que Dominique Voynet en 2007 (1,57%) mais loin du meilleur score présidentiel des Verts : Noël Mamère avec 5,25% des voix en 2002. "Le score du FN est une tache sur les valeurs de notre démocratie, un avertissement pour chaque responsable", a-t-elle estimé.


Les candidats d'extrême gauche Philippe Poutou (NPA) et Nathalie Arthaud (Lutte ouvrière) obtiennent près de 3% à eux deux. Le souverainiste Nicolas Dupont-Aignan, président de "Debout la République", est crédité d'environ 1,81%.

 

Sophie Louet, édité par Yves Clarisse

05:45 | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | |  Facebook | |  Imprimer | |

15.04.2012

Eric Kahé et le 11 Avril: "Duékoué, ma douleur..."

 

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Le 11 avril ce n'est seulement une date. C'est toute l'histoire et l'avenir d'un pays.

Le 11 avril, c'est d'abord le 28 mars avec la descente des FRCI sur Duékoué accompagnée de violents pillages et du carnage dont j'ai encore la chair de poule. Ce sont trois semaines de communications avec des populations et des parents refugiés en brousse, sans nourriture ni chauffage, vivant de tubercules et fruits sauvages et traqués par des Dozos qui tiraient sur eux comme des lapins. 

Le 11 avril ce sont les pleurs d'adultes, entre le 28 mars et le 15 avril, qui résonnent encore dans mes oreilles. Ce sont des femmes et des enfants, en brousse avec un seul vêtement ou même presque nus. Cachés dans les forêts de sommet de montagne ou sur les flancs si ce n'est dans les grottes, ils ont dépassés par les évènements et ne comprennent pas la cruauté qu'ils subissent, incapables de pointer le nez dans un sentier. Pour beaucoup, le cauchemar n'a pas de nom et l'issue semble sans issue. 

Le 11 avril, c'est le souvenir du quartier Carrefour de Duékoué, c'est Guitrozon, Pinhou, Bagé "B", Fengolo, Guézon, Adzopé, Daloa, Yakro, le Zanzan, Guiglo, Toulepleu et tant d'autres localités, etc. Ce sont des appels au secours pour lesquels je suis d'une impuissance qui en ajoute à mes peines et douleurs.
Seul un ami mien, avec qui je partage une commune Foi en Jésus-Christ relaie sur les chaînes internationales et sur son blog ces terribles informations au fur et à mesure qu'elles sont portées à ma connaissance. Me sachant incapable de lui mentir, il dira tout sur les massacres de Duékoué, comme s'il y était et la suite ne nous a pas fait mentir... La première description géographique du quartier "Carrefour", c'est lui.

Le 11 avril c'est un homme impuissant, brisé, informé de graves détresses et d'exactions inhumaines et appelant à son tour des secours qui ne se manifestent pas. C'est la crainte de voir les téléphones portables des survivants se décharger et me mettre dans une position de ne plus pouvoir communiquer avec eux. De sorte que mon premier reflexe est de leur faire éteindre tous les portables sur une zone de cachette et de ne communiquer que sur un seul. Une fois cette batterie épuisée on passe à un autre portable avec la même puce. Ce sont les exécutions sommaires dans de nombreux villages de l'Ouest et presque partout en Côte d'Ivoire. La vie humaine naguère si sacrée a alors moins de valeur que celle d'un poulet. La longue liste des décès annoncés au fur et à mesure. L'impression d'être dans un cauchemar sans fin.

Le 11 avril, c'est un homme qui quitte son domicile d'Abidjan le 30 mars pour une réunion et qui n'y est jamais retourné. Commence alors une longue errance à la recherche d'un toit pour passer la nuit du 30 mars, ma famille ayant fui les bombardements pour me rejoindre dans la rue. Oui, surréaliste mais dans la rue. Très tard dans la nuit, je trouve refuge, coincé avec ma famille dans un studio donnant directement sur une rue en Zone 4. Je vais rester cloîtré dans ce studio sans jamais voir le soleil, du 30 mars au 15 avril, moralement incapable d'abandonner le président Laurent Gbagbo sous les bombardements et quitter Abidjan. 

Le 11 avril, c'est un homme exténué, vidé de tout influx nerveux pour être passé par toutes sortes d'émotions. C'est la peur d'une agression, notamment sexuelle sur les enfants, et craignant de manquer à tout moment d'eau ou de nourriture pour des gamins. C'est assister en direct par téléphone aux pillages de longues années de travail, sous prétexte que ce sont les biens de l'Etat. Des montagnes entourant Guitrozon, les jeunes décrivaient la rotation des camions entiers de transport affectés aux pillages. C'est le souvenir de mon oncle Nahi Doh, abattu à bout portant par ceux qui voulaient emporter mon cheptel. 

Le 11 avril est aussi pour moi, le souvenir de ma fillette qui m'arrose d'eau quand je tombe dans les pommes à la description des massacres du quartier Carrefour de Duékoué. Devoir s'occuper de son père à 9 ans! Et pourtant, nous avions tout fait pour cacher notre désarroi aux enfants. Etre en vie relève de la grâce de Jésus Christ, même si des serviteurs de Dieu ont subitement choisi de me renier, au nom des intérêts de leur pays.

Le 11 avril c'est cette image de l'arrestation du président Laurent Gbagbo devant laquelle toute la famille s'est effondrée. Si la loyauté et la fidélité sont des qualités, alors les nôtres lui sont garanties. 

Car le 11 avril c'est aussi le 7 avril, 30ème anniversaire du TGV. Ce jour est marqué sur les chaînes françaises, par les témoignages poignants de fidélité de Guy Labertit à Laurent Gbagbo. Sous les bombes assourdissantes qui illuminaient le ciel abidjanais, je savais la cause entendue et perdue mais un homme avait conquis mon cœur, sans compter l'héroïsme émouvant et la fidélité des collaborateurs immédiats du Chef.

L'entreprise de mon épouse réussira à l'exfiltrer avec les enfants le 13 avril pour une capitale de la sous-région où je ne me sentais malheureusement pas le bienvenu. Les persuader de partir a été extrêmement difficile puisqu'ils étaient ma couverture. Avec ma réserve d'eau et de biscuits, je les ai suppliés de partir après le premier départ refusé afin cela me laisse les coudées plus franches. En plus, c'est moi qui avais la responsabilté de mon engagement politique et non eux...

Le 11 avril, c'est une sortie miraculeuse d'Abidjan le 15 avril grâce à cet appel miraculeux, la veille, d'un homme dont j'avais du mal à reconnaître la voix et qui me demande de lui faire confiance. C'est quand je suis hors du pays qu'il décline son identité, ayant agi pour le compte d'un aîné qui a pensé à moi dans cet océan de sollicitations.

Le 11 avril, ce sont ces questions qu'on ne finit pas de se poser: pourquoi, comment, pour qui, jusqu'où, jusques à quand? Comment, pourquoi des organisations naguère si crédibles à nos yeux ont-elles pu s'installer dans le mensonge et le complot?

Le 11 avril c'est déjà un an d'exil auquel je n'étais guère préparé mais tout au long duquel j'ai pu expérimenter l'amour de Dieu. C'est enfin des hommes et des femmes, majoritairement victimes, de qui l'on attend qu'ils se repentent pour des fautes qu'il n'ont jamais commises, les opinions politiques et la relative réussite sociale à la force du poignet ne pouvant être des délits. 

Le 11 avril, c'est surtout un homme prêt au pardon et à la réconciliation dans la dignité. Devant l'immense besoin de réconciliation en pansant sincèrement les plaies, je prie Dieu qu'il touche le cœur de chacun. Pour que cesse les comportements de revanchards – de quoi d'ailleurs?- et qu'ensemble nous puissions regarder avec réalisme la situation catastrophique du pays et entamer un nouveau départ.

Eric KAHE, Président de l'AIRD

11 avril 2012 - En mémoire de mon oncle Nahi Doho (Extrême droite sur la photo) et de tous les disparus du "11 avril"

20.02.2012

Déclaration du 18/02/2012 de l'AIRD relative aux violences dans le pays

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Alors que la CAN était présentée comme une occasion de réconciliation entre les Ivoiriens, c'est au lendemain de la brillante participation des "Eléphants" que la Côte d'Ivoire est traversée par un vent de violences contre les populations, d'est en ouest, notamment à Arrah impliquant des éléments des Forces Républicaines de Côte d'Ivoire (FRCI) et à Kouibly avec l'attaque d'un village ivoirien par des ressortissants Burkinabé en représailles, croit-on, à une action de coupeurs de route. Ces violences ont, comme à l'accoutumée macabre, fait de nombreuses et innocentes victimes.

L'Alliance Ivoirienne pour la République et la Démocratie (AIRD) s'incline avec respect devant la mémoire des victimes de tous bords et présente ses condoléances aux familles à nouveau éplorées et souhaite un prompt rétablissement aux blessés. L'AIRD note, qu'à l'exception de Vavoua où des violences, ayant opposé des FRCI à des populations nordistes ont fait l'objet de condamnation ferme de la part du régime avec annonce de mesures, les autres violences et exactions qui interviennent si régulièrement entre les FRCI et les populations non nordistes semblent faire l'objet d'une autre gestion.

Le silence du pouvoir ou les justifications tantôt partisanes, tantôt complaisantes de certains membres du gouvernement sont malheureusement interprétés par les auteurs de ces violences et exactions comme une caution. Or, ces violences prétendument présentées comme des actions de représailles, ou de vengeance par rapport à un passé plus ou moins lointain, ou même de soutien ethnique au régime ne sont que des prétextes aux pillages et aux vols, portant ainsi un coup à l'économie nationale, à la réconciliation nationale et à la paix. Notre pays rentre sournoisement dans un système de braquages à ciel ouvert: braquages politiques, braquages économiques, braquages culturels et intellectuels, etc.

Certes le contexte est particulier et inédit, mais dans un climat politique à plusieurs centres de décisions, où le chantage le dispute à la peur, seuls le courage et le sens des responsabilités nationales et collectives conduisent au succès. Le pouvoir ivoirien ne peut en faire l'économie, au risque de s'auto désintégrer. Ce n'est ni par l'émission de mandats d'arrêt internationaux contre ceux qui osent s'exprimer sur la grave situation du pays, ni par le soutien des puissances étrangères, ni par le canal des organisations sous-régionales dont la direction n'a jamais été convoitée par le président Félix Houphouët-Boigny (FHB) que la réconciliation interviendra en Côte d'Ivoire, même si l'AIRD félicite le Chef de l'Etat pour ses nouvelles responsabilités au sein de la CEDEAO.

L'AIRD, dont de nombreux militants sont originaires du Nord, s'inquiète de la dangereuse dérive ethnique qui ne profite qu'à une minorité mais dont l'écrasante majorité des Nordistes qui la désapprouve en silence pourrait faire les frais. En effet, il est dangereux de constater que la politique politicienne semble de plus en plus faire percevoir une région et une religion comme les ennemis de toutes les autres régions et religions du pays, alors que le régime était attendu sur la mise en œuvre du "vivre ensemble".

D'ores et déjà, l'AIRD, membre fondateur du CNRD, invite les Ivoiriens au discernement, au dépassement, à la tolérance, au pardon, à l'amour vigilant et à l'unité nationale devant l'accumulation grandissante des ingrédients d'une guerre civile.

L'AIRD remercie et félicite tous les responsables politiques qui, y compris au sein du RHDP, élèvent avec courage et sincérité la voix pour désamorcer l'orage qui se profile à l'horizon.

Enfin, l'AIRD réitère son invitation au chef de l'état et au gouvernement à la prise des mesures urgentes et idoines en vue de l'apaisement, à commencer par la condamnation sans équivoque de la violence de leurs partisans et par un dialogue républicain inclusif auquel n'ont de cesse de les inviter la communauté nationale et internationale, entendu qu'un choix politique ou un vote en faveur du président Laurent Gbagbo ne sauraient être des fautes à expier toute la vie.

Fait à Abidjan le 18 Février 2012 - La Direction de l'AIRD.

 

22.01.2012

Déclaration de la Direction de l'AIRD suite aux évènements de Yopougon

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Le 21 janvier 2012, le Front Populaire Ivoirine (FPI), parti politique fondé par le président Laurent Gbagbo, a organisé son meeting de rentrée politique à Yopougon, place FICGAYO. L'Alliance Ivoirienne pour la République et la Démocratie (AIRD), alliée du FPI au sein du Congrès National de la Résistance pour la Démocratie (CNRD) a naturellement appelé ses cadres, militants et sympathisants à se mobiliser pour participer à ce grand rassemblement pacifique régulièrement autorisé par le Gouvernement.

Malheureusement, cette activité politique banale qui participe de la vie démocratique qui n'a de sens sans la liberté de rassemblement et d'expression, a été violemment agressée et sabotée par des individus présentés comme des militants du RDR, le parti présidé par le chef de l'Etat Alassane Ouattara. Alors même qu'aucun propos ou acte d'atteinte aux valeurs républicaines n'a été tenu ou posé depuis l'annonce de ce meeting ni sur le lieu de l'activité.

Outre les pillages des biens privés, le vol et les destructions des chaises et équipements logistiques de la manifestation, on dénombre des morts et une cinquantaine de blessés dont des cas graves. Plusieurs militants de l'AIRD figurent parmi les victimes de cette barbarie. De sources diplomatiques concordantes et selon certaines organisations de défense de droits de l'Homme, les agresseurs qui seraient des partisans du régime ont lancé par vagues successives des pierres aux manifestants réunis dans la discipline.

La direction de l'AIRD:

- s'incline respectueusement devant les martyrs de la quête démocratique et présente ses vœux de prompt rétablissement aux blessés auprès desquels elle se tient;

- exprime sa préoccupation et sa profonde indignation devant ces actes récurrents de violence et de graves atteintes aux droits humains et à la liberté d'expression contre l'opposition politique en Côte d'Ivoire depuis l'avènement du nouveau régime et qui annihilent les avancées démocratiques, hypothèquent dangereusement la stabilité politique, la paix et la cohésion sociales;

- déplore et condamne cette situation qui traduit la faillite de l'état et la démission de fait du gouvernement qui tolère l'utilisation permanente et inadmissible de la violence tantôt par les Forces Républicaines de Côte d'Ivoire (FRCI) ou leurs supplétifs, tantôt par les partisans du pouvoir ivoirien.

L'AIRD s'insurge contre la violence, l'extrémisme et la politique de haine contre l'opposition plurielle et appelle à la cessation immédiate de ces actes qui desservent l'appel à la réconciliation nationale et l'image du chef de l'Etat, président du RDR, tout en rendant ses engagements, en faveur d'un état de droit, de moins en moins lisibles, affectant ainsi négativement l'image de notre pays. Faute de quoi, le gouvernement devra en tirer l'unique conséquence minimale qui ne peut être que sa démission.

Fait à Abidjan le 21 janvier 2012
La Direction de l'Aird.

02.01.2012

Voeux 2012 de l'AIRD aux Ivoiriens

Aird_note01.jpgVœux de l'Alliance Ivoirienne pour la République et la Démocratie (AIRD) aux Ivoiriens.

A l'aube de la nouvelle année, force est de constater qu'en plus de 50 ans d'existence, la Côte d'Ivoire a la particularité de n'avoir jamais vu de passation de service entre un Président de la République sortant et le rentrant. Ni entre les Présidents FHB et Konan Bédié (pour des raisons évidentes), ni entre les Présidents Bédié et Gueï, ni entre les Présidents Gueï et Laurent Gbagbo, encore moins entre ce dernier et l'actuel Président. En Côte d'Ivoire, à une exception près où la Constitution a prévalu sous le regard bienveillant de la tutelle, si ce n'est la rue, ce sont les armes qui décident de la succession.

Suite à la crise postélectorale qui n'a pas échappé à cette logique successorale, la situation socio politique ivoirienne est une pyramide de prises en otage et de chantage. Du sommet à la base, chaque supérieur hiérarchique est l'otage de ses subalternes.

De telle sorte que l'année 2011 dont la fin pointe, aura été celle des pires souffrances des Ivoiriens avec en prime une grave situation sécuritaire, une fracture sociale d'un niveau jamais atteint, des arrestations et emprisonnements, des violations récurrentes des droits de l'Homme, des exilés par centaines de milliers, un pouvoir à l'épreuve de la légitimité. Malheureusement, les dernières alertes en provenance de chancelleries parmi les plus amies, laissent à penser que les situations politique et sécuritaire sont précaires.

Ce n'est pas en nous exerçant, pouvoir et opposition, à nous faire mutuellement peur, sur des bases subjectives que nous lèverons cette précarité. Mais plutôt, en nous mettant, chacun, face à ses responsabilités.

Ce n'est pas non plus en rusant avec les réalités que nous avancerons. Ainsi, Sa Sainteté le Pape Benoît xvi, nous invitait en novembre dernier à "ne pas avoir peur de la vérité sur les crimes". Il a aussi placé sa visite pastorale de Novembre dernier au Bénin, visite rendue à toute l'Afrique, sous le signe d'un message global à l'Afrique fondé sur la "Justice, la Réconciliation et la Paix". L'Eglise qui a été officiellement mise en mission à l'occasion de cette visite, et plus particulièrement le Clergé Catholique Ivoirien, devra jouer sa partition, sans peur de la vérité. Cette mission devra être élargie à tous les hommes de Dieu de notre pays. Aucune initiative ne sera de trop. Du moins, telles sont les prières l'AIRD.

L'Alliance Ivoirienne pour la République et la Démocratie (AIRD), membre fondateur du Congrès National de la Résistance pour la Démocratie (CNRD) est fondée à penser que seul un dialogue républicain, dans l'humilité et la responsabilité, sera de nature à lever l'hypothèque qui pèse sur la nation menacée et ébranlée dans ses fondements. Entre la politique de l'autruche destinée à des partisans jouissifs d'une victoire qu'ils voudraient avant tout ethnique et le recadrage d'un pouvoir au service de tous les Ivoiriens, il n'y a pas d'autre choix. Il en est de même d'une Opposition qui, au nom de l'intérêt supérieur de la Nation devra dépasser ses meurtrissures désormais connues du monde entier et rassurer sur la stabilité politique, à condition qu'on lui en donne l'opportunité, sincèrement et dans la dignité.

La création d'une armée véritablement républicaine est du domaine du possible si nous savons nous détourner d'une gestion tribale du pouvoir d'état. C'est même une exigence de bonne gouvernance, de réconciliation et d'unité nationales. L'armée qui est l'émanation du peuple ne saurait reposer sur une ou deux ethnies. Or, le reflexe de la protection tribale dénote d'un risque d'instabilité et de l'absence d'institutions républicaines fortes et démocratiques, l'armée étant elle-même une de ces institutions. D'où cette sorte de quadrature du cercle.

Le message des Ivoiriens lors des récentes élections Législatives est clair et destiné à toute la classe politique. Ce message attend des actions concrètes et urgentes qui ne sauraient se limiter à la dissimulation d'un "désert électoral". A condition de se poser les bonnes questions.
En s'abstenant massivement de voter, les militants Rhdp, qui pourtant étaient les premiers concernés par ces élections, n'ont-ils pas voulu protester contre l'usage qui est fait de leur vote du 28 novembre? N'ont-ils pas voulu prendre une certaine distance par rapport à la ligne de haine en cours et prendre en même temps part au deuil de ces nombreuses familles si imbriquées? N'ont-ils pas voulu s'indigner du sort réservé à ceux de leurs frères et sœurs qui meurent en exil dans des camps de refugiés? Chacune de ces morts est un élargissement de la fracture sociale.
N'ont-ils pas ainsi donné raison à l'AIRD qui relevait le 07 Août dernier qu' "un espace géographique dans lequel des citoyens rient des malheurs d'autres citoyens, représentant la moitié des habitants de cet espace, n'est pas une Nation"?

Au niveau économique, des centaines d’entreprises ont fait faillite des suites de pillages et des effets de la crise postélectorale, auxquelles sont venus s'ajouter de nombreux petits commerces rasés par l'opération "ville propre". Il convient d'apporter des réponses adéquates à leur quête légitime de dédommagement qui ne doit pas s'arrêter à une seule catégorie d'entreprises ou de personnes. Ni les sacrifier sur l'autel d'une illumination sans impact économique. L'assistance aux populations en détresse est un impératif de solidarité nationale et de justice politique.
La fracture sociale en Côte d’Ivoire est très profonde. Elle n'est pas une vue de l'esprit. Elle est même visible sur les réseaux sociaux où, notre jeunesse dont on attend des débats et des exercices intellectuels, se livre à un véritable pugilat, tentant de justifier l'injustifiable et de défendre l'indéfendable. L'apologie de la mort et des actes criminels, la délectation devant le sang et la laideur morale semblent devenir la norme tandis qu'une partie de cette jeunesse politiquement identifiable se spécialise dans la foire aux injures et dans un fanatisme inquiétant qui rappelle malheureusement l’endoctrinement. Quel gâchis collectif et quel vilain héritage à nos jeunes générations!

Notre histoire n'est pas si belle mais il faut l'assumer. Devant l'urgence de faire la paix et de garantir la stabilité politique, à l’effet de reconstruire une Côte d’Ivoire fraternelle, il convient de prendre, sans effet d'annonce, les mesures que commandent la gravité de la situation sécuritaire et la profondeur de la fracture sociale aggravée par la poursuite des exactions dans un climat d'impunité, mettant en évidence une justice sélective.
La réconciliation ne doit donc pas être un exercice d'émotions sporadiques devant le constat de la catastrophe sociale et des horreurs pour ensuite en prendre le contrepied le lendemain. L'hypocrisie et les démarches politiciennes de notre processus de réconciliation hypothèquent les chances de réussite de la CDVR.

Malgré et sans doute à cause de ce décor, l'Alliance Ivoirienne pour la République et la Démocratie (AIRD) présente, aux Ivoiriens et à tous les peuples des pays frères d'accueil et à leurs dirigeants, ses Vœux les meilleurs pour une Bonne et Heureuse Année 2012. Puisse l'année 2012 être une année de dialogue républicain accouchant de résultats concrets restituables aux bases, de stabilité politique, de retrouvailles inter-ivoiriennes, de réconciliation sincère et de restauration de la vraie fraternité.

Que Dieu bénisse la Côte d'Ivoire.

Le ministre Eric KAHE, Président de l'AIRD.
Le 30 Décembre 2011

04.11.2011

HYMNE A LA RECONCILIATION

Dans une contribution en date du 19 Juillet 2011, mais parue dans le quotidien Fraternité Matin bien plus tard, Monsieur VINCENT TOHBI IRIE
nous sert un véritable hymne à la Réconciliation.
Nous avons beaucoup aimé et vous invitons à le méditer

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03.11.2011

Déclaration des partis membres du CNRD

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Déclaration des partis membres du CNRD

Le lundi 31 octobre 2011, une délégation des partis membres du CNRD a été reçue par M. le Ministre d’Etat, Ministre de l’Intérieur à sa demande. Cette audience qui faisait suite aux observations des partis membres du CNRD sur les réponses du Gouvernement contenues dans le document intitulé « chronogramme de mise en œuvre des suggestions du Front Populaire Ivoirien », s’est déroulée conformément au souci des deux parties (Gouvernement et partis membres du CNRD) de maintenir le dialogue républicain.

Les sujets abordés concernent notamment :

  • la libération du président Laurent Gbagbo et de tous les autres détenus,
  • le rétablissement d’un environnement sécurisé sur toute l’étendue du territoire national,
  • le retour des exilés et des déplacés, le dégel des avoirs des cadres du CNRD,
  • le re-équibrage de la composition de la CEI, la fiabilité de la liste électorale,
  • le financement des partis politiques…


Sur l’ensemble de ces points, des promesses ont été faites par le M. Ministre d’Etat, Ministre de l’Intérieur au nom du Gouvernement.

Au regard de ce qui précède, nous remercions le Chef de l’Etat et son gouvernement, en particulier le Ministre de l’Intérieur pour sa disponibilité et l’encourageons à poursuivre le dialogue républicain, facteur de rapprochement et de cohésion sociale.

Pour l’heure, nous réaffirmons notre volonté d’aller à des élections législatives ouvertes, transparentes, équitables, crédibles et sécurisées. C’est pourquoi nous sommes persuadés que les discussions en cours aboutiront à des avancées significatives pour la réconciliation et la démocratie.

Fait à Abidjan, le 02 Novembre 2011


Ont signé :
FPI : Laurent AKOUN
RPP : Bertin GANIN
UDCY : Jacques AKOSSI
URD : Djolo Philomin GUIHOUNOU
MNC : Henri NIAVA
AIRD : Mointi DJÈ BI
UNG : Martial Honoré GBAHI
Cap UDD : Gervais COULIBALY

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17.09.2011

Côte d'Ivoire - Eric Kahé et l'Aird en appellent "au nécessaire et préalable dialogue politique..."

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Déclaration de l'AIRD relative à la situation socio politique

11 Avril 2011 – 11 septembre 2011. Voilà maintenant cinq mois que des centaines de milliers d'Ivoiriens sont contraints à l'exil. Parmi ces exilés contre leur gré figurent des hommes et des femmes de tous âges et de toutes conditions sociales, de toutes origines ethniques et de toutes confessions religieuses. Pour bon nombre d'entre eux, leur seul tort est soit d'avoir cru en un idéal démocratique, soit d'avoir mis leur foi dans les Institutions dont la Côte d'Ivoire s'est librement dotée. D'autres goûtent aux rigueurs de l'exil du seul fait de leur appartenance ethnique.

Dans leur écrasante majorité, ils ont fait montre, dans les différents pays d'accueil, d'un comportement exemplaire que l'Alliance Ivoirienne pour la République et la Démocratie (AIRD), membre fondateur du CNRD, voudrait saluer. Chacun, par sa conduite, aura été un excellent ambassadeur de la Côte d'Ivoire tout en permettant aux autres peuples de mieux comprendre les crises ivoiriennes. Aussi, la direction et l'ensemble des militants de l'AIRD adressent leurs sincères remerciements et expriment leur profonde gratitude aux gouvernements et aux peuples frères des pays qui leur ont accordé l'hospitalité. Outre le Ghana, le Libéria, le Bénin, le Togo, le Cameroun, le Mali, c'est à l'ensemble des pays africains, y compris ceux du Maghreb et de l'Afrique Australe que s'adressent nos remerciements et la profonde gratitude du peuple ivoirien. Nous associons à ces remerciements nos frères et sœurs de la diaspora pour leurs soutiens multiformes.

A nos frères et sœurs qui souffrent de situations inattendues et brutales, nous voudrions dire notre solidarité, la même que nous éprouvons pour ceux des Ivoiriens restés aux pays et victimes d'exactions. Après les pillages de leurs biens tandis que leurs maisons sont encore occupées par des non ayant-droits, des Ivoiriens sont confrontés aux pires difficultés, dont certains suite à l'opération "pays propre". L'AIRD s'interroge sur la bonne gouvernance d'une telle opération de déguerpissement sans support pédagogique. En effet, des bulldozers et des moyens qui auraient, par exemple, pu être mobilisés à l'aménagement de plates formes agricoles ou de petites unités de production sont employés à démolir des entreprises et à jeter à la rue de nombreuses familles. Or, la conception de tels produits et leur mise à la disposition des jeunes et des femmes vulnérables en quête d'emplois et d'activités génératrices de revenus (AGR) aurait été d'un appui à la réduction de la pauvreté, un des engagements du gouvernement contenu dans le DSRP (Document de Stratégie de Réduction de la Pauvreté) apportant par la même occasion une réponse au crucial problème de l'exode rural. Vu que les maquis et autres établissements installés aux abords des rues de nos grandes villes ne sont qu'une partie visible des effets de l'exode rural, c'est en éliminant les causes de l'exode rural que les abords des rues auraient pu être conséquemment nettoyés de toutes ces baraques, sans user de la force et sans exposer inutilement d'autres ivoiriens à la précarité. C'est pour cela que l'AIRD est solidaire des souffrances des nombreux Ivoiriens et Ivoiriennes victimes de cette opération qui aurait pu s'appuyer sur un autre agencement.

Par ailleurs, un mois après l'appel du président Alassane Dramane Ouattara au retour des exilés, l'AIRD fait le constat qu'aucune mesure concrète n'est venue accompagner cet appel. Il apparaît même qu'un sentiment de rejet réciproque se développe entre les Ivoiriens, et la direction de l'AIRD ne manque pas de marquer sa surprise devant un tel désastre pour un peuple qui a, pendant longtemps, affiché au monde entier, sa fraternité, désormais illusoire. Les propos et discours de certains leaders politiques proches du pouvoir sont toujours trahis par un esprit de haine et de caporalisation de l'opposition, esprit abusivement qualifié de vengeance, tant il est vrai que les raisons d'une telle vengeance ne sont objectivement pas fondées. Les institutions chargées de certaines enquêtes et de pans entiers de la réconciliation apparaissent plombées à la fois par leurs attributions, leur positionnement juridique et leur composition qui appellent bien des réserves. Des circonscriptions administratives entières, des quartiers et des villages continuent d'être sous le joug de supplétifs illégalement et lourdement armés.

C'est dans un tel climat que s'annoncent des élections législatives prévues avant la fin de l'année. Notant que l'élection présidentielle qui devait nous apporter la paix et la réconciliation nous a servi le tableau le plus sombre de l'histoire de la Côte d'Ivoire, l'AIRD en appelle, dans l'urgence, au nécessaire et préalable dialogue politique, seul gage d'élections justes et démocratiques et de réconciliation vraie en vue d'une paix durable pour un développement harmonieux de la Côte d'Ivoire et de toute la sous-région. Un tel dialogue qui ne pourra avoir de sens sans la libération des personnalités détenues devra déboucher sur les conditions consensuelles de l'exercice de la démocratie dans notre pays, sans diktat ni mépris, en abordant de façon responsable les questions de la sécurité, de la transparence, de la liberté, du retour des exilés et de l'Etat de droit, de l'indépendance de la Commission Electorale Indépendante (CEI), de la stabilité politique, etc.

Enfin, l'AIRD lance un appel pressant à l'ensemble des Ivoiriens et des acteurs politiques afin que pour une fois, et en raison de la gravité de la situation que vit notre pays et que ne saurait durablement cacher la force d'une communication politique, l'intérêt de la Côte d'Ivoire puisse primer dans toutes les initiatives, actions et réflexions qui seront les leurs, car il est illusoire de prétendre aimer son pays en riant des malheurs de la moitié de sa population ou en surfant sur des clichés régionalistes. La Côte d'Ivoire et ses élites n'ont pas d'autre choix que celui du courage politique.

Fait le 12 Septembre 2011.
Pour l'AIRD, le Ministre Eric KAHE, Président

13.09.2011

Citation du jour

‟ L'ami vrai, ce n'est pas celui qui sait se pencher avec pitié sur notre souffrance; c'est celui qui sait regarder sans envie notre bonheur”

01:39 Publié dans Citation du Jour | Lien permanent | Commentaires (0) | Envoyer cette note | |  Facebook | |  Imprimer | |